Chapitre 28

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Point de vue Pablo

Chaque mouvement est une torture.
Mes muscles me crient d'arrêter, mais je m'en fous. J'ai passé trop de temps allongé à respirer comme un cadavre sous assistance.

Maintenant je me lève.
Je serre les dents. Je m'appuie contre le mur. La douleur est là, oui. Mais elle me rappelle que je suis encore debout. Et tant que je suis debout, je peux tuer.

Je sors de la chambre. Le couloir est vide. Les murs sentent la poussière et la sueur. Dans le salon, j'entends des voix étouffées. Je m'avance, lentement, traînant une jambe.
Quand j'entre, un silence brutal s'installe.

Diego se retourne. Il blêmit.
— Putain...

Stan se lève d'un bond. Paul reste figé, les yeux écarquillés.
— Pablo... t'es censé rester allongé.

Je les regarde tous. Comme si j'évaluais qui pourrait me trahir le premier.
— Et vous, vous êtes censés avoir trouvé un nom. Une piste. Une cible.

Je m'assieds. La douleur me broie les reins, mais je serre les poings pour ne pas trembler. Je suis vivant. Et j'ai pas le temps pour le repos.
— On a peut-être un début, dit Stan, en me tendant une enveloppe.

Je la saisis. À l'intérieur, une série de documents en italien, chiffonnés, annotés à la main.
— Ces papiers étaient cachés derrière un miroir dans le bureau de Fusso. Et ce symbole... le serpent autour de l'épée... on l'a retrouvé gravé dans l'arrière du cadre.

Je fixe le logo.
Froid. Précis. Tordu.
— On sait comment ça s'appelle ?

— Rien d'officiel. Mais Stan a eu un contact à Rome. Un ancien flic véreux. Il a prononcé un nom avant de raccrocher : "La Fossa".

Je relève les yeux.
— La fosse ?

Diego hoche la tête.
— Une secte criminelle, pas seulement mafieuse. Des types prêts à tout pour le pouvoir. Fusso était un des bras. Mais il restait la tête.

Je me redresse.
— Alors on la coupe.

Point de vue Valeria

Je les entends depuis l'étage. Pablo est réveillé, et tout le monde le suit comme si c'était le messie revenu de l'enfer.
Moi, on m'évite.

Je suis celle qui a pleuré. Celle qui a supplié. Celle qu'on croit fragile.
Mais ils ont tort.

Je descends lentement. J'entre dans le salon.
Et je le vois. Debout. Appuyé contre le mur. Le regard noir. Le menton relevé. Il respire la haine. Et putain... il est encore plus beau qu'avant.
Il me regarde à peine.

Comme si j'étais du décor.

— Valeria, dit Paul, viens voir.
Je m'approche. Il y a des documents étalés partout. Des cartes, des noms. Un réseau qui commence à se dessiner.

Mais Pablo me coupe.
— Toi, tu touches à rien.

Je le fixe, le cœur au bord des lèvres.
— Pardon ?

— Tu restes à l'écart. C'est pas ton monde.

— Et c'est le tien, peut-être ? T'as failli crever pour ce monde, Pablo !

Il se rapproche. Il me domine. Il murmure.
— T'as pas compris... j'ai pas failli crever pour ce monde. J'ai failli crever à cause de toi.

Le silence tombe. Personne ne bouge.
Je claque la main sur la table.
— Tu crois que tu peux me piétiner parce que t'es blessé ? T'es qu'un lâche. Un gamin cassé qui préfère blesser avant d'être blessé !

Il me fixe. Son regard vacille une seconde. Puis il se détourne.
— T'es pas prête pour ce qu'on va affronter.

— Peut-être. Mais j'serai là quand même.
Je sors. Le cœur ravagé. Mais le dos droit.

Point de vue Stan

Je les observe.
Ils se déchirent comme deux lames rouillées. Mais ce qu'ils pigent pas, c'est que cette tension-là... c'est pas de la haine. C'est du besoin. Sale. Sincère.
Mais l'heure est pas aux sentiments.

Je pose une carte au centre de la table.
— Le contact à Rome a laissé une adresse avant de raccrocher. C'est un ancien repaire de Fusso. Mais selon les infos, un certain Domenico Russo y a été vu récemment. Un nom jamais apparu avant.
Paul lève un sourcil.

— C'est peut-être notre premier pion.
Diego opine.

— On y va à deux. Moi et Stan. Repérage discret. S'il est là, on le chope.

— Et s'il est pas seul ? demande Pablo.
Il se redresse lentement, et une ombre passe dans ses yeux.

— Alors on improvise.

Point de vue Valeria

Je les regarde partir.
Et dans ma poche, je serre un petit papier froissé. L'adresse. Je l'ai volée quand personne ne regardait.

Tu veux me tenir à l'écart, Pablo ?
Tu veux me laisser en dehors de ta guerre ?
Trop tard.
Maintenant... je veux du sang moi aussi.

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Bonsoir les amis 💞, j'espère que vous allez bien , voici un nouveau chapitre j'espère qu il vous plaira j'essaierai de poster chaque jours !! Passez un bon week end !!💞

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