Chapitre 29

276 7 7
                                        

Point de vue Valeria

Ils sont partis à l'aube.
Pas un mot. Pas un regard.
Diego, Stan, Pablo.
Le trio de la mort.

Je les ai regardés monter dans la bagnole noire, Pablo en dernier, le dos encore voûté par la douleur, mais le regard déjà ailleurs. Fermé. Froid.
J'ai serré les dents. J'ai gardé mon calme. J'ai attendu que le moteur disparaisse dans le lointain. Puis j'ai refermé la porte.

Mais j'étais déjà en train de préparer mon sac.
Pas question que je reste ici, à jouer les petites poupées de porcelaine.

J'ai volé l'adresse, j'ai noté les numéros de plaques. Et surtout, j'ai pris le flingue que Paul cache sous son lit  celui qu'il croit planqué sous une pile de t-shirts trop pliés pour être honnêtes.

Lu a tenté de m'arrêter.
— Tu fais une connerie, Val.

— Je fais ce que j'aurais dû faire depuis le début.

— Et s'il te rejette encore ?

Je la regarde, droit dans les yeux.
— Alors je saurai que je peux le haïr pour de bon.

Point de vue Pablo

Je sens l'Italie sous mes pieds.
L'odeur de Rome, même dans ses coins les plus crades, a quelque chose d'ancien. D'infecté par le pouvoir.

On s'est garés à deux rues de la ruelle que Stan a trouvée. Le bâtiment est discret. Une façade terne, presque abandonnée, sauf pour la caméra de sécurité planquée derrière un faux tuyau de gouttière.

On observe en silence.

Diego me tend les jumelles.
— Russo entre ici tous les soirs, à la même heure. Toujours seul.

Je hoche la tête. Ma main tremble encore, parfois. Mais j'ai appris à ignorer ça.
La douleur, c'est rien. Ce qui me brûle, c'est le vide.
Je repense à Valeria.
À ses yeux pleins d'eau. À sa voix brisée.
Je me déteste.

Mais j'peux pas faire autrement. Pas tant que j'suis pas prêt à crever pour elle. Et j'en suis pas encore là.

Pas après ce que j'ai vu dans les papiers de Fusso.
Pas avec La Fossa qui nous observe déjà dans l'ombre.
— Ce soir, on entre, dit Stan.

Je le regarde. Il me connaît assez pour voir que quelque chose cloche.
— Tu pensais à elle, hein ?

Je dis rien. J'allume une clope.
Mais au fond, j'ai une sensation. Une intuition que je peux pas ignorer.
Valeria... elle est pas restée là-bas.

Point de vue Valeria

Le train pour Rome était bondé. J'ai gardé la tête baissée, la capuche relevée, l'arme cachée sous ma veste trop large.

À chaque arrêt, j'avais envie de descendre. De faire demi-tour.
Mais une image me retenait : Pablo, debout, entouré de sang, et me regardant comme si j'étais une étrangère.

Je peux pas le laisser mener cette guerre seul.
Je connais sa tête. Il croit qu'il est invincible. Mais je l'ai vu saigner. Je l'ai vu tomber.
Et j'suis pas prête à le voir mourir une deuxième fois.

J'arrive à Rome. Je repère la voiture. Je la suis à distance. Je marche comme une ombre. Ils ne me verront pas.

Je reste cachée, à trois rues du bâtiment. Je monte dans un immeuble d'en face. Une vieille dame m'a laissée passer sans poser de questions.

Et de là, j'observe.
Je les vois.
Diego. Stan. Et Pablo.
Ils attendent.
Et moi, je suis là, invisible. Mais prête à brûler.

Point de vue Diego

La nuit tombe. On se déplace. Lentement. Sans bruit.
Pablo est devant. Il marche un peu trop vite pour quelqu'un qui a failli crever. Mais je dis rien.
On a tous nos blessures.

Stan déverrouille la porte. Un vieux code mécanique. Pas compliqué pour quelqu'un comme lui.

On entre.
Silence.
Odeur de renfermé. D'encre. De papier. De sang séché.

Un bureau. Une bibliothèque. Des murs couverts de cartes, de dossiers, de noms. Des fils rouges qui relient des photos.

Je m'approche.
— Putain...

Pablo fixe un mur en particulier.
Une photo de lui. Une photo de moi. Une photo de Stan.
Et au milieu... une photo de Valeria.
Pablo s'avance. Il arrache la photo.
— Ils la ciblent.
C'était une photo de Valeria sur le coté on ne voyais pas tout son visage .

Je serre les poings.
Stan sort un dossier.
— Regarde ça...
À l'intérieur, une liste de transactions. Des dates. Des codes.

— C'est un réseau de comptes cachés. Des fonds pour des assassinats. Et là... le dernier paiement : « Opération Lilith ».

Pablo tressaille. Il fixe le mot. Il le répète à voix basse.
— Lilith...

Je murmure.
— C'est le nom de code qu'ils ont pour Valeria.

Point de vue Valeria

Je suis sur le toit du bâtiment en face. J'ai tout vu. J'ai vu Pablo devenir blanc. J'ai vu Diego se tendre.
Et ce mot, ce nom, Lilith, je l'ai lu sur le mur à travers mes jumelles et je me suis reconnu sur une des photos qu'ils avaient dans les mains.
Ils ont mis un nom sur moi. Un projet. Une cible.

Alors là, c'est fini.

Je vais les tuer.

Tous.

——————————————————————————
Coucou les amis j'espère que votre week-end c'est bien passée💞 . Voici un nouveau chapitre j'espère qu'il vous plaira !!💞

VALERIAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant