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Pour toutes les âmes sensibles je vous conseille de passer ce chapitre! Désormais vous êtes prévenus... ____________________
20h25-voiture de Nolan
Je ferme la portière doucement, comme si j'espérais que le bruit ne l'énerve pas plus. Il monte côté conducteur, allume le moteur sans un mot. Le silence est pire que ses cris. Parce que dans ce silence-là, je sais qu'il cogite. Et que c'est quand il cogite qu'il devient le plus imprévisible.
Il conduit vite. Trop vite. Les lumières de la route défilent et j'ose pas parler. Je le regarde du coin de l'œil. Sa mâchoire est serrée. Il a pas remis sa main sur ma cuisse cette fois. Il a les deux poings crispés sur le volant.
Je tente quand même.
LINA — Nolan... j'te jure que j'ai rien fait.
Il rit. Un rire sec, tranchant.
NOLAN —Tu te rends même pas compte. Tu captes pas à quel point t'es naïve. Il te regarde, tu réponds. Tu souris. Tu crois que j'vois pas ? Tu crois que j'suis con ?
LINA —J'ai pas souri...
NOLAN —T'as osé discuter. T'as osé t'arrêter. Et tu crois que ça va passer comme ça ? Tu crois que j'vais rentrer chez moi et oublier ?
Il freine brusquement sur une petite route, au bord d'un champ. Il coupe le moteur. Il se tourne vers moi. Et là, dans ses yeux, y'a plus rien. Ni tendresse. Ni colère. Juste... du vide.
NOLAN —Tu m'aimes, Lina ?
Je hoche la tête. Rapidement.
LINA —Oui... bien sûr que oui.
NOLAN —Alors prouve-le.
Je sens mon estomac se retourner. Parce que je sais ce que ça veut dire. Parce que c'est pas la première fois qu'il dit ça. Parce que je l'ai déjà prouvé. Plein de fois. Et pourtant il continue de douter.
LINA —Je veux rentrer...
Il souffle du nez, s'approche, attrape mon menton.
NOLAN —Tu veux rentrer ? Après avoir fait la pute devant un inconnu ? Tu veux rentrer comme si de rien n'était ? Tu crois que t'as le droit de décider, maintenant ?
Je retiens mes larmes. Il me regarde comme s'il me détestait. Comme si j'étais une trahison vivante.
NOLAN —T'as merdé. Alors tu répares.
Et là, je sais. Je sais qu'il va pas écouter si je dis non. Je sais que même si je pleure, même si je supplie, ça changera rien. Et j'ai pas la force de crier. J'ai même pas la force de me débattre.
Alors je me fige.
Et je me déconnecte.
Il ouvre sa portière, contourne la voiture. Je reste immobile. Mon cœur cogne contre ma cage thoracique comme s'il voulait s'échapper, lui aussi. Je fixe droit devant, les phares éteints, la nuit noire autour de nous. On entend juste le vent. Et mon souffle court.