chapitre 11 - Les secrets qui observent.

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                                🥀 Isis 🥀

L’aube se levait à peine, une lueur grise et fragile glissant à travers les vitres de ma chambre. La lumière semblait hésiter à entrer, comme si elle redoutait ce qui se tramait dans l’ombre. Je me levai doucement, encore enveloppée dans mes couvertures, le corps engourdi par le sommeil interrompu des nuits précédentes. L’air était frais, et chaque respiration me rappelait que la maison, bien que silencieuse, n’était jamais vraiment calme. Il y avait toujours ce poids dans l’atmosphère, ce frisson latent qui me faisait me tenir sur mes gardes.

En passant devant mon lit, quelque chose attira mon attention. Une enveloppe blanche, parfaitement intacte, reposait au centre. Mon cœur s’accéléra immédiatement. Elle n’était pas là hier soir, j’en étais sûre. Et personne ne m’avait prévenue de sa présence. Je m’accroupis lentement, mes mains tremblantes d’excitation et de peur, et la pris avec précaution. L’enveloppe était épaisse, légèrement rugueuse, de celles qui contiennent quelque chose d’important ou de dangereux. Aucune adresse, aucun nom. Juste un objet immaculé, posé là, comme un avertissement silencieux.

Mon instinct me cria de fuir, de laisser cette enveloppe où elle était. Mais la curiosité l’emporta. J’inspirai profondément et la décachetai. À l’intérieur, il y avait plusieurs photographies et une lettre soigneusement pliée. La lettre avait ce parfum subtil, à peine perceptible, qui évoquait le papier ancien, celui qui sent la poussière et le mystère. Je la pris dans mes mains avec précaution, comme si elle pouvait se briser.

Les photographies tombèrent sur mes genoux. Certaines étaient floues, d’autres plus nettes. Elles semblaient avoir été prises à mon insu, toujours de loin. Sur certaines, je me reconnaissais à peine : moi, dans le jardin de la maison, la lumière de l’aube jouant avec les gouttes de pluie sur mes cheveux. D’autres montraient des rues que je connaissais, des lieux que Tyler m’avait fait découvrir lors de nos missions. Chaque cliché me glaçait un peu plus le sang : quelqu’un m’avait observée. Depuis combien de temps ? Et pourquoi ?

Je pris la lettre. L’écriture était fine, presque élégante, chaque mot pesait comme un avertissement. Je m’installai sur le bord du lit, le cœur battant, et lus lentement :

« Isis, tu crois connaître le monde dans lequel tu évolues, mais tu ignores encore beaucoup. Chaque pas que tu fais, chaque visage que tu croises, chaque décision que tu prends… tout est observé. Ce que tu considères comme hasard est soigneusement orchestré. Tu as un rôle à jouer, que tu le veuilles ou non. Bientôt, tu devras choisir, et ce choix déterminera ce que tu deviendras. Sois prête. »

Mes mains tremblaient légèrement. Chaque mot semblait résonner à l’intérieur de moi, amplifiant ma peur et ma confusion. Je connaissais les dangers du monde extérieur, ceux qu’Elliot et Tyler m’avaient déjà fait entrevoir, mais là… il s’agissait d’une menace plus subtile, plus directe, qui me touchait personnellement. Mon instinct me disait que cette enveloppe n’était pas un hasard. Tout cela était calculé.

Je me penchai sur les photographies. Sur l’une d’elles, je voyais un angle de la maison, un fragment de ma fenêtre. Les branches d’un arbre obscurcissaient partiellement la vue, mais l’attention au détail était nette. Sur une autre, je remarquai des silhouettes floues, mais distinctes, qui semblaient me suivre à distance. Était-ce juste un hasard que ces photos soient maintenant devant moi ? Non. Tout cela semblait orchestré avec soin, comme une mise en scène conçue pour que je me sente observée.

Je repliai lentement les photos et pris la lettre à nouveau. Ma respiration s’accéléra lorsque je lus les dernières lignes, où tout était résumé de manière presque morbide :

Isadora ( En suspens )Des histoires addictives. Découvrez maintenant