STELLA.
Je dévale les escaliers. Tout se brouille autour de moi, mais jamais assez pour effacer l'îlot de la cuisine, jamais assez pour étouffer ma peine, ma rage, mon dégoût. Je me précipite vers les placards, j'attrape tout ce qui me tombe sous la main. Je traverse la cuisine, j'ouvre le frigo, je saisis des bières. À quoi bon protéger un corps déjà sali ?
Je n'ai plus besoin d'être parfaite. Même la perfection n'empêche pas les mains imparfaites, celles qui ne connaissent même pas le sens du consentement.
Alors... à quoi ça sert ?
Je quitte la maison aussi vite que possible et je me rue dans ma voiture, comme si la distance pouvait suffire à me sauver, moi et le démon qui me serre la gorge les démons qui m'ont touchés. Ce démon qui murmure qu'il faut encore manger, encore, toujours, pour étouffer ma détresse sous des plaisirs de pacotille.
Je referme la portière. Je m'effondre sur le siège et je me jette sur tout ce que j'ai rassemblé. Plus les souvenirs montent, plus j'avale, encore et encore, pour lutter, pour survivre.
« Décoince-toi, Stella. Arrête de bouger. »
Une bouchée de plus.
L'écho de mes cris étouffés par la douleur.
Les souvenirs enfouis de moi enfant...
« On va jouer au jeu des grands. »
Pas ça. Je ne veux pas penser à ça.
Alors je mange encore. Toujours plus. Je cherche à effacer avec du sucré ce qui m'a blessée avec de l'acide. Je mange pour me réconforter, parce que je sais que rien d'autre ne le pourrait. Je mange jusqu'à avoir la nausée, incapable de m'arrêter, incapable de repousser ces fantômes qui m'assaillent.
J'attrape une bière. J'essaie de l'ouvrir avec mes doigts, puis avec mes dents, mais rien ne cède. La rage me submerge. Alors je frappe la bouteille contre le volant, de toutes mes forces, comme si la casser allait libérer quelque chose en moi.
— Ouvre-toi... OUVRE-TOI ! je hurle, alors que ma rage atteint son sommet et que mes larmes me brûlent le visage.
La bouteille éclate. Le liquide coule le long de mes cuisses. Des éclats de verre scintillent sur ma peau.
Je laisse tomber ce qu'il en reste. Le fragment roule, percute mes orteils déjà meurtris par des années de danse classique. Un cri déchire ma gorge — un cri pour cette douleur que je viens de m'infliger, et pour toutes celles qu'ils ont laissées en moi.
Mes poings s'abattent contre le volant.
— QUE LEURS MAINS SORTENT DE MA TÊTE... QUE LEURS MAINS SORTENT DE MA TÊTE... QUE LEURS MAINS SORTENT DE MA TÊTE...
Mon corps tremblent, la douleur m'envahit tant j'abat mes poings avec violence mais je ne ressens rien, enfin si, je ressens leur main, je ressens leur intrusion sur ma peau, je ressens cette saleté collé sur moi.
J'ai envie de vomir, vomir ce que j'ai mangé tant je viens d'avaler tous et n'importe quoi en si peu de temps, mais j'ai surtout envie de vomir à cause d'eux, parce que lorsqu'il s'enfonçait en moi, je me suis remémoré de celui qui a tenté de le faire alors que je n'avais que 6 ans.
Alors je tape contre ce volant, comme si c'était leur tête que j'avais en face moi, que je l'ai détruisait avec mes poings alors que je ne fais que saigner plus que ce qu'ils ont déjà fait coulé.
Mon front tape le volant, je laisse mes poings retomber, et je pleure, je pleure à n'en plus pouvoir, parce que je n'ai pas réussis à me protéger...
Je n'ai pas réussis...
***
CLOUD
Sasha me serre dans ses bras. Les miens restent de marbre.
L'aveu de Stella résonne encore dans ma tête, prêt à exploser.
Elle...
Elle...
— Je dois t'avouer une chose... souffle-t-elle, toujours enlacée à moi.
Elle marque une pause.
Triste à dire, mais à cet instant précis, j'en avais strictement rien à foutre.
Mon regard reste vissé sur un point au loin. Mon corps est tétanisé.
Elle a besoin de moi.
Stella a besoin de moi.
Elle avait besoin de moi tout à l'heure. Elle m'avait supplié de ne pas ouvrir la porte.
J'ai tout foiré.
J'ai tout foiré.
— Quand je suis allée à Londres, le commissariat m'a convoquée. Ils ont rouvert l'enquête contre mon violeur.
Quoi ?
Elle se détache de moi et vient s'asseoir à côté.
— Ils... ils ont découvert que je n'étais pas l'unique victime après avoir trouvé de nouveaux éléments de preuve.
Sa voix tremble. Elle se met à bégayer.
D'un coup, toute mon attention se rive sur elle. Elle pose sa main contre la mienne, comme pour y puiser la force de continuer.
Je reste muet, ne sachant pas quoi dire, par peur d'envenimer la situation. Et mon corps est incapable de formuler un mot.
— Ils ont découvert qu'il filmait ses victimes. Dont moi. Quand ils me l'ont montré... ils ont dit qu'il y avait deux vidéos où j'apparaissais...
Je fronce davantage les sourcils.
— Sauf que... sur la seconde cassette... ce n'était pas moi.
Tout se brouille.
Son aveu me fait chuter de dix étages.
— C'était Stella.
***
Wow...
Il m'a fallut énormément de temps pour réussir à écrire ce chapitre pourtant si court... ❤️🩹
Oups...déjà désolée pour cette absence 😖. J'ai deux justifications, la première, ce chapitre était vraiment compliqué...et la seconde, mon premier roman est sous contrat d'édition, j'était sous travail édito ! C'était plutôt compliqué pour moi de tout combiner...
Mais maintenant que j'ai finis le travail éditorial, on peut se dire à vendredi et ce toutes les semaines hihiii !
Bien évidemment j'attends vos avis sur ce chapitre... 🤧
Je vous loveeee
Insta et tik tok : ness_moress
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Stars
Roman d'amourEt si on racontait l'histoire de la méchante cette fois ? Stella Kelly n'est autre que cette figure parfaite que le monde admire et jalouse. Toute sa vie, elle a œuvré pour sculpter son image : des notes impeccables, un corps irréprochable, une répu...
