CLOUD
Sale
Sale
Sale
Je fixe ce mot, tracé en gros sur le miroir. Il me frappe de plein fouet, comme s'il était la réponse à tous mes questionnements, une pièce manquante du grand puzzle.
Je détourne difficilement les yeux, me sentant observé par elle. Mes iris plongent dans les siens : une détresse monstrueuse y brûle, peinte en sang sur ses jointures.
Elle saigne.
Putain.
Je me précipite et m'agenouille près d'elle. Tout se brouille dans mon esprit — questions, craintes, appréhensions se mélangent en un chaos étouffant.
— Non, non, non... j'ai pas besoin d'aide, enchaîne-t-elle d'une voix hachée, avant de se relever à la hâte.
Comme un refrain sans fin, son rejet vient toujours s'imposer, inévitablement. Même sous les larmes, même après ses concessions arrachées, elle refuse obstinément cette main tendue.
Un pas en avant, dix en arrière.
— Laisse-moi juste t'aider à soigner tes mains, Stella, dis-je alors qu'elle me tourne le dos.
— Non, t'en fais pas, murmure-t-elle d'une voix basse en quittant la salle de bain, sans m'accorder une seule œillade.
Je la regarde s'éloigner. Qu'est-ce qui la bloque ?
Qu'est-ce qui la tue autant, de l'intérieur ?
Mon regard revient sur ce mot peint sur la glace. Je le contemple. Pour moi, il n'a aucun sens. Mais pour elle... à quel point en a-t-il, si elle a ressenti ce besoin de l'écrire face à son propre reflet ?
La question rôde dans ma tête : est-ce ce Marcus ?
La rage monte en moi. Tout s'aligne, et le seul coupable de son état qui ne cesse de se détériorer porte son nom. Je prends une profonde inspiration, saisis un bout de papier que j'imbibe d'eau et efface le miroir. Rapidement, j'attrape la trousse de secours rangée dans un tiroir et quitte la pièce à mon tour.
Je m'immobilise dans le couloir, la peur de son rejet me paralyse.
Mais je veux l'aider.
Je veux comprendre.
Pourquoi elle pleure, s'effondre, puis continue de prétendre qu'elle va bien.
Pourquoi elle m'avoue avoir besoin d'aide, mais la refuse une fois qu'elle se retrouve face à une main tendue.
Je ferme les paupières, inspire profondément, puis reprends ma marche. Elle est affalée sur son lit, recroquevillée, immobile. L'image me ronge le cœur. Surtout lorsque, en arrière-plan de ma mémoire, je revois la Stella enfant...
Je m'approche d'elle et m'assois sans un bruit sur le rebord du lit. Je n'ose pas la toucher : je sais qu'elle déteste ça.
Alors je murmure son prénom.
— Stella... je veux juste désinfecter, pour que ça ne s'infecte pas.
Aucune réponse. Peut-être qu'il faut le dire autrement pour qu'elle accepte.
— Considère pas ça comme de l'aide.
Je marque une pause.
— Considère ça comme la monnaie de ta pièce. Tu m'avais soigné, une fois.
De longues secondes s'écoulent. J'étais prêt à abandonner, à me lever et quitter la chambre. Mais, contre toute attente, elle finit par se tourner vers moi. Pourtant, elle ne me regarde pas. Elle me tend simplement ses mains, dont les jointures sont égratignées, tout en détournant les yeux et la tête.
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Stars
RomanceEt si on racontait l'histoire de la méchante cette fois ? Stella Kelly n'est autre que cette figure parfaite que le monde admire et jalouse. Toute sa vie, elle a œuvré pour sculpter son image : des notes impeccables, un corps irréprochable, une répu...
