Un coup de feu retentit et bourdonne dans mes oreilles. L'imbécile a manqué sa cible. J'en profite pour accélérer le pas et bondir à l'intérieur de la maison par une ouverture béante dans la façade avant.
Chancelantes, mes jambes me lâchent et je me retrouve à quatre pattes sur un parquet noirci. Ce n'est pas le moment pour envisager un repos, il faut que j'avance, je suis encore à découvert. Je repère rapidement un cagibis, seule partie intacte de l'habitation. Je récupère une clé accrochée à un clou près de la porte et m'y réfugie en un instant.
Je suis seule dans une pièce sombre, enfermée à doubles tours. Je ne parviens pas à apercevoir ce qui m'entoure, impossible de définir la largeur de la salle, pas même la hauteur du plafond.
L'angoisse me ronge l'estomac et me dévore les entrailles. Je me sens plus claustrophobe que jamais entre ces quatre murs qu'il m'est impossible de voir. Je ne peux pourtant pas en sortir.
Dehors, le monde commence à s'agiter. J'entends un premier gyrophare à quelques rues, puis un second. Les renforts sont au rendez-vous. D'ici quelques minutes, ils auront enfoncé la porte et m'auront descendu. J'imagine qu'une petite foule de passants s'est formée non loin de mon refuge, se questionnant sur la raison d'une intervention policière en ce soir de fête.
Une échappatoire ? Je ne la mérite pas. Je mourrai ce soir, en ce lieu. Exception faite que je déciderai de moi même de la manière dont ce rite sera exécuté.
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Pyromancer
Short StoryRédaction d'une courte nouvelle perdue à mi-chemin entre "La Petite Fille aux allumettes" d'Andersen et "Le Dernier Jour d'un condamné" d'Hugo. Je vous invite à vous plonger en un lieu scandinave pour vivre les dernières heures d'une demoiselle. En...
