Cloud
Elle continue d'accélérer. Ses jointures sont si serrées qu'elles rougissent autour du volant, et pourtant, j'arrive à voir combien elles tremblent.
Pris de panique, je me penche pour attraper le volant, la force à me laisser reprendre le contrôle du véhicule, m'arrêter sur la bande d'arrêt d'urgence et couper le moteur.
— POURQUOI TU FAIS ÇA ?
Elle se tourne vers moi, et je crois bien que ses yeux n'ont jamais été aussi rouges qu'aujourd'hui.
Le bleu polaire de ses iris n'a plus rien d'impassible. À cet instant, leur transparence est telle que la détresse s'y dessine parfaitement.
— SORS DE CETTE VOITURE ! hurle-t-elle à mon égard.
Elle tremble de tout son corps. Son front perle de sueur, et sa rage se dessine sur chacun de ses traits. Je tente alors...
— Stella...
— SORS DE CETTE VOITURE ! SORS DE CETTE VOITURE ! SORS DE CETTE VOITURE ! SORS DE CETTE VOITURE !
Cette fois, elle ne me regarde plus dans les yeux. Elle se tourne vers le volant et ses poings s'abattent contre celui-ci, frénétiquement, violemment.
— SORS DE CETTE PUTAIN DE VOITURE ! crie-t-elle avec encore plus d'intensité.
Face à cette scène, une conclusion s'impose alors brutalement à moi.
Ses jointures constamment égratignées... Ce n'étaient pas les autres qui les avaient causées. C'était sa propre rage.
Sur le moment, je n'ose pas la toucher, ni attraper ses mains pour qu'elle arrête, de peur d'envenimer davantage la situation. Alors je laisse simplement ma voix tenter.
— Je ne sortirai pas de cette voiture, Stella... parce que je ne te laisserai pas seule. Je suis là, Stella, tu m'entends ?
Elle continue de frapper contre le volant, mais cette fois sans son mantra hurlant que je m'en aille.
— Je suis là, Stella. Pas pour être de ceux qui t'ont fait du mal. Mais pour t'aider à les combattre.
L'intensité de ses coups décroît au fil des secondes. Alors je continue. Je continue de la rassurer, de lui expliquer que, putain, jamais je ne voudrais être de ceux qui ont profité d'une quelconque proximité pour abuser d'elle.
— Je suis là pour toi, Stella, et pas contre toi. Et tes monstres... je les combattrai avec toi. Tu auras beau me repousser. Je ne t'abandonnerai pas.
Je prends une profonde inspiration.
— Toutes ces années, tu t'es laissé croire que la solitude pouvait te protéger. Mais tu n'as pas à porter tout ce poids seule. Laisse-moi te protéger, Stella.
Ses bras retombent à ma dernière phrase avant qu'elle ne fonde en sanglots, la tête contre le guidon. Des pleurs qui sont sur le point de m'en arracher également, parce qu'entendre sa voix se briser de la sorte, sans qu'aucun mot ne vienne accompagner ses sanglots, me prouve que rien ne peut exprimer sa douleur.
J'aimerais la prendre dans mes bras, et putain que je hais ces hommes qui lui ont imposé une telle empreinte sur sa définition du toucher, en laissant la violence se peindre au-dessus de la douceur.
— Je pensais qu'être parfaite me protégerait... chuchote-t-elle entre deux soubresauts.
Je pince ma lèvre, ma poitrine se serre et les regrets ne peuvent s'empêcher de venir amèrement se déposer contre ma conscience, parce que j'ai cru longtemps que sa façade de perfection rimait avec absence d'affliction.
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Stars
RomansaEt si on racontait l'histoire de la méchante cette fois ? Stella Kelly n'est autre que cette figure parfaite que le monde admire et jalouse. Toute sa vie, elle a œuvré pour sculpter son image : des notes impeccables, un corps irréprochable, une répu...
