Chapitre 6

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Azraël se réveilla lentement, émergeant d'une courte nuit. Frottant ses yeux il découvrit le corps d'une jeune femme à ses côtés. Il se maudit intérieurement en comprenant qu'il l'avait fait dormir chez lui après une rude nuit étant donné son corps dévêtu. Il préférait amplement se rendre chez la femme en question pour pouvoir quitter son appartement au cours de la nuit. La raison principale était celle de ses terreurs nocturnes qui par chance ne s'étaient pas manifestées la vieille puisque la chevelure blonde à ses côtés semblait éprise d'un doux et éternel sommeil. La seconde raison était le fait qu'il avait toujours eu du mal à les congédier de chez lui sans ménagement et à se trouver une quelconque excuse pour ne pas les revoir. C'était tout un travail que de revêtir son visage d'homme sans sentiments. Seulement là, la situation était différente. Son regard se posa sur son réveil qui affichait 10 A.M. Il était d'ores et déjà en retard pour son rendez-vous : il n'eût donc pas d'autres choix que de la secouer, ce qui lui valût un gémissement de déplaisir de la part de la jeune femme.



Putain, c'est maintenant que des couilles pareilles doivent m'arriver.


Incapable de réveiller la jeune femme, il se contenta de se lever cachant son corps nu par réflexe à l'aide d'un cardigan qu'une de ses conquêtes lui avait offert autrefois. Il écrivit un mot à l'intention de la jeune inconnue qui avait partagé son lit en espérant qu'elle s'éclipserait dans la plus grande des discrétions : il n'avait aucune envie que son père adoptif la croise. Il se prépara en vitesse avant de grimper dans la voiture de son chauffeur privé et de lui indiquer le lieu de rendez-vous. Il faisait rarement appel à ce type de trajet, mais avec l'empressement il n'avait pas vraiment réfléchi. Il arriva finalement au lieu convoité : la seconde bibliothèque municipale la plus grande de New-York.


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New York Public Library


C'était un lieu idéal pour travailler en toute sérénité sur leur dossier actuel. De plus les lieux étaient munis de salles en retraits pour les personnes impassibles au moindre bruit. C'était dans l'une d'elles qu'avaient décidés de se rejoindre les deux jeunes gens. Constatant rapidement que son camarade n'était toujours pas là, Azraël vida son sac contenant le stricte nécessaire sur la table d'un mouvement las : bloc note ainsi qu'ordinateur portable. Il avait installé ses affaires de travail méthodiquement sur la table puis jeta plusieurs coups d'œils sur l'horloge dont le "tic-tac" résonnait inlassablement dans la pièce vétuste. C'est après un certain temps que la personne qu'Azraël attendait fit son apparition, tandis qu'il commençait à croire qu'il lui avait posé un lapin.


— Plus de trente minutes de retard, ne pût-il s'empêcher de faire remarquer.


C'était assez culotté sachant que lui aussi était arrivé en retard, mais ça, Nassim ne le savait pas. En attendant, il n'aimait pas attendre, et c'était la première fois que le jeune homme était en retard ; il espérait que ça le resterait. Un brin agaçant, Azraël se leva tout de même pour le saluer d'une bise.

Seulement, Nassim contrarié par une telle réflexion alors qu'il ne connaissait pas la raison de son retard, fronça les sourcils et anticipa les geste d'Azraël par un geste de recule.


— Je suis malade, donc on va éviter, feignit-il en lui tendant finalement sa main.



La raison du retard de Nassim était on ne peut plus simple, et elle se nommait Ethan. Il s'agissait de son adorable petit frère. Très tôt, on avait découvert à Ethan une défaillance mentale. Sans cesse agité, il ne restait pas un seconde en place. Il avait besoin d'une attention constante. Pour cette raison, le jeune garçon avait été placé dans un établissement spécialisé. Il ne pouvait pas se rendre au collège comme tout le monde. Sa manière de se comporter, d'interpréter ainsi que d'agir en fonction de l'action d'un individu était celle d'un petit garçon de cinq ans.

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