Lorsque la personne raccrocha, Mei fondit littéralement en larmes. Ses pleures étaient comme infinis, mais toujours aucun bruit ne sortait de sa bouche, elle pleurait en silence à s'assécher complètement.
A mesure que les minutes passaient, elle avait cette envie de se laisser sombrer dans le ruisseau naissant de la cascade haute d'une cinquantaine de mètres. Elle s'approcha donc à quatre pattes du rebord de son rocher et testa l'eau à l'aide de sa main. Maximum 10 degrés. Elle grelotta. Mais étant donné les circonstances, elle semblait perdre le contrôle de son esprit et commença à se dévêtir jusqu'à ce qu'il ne reste que sa culotte de dentelle fine pour la couvrir. Elle s'assit d'abord en tailleur dans le ruisseau où l'eau lui arrivait jusqu'au nombril, puis elle se laissa entièrement glisser, en s'allongeant de toute sa longueur dans l'étroit ruisseau. Étrangement elle ressentit un léger courant vers le fond, elle se mit donc sur le ventre, la tête dans l'eau et aperçu une large faille qui d'après elle, permettait le passage de deux adultes de front. Elle s'approcha donc à ses risques et périls puisqu'elle fut largement entraînée vers son fond.
Soudain sa voix revînt, en même temps que sa raison qui l'avait lâchement abandonnée. Elle cria de tout son être, agitant frénétiquement les bras et les jambes pour essayer de se maintenir à la surface, en suffoquant de plus en plus, ne trouvant plus le moyen de respirer. Elle se croyait déjà morte lorsqu'une main la retint et la remonta d'une traite à la surface de cette grotte sombre et humide. Elle avait sur le visage une expression horrifiée, comme si elle venait à peine de se rendre compte de sa bêtise. L'homme qui venait de lui éviter de mourir était celui qu'elle attendait. Bastian. Elle l'attendait depuis bientôt une heure. Il la regardait les yeux écarquillés et plein de colère. Il l'assit à côté de lui et leva la main sur elle, lui faisant lâcher un hoquet de stupeur. Il ne la frappa pas et se contenta de soupirer. Il la scruta de haut en bas, elle était nue, ayant perdue ses bas dans sa chute. Il sourit comme s'il s'y attendait, habitué à la nudité de la jeune fille. Il lui fit remettre son soutien gorge, ses chaussures et lui prêta son t-shirt car le sien avait été on ne sait trop comment, emporté par les flots. Il la conduit ensuite chez lui.
Il déverrouilla la porte d'entrée de son appartement et elle entra en premier. Elle se jeta dans le grand canapé et s'endormit aussi tôt. Il alla la couvrir d'un plaid et se dirigea vers son bureau, passer un coup de fil.
- Sarah à l'appareil. J'écoute ?
- C'est Bastian. Ça fait longtemps dis moi.
Le jeune homme sourit en entendant le soupir de soulagement de son interlocutrice, pas la peine de bien plus pour que Sarah comprenne que son appel n'était pas anodin. Il avait Mei en sa possession et ça la rassurait assurément. Elle convenue de venir la récupérer le lendemain matin.
- J'aurai voulu la garder un peu pour moi, si tu vois ce que je veux dire. Je ne l'ai pas vu depuis longtemps et elle a changé la petite, dit-il toujours sur le même ton doux et serein qui lui allait si bien. Sarah n'eut d'autre choix que d'accepter et raccrocha.
Bastian avait 28 ans. Il connaissait Mei depuis qu'elle avait 12 ans et son attachement pour la gamine n'avait fait qu'amplifier au fil des années. Il n'y avait aucune complexité entre eux mais des zones d'ombres régnaient -pour l'un comme pour l'autre- sur certaines périodes de leur vie où ils ne s'étaient plus fréquentés sans qu'aucun ne cherche à avoir des explications. Ce qu'il n'avait pas voulu lui dire, elle ne se l'appropriait pas n'y attachant pas d'importance. Leurs rapports étaient effacés et saccadés mais chacune de leur retrouvaille était profonde et le bonheur toujours aussi présent. La gêne qu'elle ne ressentait pas amusait Bastian et il s'y adaptait tant bien que mal, n'affichant jamais son exaspération à la voir déambuler en petite tenue dans son appartement, sans aucun but sexuel. Car oui, ce qui les caractérisaient était l'absence d'attraction entre eux, ils étaient comme frère et sœur et leurs rares écarts avaient été vite dissipés. Bastian était le genre d'homme stable et de confiance, un peu narcissique mais sans trop en faire, il se rendait plus séduisant que véritablement nombriliste. Il était grand et brun. Ses yeux,d'un noisette si clair qu'on y apercevait parfois quelques touches d'orange, lui apportait une fraîcheur et une prestance permanente, attirant à chacun de ses passages, l'attention d'absolument toute la gente féminine. Son pouvoir de séduction était puissant et malgré le fait qu'il en soit particulièrement conscient il n'en abusait pas, nullement intéressé par ce genre de relation préférant l'amour fraternel aux relations amoureuses longues et compliquées. Ses pectoraux et ses abdominaux se dessinaient sous tous ses hauts et donnaient à sa constitution déjà imposante, un aspect encore plus dur et protecteur. Il était de nature tranquille et bonne enfant mais comme tout être humain, il lui arrivait parfois d'avoir des sauts d'humeur à peine contrôlable et dans ces moments, chacun avait intérêt à s'écraser sans broncher, le temps que la tempête passe. Il venait ensuite s'en excuser et la vie reprenait son cour.
Après l'appel de Sarah, il se retourna vers Mei et s'assit à côté d'elle, prenant sa tête sur ses genoux. Elle se réveilla et lui sourit encore un peu endormie. Ils ne bougèrent pas plus et restèrent là à se regarder. Mais une frappe à la porte coupa leur échange muet. Mei se redressa alors pour laisser passer Bastian qui se dirigea vers la porte. Il l'ouvrit.
- Bonjour ?
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2026
Подростковая литератураQuand dans une capitale se retrouvent quatre jeunes filles en passe de se confronter pour la première fois à ce que l'on appelle «la vie», le dénouement est toujours plein de péripéties joyeuses ou regrettables qui laisse dans les cœurs, la «Nostalg...
