La seule source de lumière qui entrait dans la caverne était un fin puit de lumière que le temps avait creusé directement dans la roche. Le sol rocheux était plat par endroits, signe d’une longue présence. C’étaient en générale des traces circulaires. Le vieux Sage vint justement s’assoir sur l’une d’elle, la plus centrale, pratiquement sous le puit lumineux. Il sortit de son habits gris un lourd tube d’acier et le plaça dans le halo de lumière. Le tube flotta dans la lumière, en lévitation. Il tournait légèrement, due à la faible impulsion que le Sage lui avait donnée en le plaçant. L’homme était en tailleur, face à la colonne lumineuse, la capuche sur le visage. Alors, faiblement, tandis que la grotte était silencieuse, le Sage commença à marmonner trois mots qu’il répéta en boucle. Trois mots qui semblaient sortis d’un vieux langage, tel un patois oublié.
« Korkys Zokamos Vodojik »
Les trois mots étaient répétés dans le même ordre, lentement, tel l’eau qui coule sans cesse de la cascade. Mais l’incantation ne faisait rien, la boîte de métal restait close. Tant pis, il réessaierait l’après-midi, et le lendemain, et les jours suivants. Cela faisait plusieurs années que le Sage essayait d’ouvrir cette boîte pour en libérer le secret. A vrais dire, il savait déjà ce qu’elle contenait, mais pas avec assez de précision pour s’en passer. Avant de reprendre le tube à ce puis lumineux, le Sage reformula les trois mots, une dernière fois. La boite s’ouvrit soudainement, lança une déflagration qui souffla le Sage, et se referma avec le même tintement.
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L’homme barbue, d’un brun de corbeau, avançait parmi les tunnels rocheux. D’un geste, il remit la fourrure qui commençait à tomber de ses épaules. Puis il saisit sa grosse natte pour la sortir de sous l’habit. Un grondement s’éleva plus en avant, vers sa destination. Il ralentit en vue de la grille. Dans le sas, trois personnes regardaient l’intérieur de l’habitat. Une jeune femme entourée d’un garçon de son âge, et d’un grand sec, plus vieux.
- Arkold, appela l’homme à la barbe.
L’homme en question se retourna vers l’interlocuteur en lui intimant le silence, puis vint s’approcher de la grille.
- Le petit fais son apprentissage, c’est délicat, dit Arkold à voix basse sans quitter l'énorme cage des yeux.
L’homme barbue n’aurait su dire si Arkold parlait du jeune dragon d’où émanait les râles, ou s’il parlait du jeune homme qui se tenait face à la créature.
- Que me veux-tu Galeyk ?
- Le Sage, il veut parler à Tarel, d’urgence.
- Très bien, il viendra dès que ce jeune dragon aura finis son initiation. Tu sais comme c’est dangereux de ne pas le faire correctement.
- Très bien. Envoie-le-moi dans mon bureau juste après. Je compte sur toi, le Sage tourne en rond en répétant que c’est Aujourd’hui. Je ne sais pas ce qu'il y a aujourd'hui mais ça a l'air important pour lui.
D’un signe de tête, les deux camarades se quittèrent. Arkold vient se mettre à côté de Keyla pour regarder Tarel opérer une manœuvre parfaite.
- Impressionnant, hein ? Chuchota-t-il. Ce p’tit gars est remarquable.
De l’autre côté de la deuxième grille qui formait le sas, Tarel et la bête s’échangèrent des mots secrets, premier vestige d’une alliance. Mais ce dragon n’était pas vraiment son compagnon. Il était plus comme un élève. Tarel fit un signe au Professeur Arkold sans le regarder, et ce dernier tira un levier sur sa droite. Le métal grinça, ouvrant le dessus de la cage sur un ciel brumeux. D’un second geste, Tarel permis au dragon de s’envoler.
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Tarel
FantasyEN RÉÉCRITURE Tarel est un étudiant en Dragonologie en passe de devenir un grand dragonnier. Mais un jour, il se voit envoyé dans une région où aucun homme n'est allés. Dans un monde fantastique où les petits peuples se rebellent pour prendre le c...
