chapitre 3

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Voici le chapitre 3, désole du retard.

Bonne lecture

Myyaou

Jamie était silencieux en marchant aux côtés de son père, mais un petit sourire se dessinait sur ses lèvres, et cela fit plaisir à Harold. Il lui passa machinalement la main dans les cheveux et les traits enfantins s'éclairèrent.

-Pas d'école aujourd'hui, papa?

-Ni pour toi ni pour moi, mon grand.

Père et fils échangèrent un clin d'œil complice. Harold, tout d'abord irrité de devoir prendre sa matinée, sentait maintenant une agréable sensation de bien-être l'envahir à la pensée de cette journée impromptue avec son garçon. Depuis combien de temps n'avait-il pas fait l'école buissonnière? Trop longtemps, et ses affaires n'allaient certes pas s'effondrer sous le prétexte qu'il prenait un jour de repos en pleine semaine.

Il passa un coup de fil rapide à Marge, sa secrétaire, pour l'informer de son absence et ainsi reporter ses éventuels rendez-vous de l'après-midi. En excellente collaboratrice qu'elle était, elle avait anticipé ses désirs et elle l'en avisa avec un minimum de condescendance, ce qui le fit rire. Quinze ans de partenariat, et elle le connaissait comme sa poche.

-On fait quoi, aujourd'hui, papa?

La question innocente de son fils amena Harold à consulter sa montre. Il était déjà dix heures quinze, et la circulation allait leur faire perdre pas mal de temps.

-On rentre à la maison, et on déjeunera là-bas. Et ensuite, ma foi, nous verrons. Ce sera une journée entre hommes, rien que toi et moi.

La limousine était en vue. Matthew, le chauffeur, un grand gaillard blond aux épis en bataille, en sortit pour leur ouvrir la portière arrière. Il sourit aux deux Styles.

-Alors, c'est jour de repos aujourd'hui, Jamie? Demanda-t-il en faisant le signe de la victoire à l'enfant.

Signe que ce dernier lui retourna avant de taper dans sa main levée.

-Ne l'encouragez pas, Matthew, s'il vous plait, reprocha Harold, mais le rire perçait dans sa voix.

-Pardon, Mr Styles, répondit le chauffeur, sans la moindre once de remords.

Harold secoua la tête, abandonnant la partie. Matthew Carmody, vingt-cinq ans, était le fils de son ancien chauffeur, Charles, et lorsque celui-ci avait pris sa retraite, il avait proposé à Harold de donner une chance à son garçon, qui avait suivi ses traces. Le businessman avait pratiquement vu grandir le jeune homme, tant il était vrai que les Styles avaient su établir une relation de confiance –et même familiale- avec leurs employés.

Les enfants et le mari de Marge, sa secrétaire, venaient régulièrement profiter de la piscine, de même que les petits-enfants de Simon et Lauren Cowell, respectivement majordome et gouvernante de la famille Styles depuis plus de quarante ans. Ils avaient connu Harold bébé, et il leur vouait autant d'affection qu'à ses propres parents. Le personnel du manoir Styles faisait presque partie des "meubles" et la raison n'en était pas uniquement financière. Harold –tout comme ses parents avant lui- était un employeur à la fois équitable et généreux, qui avait su s'attirer l'attachement de ses employés de maison.

Père et fils montèrent en voiture, et la limousine s'engouffra avec fluidité dans la circulation. Jamie entretenait une discussion animé avec Matthew tandis qu'Harold s'était plongé dans ses pensées. Cette impression étrange, lancinante, d'avoir déjà rencontré Louis Tomlinson en d'autres circonstances ne la lâchait pas d'une semelle, mais il avait beau tenter de forcer sa mémoire, le souvenir restait inaccessible.

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