(Ce livre est déjà publié, il m'est impossible de poster l'intégrale de l'histoire. La suite est disponible sur toutes les plateformes)
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Bonne lecture.
Eilis courait dans tout le chalet pour récupérer un maximum d'affaires. Elle remplissait les valises à une vitesse folle sans prendre le temps de plier les vêtements avec précaution. Elle ne devait en aucun cas se surcharger. À son plus grand regret, elle laissa tout objet qui pourrait lui rappeler les bons comme les mauvais souvenirs ainsi que ceux qui pourraient la trahir. Chaque minute comptait et elle n'avait pas le droit à l'erreur. Elle s'empressa de finir au plus vite pendant que son mari, René, réglait les derniers détails. Eilis le rejoignit dans son bureau, essoufflée par son état. Son tendre mari, qui était toujours d'un calme incroyable, demeurait cette fois-ci inquiet. Une goutte de sueur perlait sur son front et ses yeux étaient plissés sur ses mains qui fermaient une enveloppe. Lorsqu'il aperçut sa femme avec les deux valises à la main, il se précipita vers elle. Il la regarda longuement pour graver dans sa mémoire chaque trait de son visage. Menacés par les ouïes trop fines, ils se parlèrent en langage des signes.
— Ma chérie, es-tu prête ?
— Non ! Est-ce la bonne solution, René ? répondit Eilis avec les mains tremblantes.
Il la serra dans ses bras avec une infinie tendresse. Puis, il se dégagea, posa les deux mains sur les épaules de sa femme et reprit le dialogue avec des gestes désespérés.
— Eilis, c'est la seule solution pour vous sauver toutes les deux.
Sa femme voulut l'interrompre mais il la coupa en abaissant ses mains.
— S'il te plaît, ne rends pas la situation encore plus difficile qu'elle n'est.
René s'arrêta un moment pour chercher ses mots, il ferma ses paupières pour se donner du courage et lorsqu'il les ouvrit, ses yeux étaient emplis d'émotion.
— Eilis, ta grossesse commence à se voir, on ne pourra pas nier les propos du traître ni l'auscultation qui confirmera ton état. Tu dois partir maintenant ! Nous en avons déjà discuté maintes fois. C'est la seule solution pour l'avenir de notre fille. Je ne veux pas assister à sa mort, fuir est la seule issue. Tu sais... elle peut être une menace pour notre espèce et ils ne prendront pas le temps d'attendre ses vingt-cinq ans, âge auquel on saura si elle est ou non cette menace. Ils stopperont ta grossesse sans scrupule et si tu t'opposes, ils te tueront ! Tu sauras la protéger et la guider sur la bonne voie, alors tu dois partir. Tout de suite.
Il essuya une larme sur la joue d'Eilis. Cette dernière était anéantie mais elle savait ce qu'elle devait faire. S'échapper. Elle ne voulait en aucun cas qu'on lui enlève sa fille pour la tuer. Elle se jeta au cou de son mari et prit le risque de lui murmurer à l'oreille.
— Je t'aime René, je ne t'oublierai jamais.
— Je t'aime aussi, susurra-t-il en soupirant. Je vous aime.
René caressa le ventre de sa femme puis s'agenouilla pour parler à sa progéniture.
— Prends soin de ta maman. Un jour, quand le moment viendra, on se retrouvera, ma fille, et je serai là pour toi.
Il se releva d'un pas lourd et redevint sérieux. Il récupéra l'enveloppe qu'il avait préparée et la glissa dans une des valises. René employa de nouveau le langage des signes.
— Eilis, tu trouveras dans l'enveloppe ta nouvelle identité ainsi que de l'argent. Tu te souviens de ce que tu dois faire ?
Sa femme était perdue, le regard dans le vide, les mains moites, son cœur battait à vive allure, les mots ne sortaient pas.
— Eilis ? S'il te plaît ! Reprends-toi ! Le temps presse, ils arrivent !
Ce jeune couple avait caché la grossesse jusqu'à ce matin, mais une personne les avait trahis auprès des supérieurs du clan. Si elle ne partait pas tout de suite, le plan échouerait. Tous deux savaient ce qui les attendait en ayant mis cet enfant en route malgré l'interdiction du clan. Ils avaient prévu d'ici vingt jours de s'échapper ensemble et d'élever leur fille parmi les humains mais cette trahison chamboula leur projet. Elle reprit ses esprits et énonça pour la énième fois le programme à son mari.
— Je sors par l'arrière, remonte le chemin à pied vers le Nord où une voiture est cachée sous une bâche. J'ouvre l'enveloppe qui m'indiquera ma nouvelle identité et le lieu où je résiderai. René, viens avec nous comme c'était prévu, tu n'es pas obligé de rester...
René la coupa avec des gestes nerveux. Son regard était féroce. Il lui fit comprendre la gravité de la situation.
— Si ! Je le dois ! C'est le seul moyen pour rester informé de ce qui se passe ici. Je les retiendrai pour que tu puisses t'enfuir. De toute façon, dans cette précipitation, je n'ai pas eu le temps de fabriquer un deuxième « collier-bouclier » et en venant avec vous, je risquerais de mettre nos vies en danger ! Tu dois vivre ! Et notre fille aussi ! C'est moi qui te contacterai ! Si tu n'as aucune nouvelle de ma part, n'essaye en aucun cas de me joindre ou de revenir chez les Spes !
Il se radoucit en lui prenant son visage entre les mains et lui posa délicatement un baiser sur le front.
— Je ne vous abandonne pas, Eilis, je vous sauve.
Elle hocha la tête pour satisfaire son mari même si elle n'était pas convaincue. René récupéra dans le tiroir de son bureau l'unique « collier-bouclier » qu'il attacha autour du cou de sa femme.
— Je l'ai fini hier. C'est composé de britannium, la seule matière qui masque tes aptitudes. Ne t'en sépare jamais ! Sinon, ils te retrouveront !
Après qu'Eilis ait serré dans ses bras son mari avec amour et tristesse, elle se dirigea à contre-cœur vers la voiture qui l'emmenait vers un avenir soi-disant meilleur. Ces dix minutes de marche nocturne renforcèrent sa détermination à sauver sa fille. Sa rage augmenta dans ses tripes et la colère devint sa meilleure amie. Afin d'éviter de ralentir, elle essaya de ne pas penser à René. L'amour de sa vie, celui qui s'était sacrifié pour ses deux femmes. Elle se promit, en respect pour lui, qu'elle se battrait tous les jours pour protéger leur fille, l'élever de la manière qu'ils avaient prévue et garder l'espoir d'un avenir à trois... Même si René l'avait rassurée en disant qu'ils se reverraient un jour, elle n'osait croire aux retrouvailles. Lorsque le clan s'apercevra de sa fuite, ils s'en prendront à son mari. Ils le tortureront pour connaître sa cachette. Il ne parlera pas. Ils le tueront.

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Eirenn
Paranormal(SOUS CONTRAT D'ÉDITION) Publié chez Sudarènes éditions et Numerik livres. Disponible sur toutes les plateformes. Hier, j'étais encore dans mon petit studio Aixois, un métier d'infirmière que j'adorais plus que tout dans une vie qui me convenait. Et...