Lettre III

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     Très chère bouche,

     Tu es une bavarde invétérée. C'est vrai, quoi, tu parles tout le temps, trop vite, et trop fort. En plus, lorsque j'ai besoin de toi pour exprimer mes sentiments, il n'y a plus personne. Tu es une incapable. Le nombre de fois où j'aurais voulu dire 'Je t'aime' à un de mes proches, famille, ami(e)s, ou frère et sœurs, tu n'as pas été foutue de m'obéir. Tu n'imagines même pas à quel point c'est gênant, pour moi, de ne pas pouvoir répondre à un 'Tu sais que je t'aime, toi ?''. Pour toi, ce n'est rien, mais pour moi, c'est très important. Tu me diras que je peux faire un câlin à la personne pour lui répondre, mis je te dirais que ce n'est pas toujours possible. Au lycée, en physique-chimie, le mercredi, juste avant de manger, non, je suis désolée, je ne peux pas, ce n'est pas faute de volonté.

     Alors, ma petite bouche, la prochaine fois que tu me dis que tes colocataires, les cordes vocales et la langue, sont en PLS parce que tu es las trop fait travailler, et qu'elles sont incapables d'articuler un petit 'Je t'aime', je me ferais le plaisir de t'empêcher de t'ouvrir à chaque fois que tu voudras faire une blague vaseuse ou parler d'une idiotie que tes copains les yeux ont vue quelque part sur Instagram.

     J'espère que tu m'as bien comprise, parce que je ne t'avertirai pas une seconde fois. Maintenant, je suis désolée si je t'ai heurtée, mais il fallait que tu le saches. Veuilles bien, néanmoins, examiner calmement ces quelques lignes et accepter mes plus humbles salutations.

     Cordialement,


                                                                                                                                                                                    Ilo_Cello

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