Piste 5

116 6 0
                                        

Après ces évènements, le docteur Ziegler me raccompagna, après avoir donné mon accord, à l'infirmerie. Tout ces sourires bienveillants J'espérais sincèrement ne pas m'être trompée sur leur compte. Quelque chose, un genre d'intuition, me disait de leur faire confiance.

Tandis que je regardais le médecin marcher devant moi, je voulus réessayer de revoir cette lumière chaleureuse, comme pour me prouver que je ne l'avais pas rêvé. Je fixais donc son dos, recouvert par une blouse blanche, dans l'espoir de voir apparaître ne serais qu'un rayon. Mais rien ne se produisit, mis à part le choc que je ressentis sur mon derrière.

En revenant à moi, je me rendis compte que j'étais assise par terre. J'écarquillais les yeux en signe d'incompréhension, puis quand je les relevaient, je vis Angela montrant un petit air de panique.

"Oh, excuse moi, le temps que je me retourne pour comprendre ce quil se passe, tu étais déjà à terre" me dit Angela, en m'offrant une main pour m'aider à me relever.

"Ce n'est rien, j'étais concentrée sur autre chose que sur le trajet" lui répondis-je, acceptant son aide.

Note pour moi-même : il faudra que je sois plus prudente à l'avenir sur l'intensité de ma concentration. Je ne m'étais pas rendu compte que je prenais ça vraiment sérieusement, et avais finis par foncer tête la première sur son dos, provoquant ma perte d'équilibre, et le peu d'estime de moi-même qui me restais par la même occasion.

Une fois relevée, Angela m'invita à rentrer dans l'infirmerie. Je ne pus empêcher un frisson d'angoisse me parcourir la peau, malgré la sérénité qui parcourait mes veines. Je m'installa en position assise sur le lit sur lequel je m'étais réveillée quelques instants plus tôt, suivis du docteur, qui me rejoignait après avoir pris un tissus dans une boîte qui traînaient sur son bureau. Elle me fit face, mais sa présence recommençait à me perturber.

Elle m'invita à faire quelques exercices de respiration lorsqu'elle me vit de nouveau entrer dans un état de stress, puis se mit à me prendre les mains. Elle esquissa un sourire lorsqu'elle prit ma main gauche.

En regardant le dos de cette main, je vis une entaille un peu plus grand que la taille qu'une aiguille correctement enlevée aurait laissée, mais du sang s'était écoulé de cette entaille, et ma main était à présent recouverte d'hémoglobine.

Elle passa un tissus qu'elle avait préalablement imbibé d'un produit sur ma main pour éliminer le sang, et se mit à me parler dune voix calme.

"Ton sang n'a pas coagulé correctement. Normalement, tu naurais pas dû en perdre autant, ton corps aurait dû commencer la cicatrisation plus tôt ou plus rapidement. Est-ce que tu sais si tu as des soucis de santé ?"

"Je n'en ai aucune idée, je ne me rappel de plus grand chose" lui répondis-je, en baissant les yeux.

"Essaie d'être optimiste, je ne sais pas encore d'où te vient cette amnésie, mais il se pourrait qu'elle soit temporaire. Nous n'avons pas pû récolter assez d'éléments sur le pourquoi du comment ils t'ont enfermé, car la recherche de ta localisation et la mission de sauvetage était d'abord une priorité. Mais saches que nous ferons de notre mieux pour que tu puisses retrouver tes forces et ta mémoire dans un premier temps" me rassura t-elle en me mettant un pansement.

"Pourquoi vous êtes vous mis en danger pour moi ? Est-ce qu'il y avait d'autres personnes dans le même cas que moi ?"

Son regard s'assombrit tandis qu'elle se leva et se dirigea vers une poubelle où elle jeta le tissus. Elle alla chercher une poche qu'elle mit en place à côté du lit, la relia à un long tube. Mais ces gestes restait visiblement mécaniques. J'eus l'impression qu'elle cherchait ses mots.

Elle me prit la main droite et resta le regard fixe dessus, sans pour autant la voir.

"De ce que nous savons, tu es la seule survivante connue à ce jour. Nous avons des données, retrouvés beaucoup de corps dont nous avons pris soin de les ramener à leur famille Mais les expériences menées sur eux ont eu beaucoup trop d'impacts pour quils puissent s'en sortir. Pour la plupart, c'étaient des civils, des victimes de la guerre contre les omniacs, qui ont été retrouvées par l'organisation avant que l'on puisse leur venir en aide. Avec toutes les attaques contre nous, qu'elles soient de nos ennemies ou même de civils qui ne croyaient plus en nous, nous n'étions pas assez rapide pour venir les aider"

Elle marqua une pause, des larmes perlaient aux coins de ses yeux. Je sentais qu'elle tentait de se ressaisir, de ne pas pleurer. Mais les émotions eurent raison d'elle. Elle éclata en sanglot avant de continuer.

"Comment les Hommes peuvent-ils se montrer aussi cruels les uns envers les autres ? Nous sommes pourtant de la même espèce. Nous pouvions enfin voir la lumière au bout du tunnel, la fin de cette horrible guerre était proche, nous le savions. Pourquoi faut-il que d'autre en profite pour continuer de faire régner cette cruauté ?"

Sa détresse se faisant de plus en plus grande, je l'a pris dans mes bras. Son discours m'avait touché, au point de ressentir toutes les horreurs de cette guerre. Des larmes coulèrent sur mes joues tandis que resserrais mon étreinte et posa ma main sur sa tête pour caresser ses cheveux.

"Je n'ai peut-être pas vécu ce que tu as pu vivre, et nous ne nous connaissons pas vraiment, mais je voulais te dire que tu as tous mon soutien. J'arrive à ressentir ce que tu sens, et j'imagine que cela n'est même pas le quart de ce que tu as pu éprouver pendant ces évènements. Si tu as besoin, tu peux te reposer sur moi, me parler, faire ressortir toutes ces émotions, ses souvenirs qui doivent peser lourdement sur tes épaules"

Je me rendis tout à coup compte de ce que je venais de dire. Tout cela était venue naturellement, à moi, la personne qui avait peur d'elle il n'y a pas si longtemps que cela.

Elle s'était détendu au fur et à mesure des paroles, et les larmes s'étaient taris. Je savais qu'elle n'avait pas encore tout évacué, mais elle se ressaisit et se détacha de mon étreinte.

"Il me semble que c'est au docteur de prendre soin de ses patients, et non l'inverse" me lança t-elle avec un sourire aux lèvres, tout en sessuyant ses yeux, rougis par ces pleurs.

"Il ne faut pas oublier qu'un médecin reste une personne, et que comme toute personne, elle peut aussi avoir besoin d'aide" lui répondis-je.

Elle me regarda dans les yeux et son regard s'illumina pendant que son sourire grandissait.

"Merci"

Je lui rendis son sourire, et elle se concentra de nouveau sur ma main droite. Elle brancha la tube à l'aiguille toujours plantée, et maintenu avec un scotch.

"D'habitude, pendant que le patient est endormi, nous plaçons une aiguille sur chaque main au cas où il y a une complication avec la première que l'on utilise, comme par exemple si le tube se bouche, ou autre problème, pour éviter la sensation désagréable de la piqûre. Mais je n'ai jamais utilisé l'aiguille de secours parce que le patient avait arrachée la sienne. Tu es la première à me faire ce coup là"

Je sentis mes joues chauffer à sa remarque. Elle lâcha ma main après avoir placer une sorte de pince au bout d'un de mes doigts.

"Tu manques encores un peu d'oxygène" me dit-elle après avoir regarder l'écran de sa machine. "Je vais devoir placer un tube d'oxygène pour arriver à des valeurs normales"

Elle mis en place ce tube sur mon visage qui me soufflait de l'air en continu dans le nez. Ensuite, elle plaça un patch à gauche de mon torse. Lorsqu'il fut en place, un son qui ne m'était pas inconnu parvint à mes oreilles.

"Ce sont les battements de ton cur » me dit-elle d'une voix douce. "Tu peux te détendre. Je dois vérifier que tout fonctionne bien"

Les sons diminuèrent leur tempo. La fatigue se fit ressentir tandis que je lâchais un bâillement.

"Tout est en ordre du point de vue du contrôle. Ce ne sont pas des données normales, mais aucune valeur n'a diminuée. Je laisse tout branché jusqu'à ce que j'obtienne un retour à la normale"

J'acquiesçai à ses mots, puis m'allongea sur le lit à sa demande pour me reposer.

Douce melodie~ [Lucio x Lectrice]Des histoires addictives. Découvrez maintenant