Cela fait approximativement une longue heure que je fais les cents pas dans la salle d'attente de l'Hopital National de Niamey en trépignant d'impatience tandis que mon Djibril oscille entre la vie et la mort dans la pièce d'en face.
Depuis qu'il a été admis dans ce bloc opératoire, nous sommes sans nouvelles. Ma mere, assise sur le banc en poutre usé qui constitue le seul mobilier de la salle, égraine son chapelet d'un geste mécanique en murmurant des invocations d'une voix à peine audible.
Je ferais peut-être mieux de l'immiter, me dis-je en réalisant l'inutilité de mes vas et viens.
En pareilles circonstances, la prière est un recours et un refuge inéluctable. J'aurais dû m'y abriter dès le début plutôt que de me mettre dans ce steril ébranlement d'esprit.
Je me cramponne ainsi à ce revirement de foi pour remonter de ce précipice dans lesquel m'a sombré le désespoir . Finalement, je me résous à m'installer à côté de ma mère pour m'inspirer de sa spiritualité.
Je joins mes deux mains et un long discours prend naissance dans mon esprit :
<< Ya Allah, je te demande pardon pour tous mes péchés car tu es le grand pardonneur.
Je te remercie pour la grâce et la miséricorde dont tu ne cesses de nous couvrir, oh toi le miséricordieux, le tout miséricordieux.
Tu es le savant, le grand connaisseur car toi seul connais ce qui est bien pour nous et toi seul peux nous préserver du mal.
Je te remercie pour cette épreuve car elle me rapproche davantage de toi et fortifie ma foi.
Je te demande ya Allah, le guérisseur de tous les maux d'accorder la santé et une longue vie à ton adorateur Djibril. Je t'implore ya Allah de le sauver, car tu es l'unique, le sauveur suprême>>
Après quoi, je prends mon chapelet et copie ma mère.
Une voix grave interrompt notre concentration.
- Où sont les parents du patient Djibril Issa?
Nous nous précipitons vers le médecin, âgé d'une cinquantaine d'années qui vient de sortir du bloc.
Sa blouse verte trempée de sueur indique que l'intervention n'a pas été facile. Son visage sombre, dont on aperçoit à peine deux petits yeux noirs et des lèvres fines au milieu d'une broussaille de barbe grise n'augure aucune bonne nouvelle .
-Nous sommes sa famille Docteur, lui réponds-je, brulante d'impatience. Comment vas t'il?
Il me dévisage d'un regard hésitant, qui semble demander des précisions sur mon lien de parenté avec Djibril. Pour mettre court terme à son scepticisme, je satisfait volontier sa curiosité.
-Je suis sa fiancée et nous envisagions de nous marier ce samedi insha Allah, si toute fois, cela est encore possible après cette tragédie.
Un brin de larme s'echappe de mes yeux, malgré mon combat acharné pour dompter le chagrin qui me ronge.
- Si ce n'est pas ce Samedi, ça sera un autre jour, ma fille.
Cette phrase qui était censée me remonter le moral , me fait l'effet contraire. Je me retrouve plus anéantie que je l'étais déjà. Le vieil homme continue:
- Pour etre franc avec vous, l'état de santé du patient est très alarmant. La balle lui a perforé la rate. Fort heureusement, nous avons pu l'en extraire. cependant, il a eu une hemorragie interne que nous avons difficilement stoppé , mais il a perdu beaucoup de sang. Il lui faut une transfusion sanguine dans l'heure qui vient au plutard, sinon ça pourrait lui être fatale.
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Stage Pré-embauche (Histoire Terminée)
Misterio / SuspensoLorsque parti à la recherche d'emploi, on décroche autre chose...l'histoire de Yasmine Ben Saïd. A la date du 20 fevrier 2018, mon oeuvre est classée quatrième #4 dans la catégorie mystère /Thriller
