Chapitre 34

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Précédemment

Le moment de surprise passé la jeune femme se jeta sur Amir s'accrochant à ses épaules comme si sa vie en dépendait, l'étouffant presque.

-Alhamdoulilah, je ne te l'aurai jamais pardonné si tu ne t'étais pas réveillé, chuchota-t-elle d'une voix tremblante

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La porte de la chambre s'ouvrit et Shayla se précipita vers Bachir qui en sortait. Celui-ci lui jeta un regard désolé en secouant la tête en signe de dénégation et pour la millième fois elle sentit son cœur se tordre de douleur. Ses yeux s'embuaient mais elle se força à ne verser aucune larme. Elle se détourna de son ami qui la regardait avec compassion et sortit pour prendre l'air.

Ses pieds foulèrent le jardin aménagé à côté du service où se trouvait Amir. Rien que penser à lui réveillait cette douleur poignante qu'elle ressentait à la poitrine. Depuis son réveil, il refusait de la voir. Personne ne comprenait sa réaction, tout s'était passé si vite. Elle se rappelait très bien avoir sauté sur lui quand elle l'avait vu reprendre connaissance, il l'avait même serré dans ses bras vigoureux où pendaient plusieurs fils reliés à diverses machines. Par la suite madame Wardini leur avait rappelé sa présence en se raclant la gorge, l'œil pétillant de malice. Elle s'était sentie si gênée alors que lui ne s'en formalisait guère. Tout semblait normal, le médecin était très optimiste quant à l'évolution de son cas et prévoyait une cicatrisation assez rapide vu la constitution d'Amir. La nouvelle avait été un baume au cœur de toute sa famille et ses amis, heureux de le voir récupérer rapidement... Tout se présentait bien jusqu'à ce qu'Amir profite de l'absence des autres dans la chambre pour lui demander de ne plus revenir le voir.

Shayla avait cru tomber des nues quand il lui avait indiqué la porte en la remerciant d'être resté pendant tout ce temps à son chevet. Il n'avait pas crié, il ne semblait même pas en colère. Morte de honte de se voir congédier comme une domestique, elle était sortie de la chambre sans aucun mot.

Elle avait été en colère et indignée par tant d'ingratitude. N'avait-elle pas sacrifié des journées entières pour rester auprès de lui ? Ne l'avait-elle pas nettoyé, peigné et rasé chaque deux jours refusant qu'il se sente sale et mal fagoté à son réveil ? Elle avait passé des heures, assises sur le rebord de son lit d'hôpital à lui raconter ses journées et à le supplier de se réveiller. Elle n'avait eu de cesse de prier pour sa guérison demandant au Seigneur de la prendre elle plutôt que lui. Elle était suffoquée par le ton froid et impersonnel qu'il avait utilisé pour la chasser et lui faire comprendre qu'elle n'était plus la bienvenue. Remontée contre lui, elle avait pris la ferme décision de ne plus le déranger, si sa présence le gênait elle n'allait plus la lui imposer.

Il n'avait fallu qu'une journée pour que les doutes l'assaillent et qu'une question lui taraude l'esprit : pourquoi ? Elle s'était perdue en conjectures, creusant son esprit et faisant tourner ses méninges pour essayer de trouver une explication plausible à ce revirement de situation.

Elle ne pouvait plus manger, se laver, se vêtir sans que cette interrogation sur son attitude ne la tourmente. Amir ne lui avait laissé aucun répit depuis qu'il avait su la vérité, essayant par tous les moyens de se faire pardonner et de la reconquérir. Alors pourquoi la traitait-il ainsi ?

La réponse s'était imposée à elle triste et implacable, il lui en voulait. Il ne lui pardonnait pas cette blessure au poumon qui lui laisserait des séquelles à vie. Il ne voulait plus rien avoir à faire avec elle, elle n'apportait que des ennuis.

Shayla avait alors décidé de lui laisser le temps de digérer ce qui s'était passé mais elle n'avait pas pu s'y tenir. Un besoin irrésistible de le voir et de lui expliquer l'avait pris quelques heures seulement après qu'elle ait affirmé à Mary et Bachir qu'elle ne s'abaisserait jamais à aller voir quelqu'un qui ne le voulait pas. Un féroce combat avait alors débuté entre son orgueil et son cœur. Le premier lui interdisait formellement d'entrer en contact avec Amir tandis que le second lui hurlait d'aller le retrouver pour s'excuser. Mais s'excuser de quoi ? Elle n'avait rien fait, on ne pouvait décemment pas la tenir pour responsable de ce qui s'était passé, elle était une victime autant qu'Amir. Elle essayait de se persuader de cela mais une voix insidieuse lui soufflait que tout était de sa faute.

Le spectre du passéDes histoires addictives. Découvrez maintenant