La vie du palais reprit un cours normal lors des semaines qui suivirent, entre intrigues, complots et politique. La belle Kaendahan écoutait d'une oreille distraite les murmures qui se soulevaient sur son passage, à propos de son manque de fermeté vis-à-vis de ses esclaves ou bien encore sur sa soi-disant incapacité à se défendre. Mais elle avait connu bien pire, lorsque sa mère était encore au pouvoir, avant de mourir prématurément.
Ce fut donc avec une minutie toute particulière qu'elle s'attela aux préparatifs de la Riyaya Ratu, la fête annuelle donnée en l'honneur de la famille royale, et plus particulièrement de la reine. La fête avait lieu lors de la journée la plus longue de l'année. Pour rappeler à tous qu'elle n'était qu'humaine, elle devait tout préparer elle-même. Elle supervisa donc la construction du char où elle siègerait avec ses sœurs, l'élaboration du festin, le stylisme de sa robe et de celle de ses sœurs.
Pour honorer le soleil, qui avait fait de sa famille la classe dirigeante, ses sœurs et elle devaient revêtir des robes jaunes identiques. Seule la couronne différencierait la reine des autres femmes, qui guetteraient le moindre accident pour prendre sa place. Elle appréhendait donc les retrouvailles avec ses sœurs.
Le jour de leur arrivée, Kaendahan avait revêtit une de ses tenues les plus luxueuses. Sa tenue était faite d'une soie très fine, d'un bleu profond. Elle portait un gilet court, lacé sur le devant, et une jupe avec une longue traîne brodée de fil d'or. Une fine fourrure blanche ornait les ourlets de sa tenue. Des diamants brillaient sur ses poignets, sur sa gorge, à ses chevilles, déposés sur de fines chaines d'or. Des fils dorés étaient entrelacés dans son chignon bas complexe. Pour finir, une tresse d'or ceignait son front bombé.
Les cuivres retentirent, marquant l'arrivée des carrosses dans la cour d'honneur. La reine se plaça en haut des marches, devant l'entrée du palais. Elle était légèrement sur le côté, pour pouvoir accueillir ses sœurs, ses deux petites filles, qu'elle ne connaissait que de vue, derrière elle.
Les cinq attelages se placèrent devant l'escalier. Chacune de ses sœurs descendirent de voiture, accompagnées de leur mari et de leurs enfants. Elles commencèrent à monter les marches, de la plus âgée à la plus jeune, qui du haut de ses seize ans arborait fièrement un ventre légèrement bombé. Leurs familles suivaient, à dix pas derrière les chefs de famille. Lorsque la première arriva devant elle, Kaendahan la salua selon l'usage :
Murko Murni, ma sœur. Bienvenue à toi.
Kaendahan Elek, ma reine. Merci de votre accueil.
Murko se différenciait de ses sœurs par ses yeux bleu clair, qui détonnaient au milieu de sa peau foncée et de ses cheveux bruns. Elle les tenait d'un esclave que leur mère avait apprécié peu après la naissance de Kaendahan. C'était la plus cupide de la famille, appréciant l'argent pour l'argent et ne pensant à rien d'autre.
Cemburu Murni, ma sœur. Bienvenue à toi.
Kaendahan Elek, ma reine. Merci de votre accueil.
La reine se méfiait beaucoup de Cemburu, qui jalousait fortement la couronne portée par sa grande sœur. Elle se fondait facilement dans la masse des habitants de Kutha, avec sa peau dorée, ses cheveux châtains et ses yeux d'un marron quelconque, ce qui en faisait une fouineuse hors pair.
Ce fut ensuite le tour des jumelles Cantik et Pamuter, qui arboraient les mêmes cheveux auburn, les mêmes yeux d'une couleur vert foncé et la même peau assez pâle. Ces deux guerrières hors pair faisaient tout ensemble, depuis leur entraînement quotidien jusqu'à leur mariage et leurs grossesses.
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Kaendahan
RomanceKaendahan, la puissante reine de la cité-état de Kutha, voit son quotidien bouleversé le jour où un nouvel esclave arrive à son service. Entre intrigues de cour, sexe et tensions politiques, plongez au coeur d'un royaume en déclin.
