Je me rassis lourdement, sous le choc.
– On sait qui lui a fait ça ? Demandai-je, une fois je recouvrai l’usage de ma langue.
– Non je ne suis pas sûr. Si non elle me l’aurait dit dans le message.
– Tu crois qu’il a été tué à propos de l’urgence dont il était question ?
– A tous les coups. Sinon qui pourrait lui vouloir du mal ? Ça te dérangerait si on mettait fin à notre lune de miel ?
– Non ne t’en fais pas pour moi. Je rentre faire nos bagages pour qu’on s’en aille. Contente-toi d’appeler le chauffeur pour qu’il vienne nous chercher. Je rentrai dans la chambre pour faire nos bagages. Mais à la place je m’assis sur le sol et laissai couler les larmes que je retenais depuis qu’on m’a annoncée la nouvelle. J’aimais vraiment Andrew. Jamais je ne lui aurai fait ou voulu du mal. Je voulais vite rentrer histoire de mener discrètement ma propre enquête à propos
de sa mort. Déterminée à trouver celui ou celle qui a fait ça et de lui faire payer. Je me ressaisis et je fis rapidement nos valises. A 10h, le chauffeur vint nous chercher et nous ramena à Lomé. Sur le chemin du retour, j’essayai tant bien que mal de consoler Georges. J’avais très envie de pleurer avec lui mais mes larmes ne sortaient plus, comme si mes glandes lacrymales avaient séché. Trois heures plus tard On était déjà dans l’après-midi quand le chauffeur nous déposa devant chez Georges. Je me changeai aussitôt pour aller au boulot. Georges fit de même de
son côté.
– Sois fort mon amour, lui murmurai-je en le serrant dans mes bras une dernière
fois avant qu’on se sépare.
Je pris ma voiture pour me rendre au boulot et passai quelques coups de fil en chemin. Une fois arrivée, je vis Caroline mon assistante dans son bureau en
communication avec un client. Je lui fis signe de venir dans mon bureau une fois qu’elle aura fini son appel. Une minute plus tard, elle entra dans mon bureau.
– Quelle belle surprise Sonia ! lança-t-elle en entrant dans la pièce. Je ne t’attendais pas avant la semaine prochaine. Il y a eu un souci avec la réservation ?
– Non tout s’est bien passé Caroline, l’hôtel, le quartier tout était parfait. Et aux dernières nouvelles je suis toujours ta patronne alors tu m’arrêtes ce tutoiement tout de suite.
– Désolée.
– Il s’est passé quoi après notre départ le jour du mariage ?
– Comment ça ?
– Juste après notre départ as-tu remarqué un incident ? Quelque chose d’anormal ?
– Non pas à ce que je sache. Pourquoi ?
– Andrew a été assassiné.
– Ah tu parles de ça ? C’est pour ça que vous avez écourté votre lune de miel ?
– Tu en sais quelque chose Caroline ?
Elle s’approcha de mon bureau et s’assit en face de moi.
– J’ai promis de vous protéger Sonia. André en savait trop et n’a pas voulu la fermer. Il prévoyait tout raconter à Georges dès votre retour de lune de miel. Il allait gâcher tout ce dont tu t’es battue ces deux dernières années.
– Attends Caroline… qu’as-tu fais ?
– Ce qu’il fallait, répondit-elle avec sérénité.
– Donc c’est toi qui as empoisonné Andrew ? Pourquoi Caroline ?
– Tu ne t’en rends toujours par compte ? L’amour nous fait faire des folies et tu es le mieux placée pour le savoir Sonia. Quand on aime quelqu’un ou quelque chose, on fait tout notre possible pour la protéger.
– Attends tu veux me dire que tu es amoureuse de moi ?
– Oui Sonia !
– Et tu penses que l’amour est une raison suffisante pour prendre une vie ? Encore moins la vie d’une personne que j’aime ? Qu’est-ce que tu espérais en faisant ça ? Que je te sois reconnaissante ? Ou que je cours dans tes bras en te considérant
comme ma salvatrice ?
– Tout ce que moi j’espère c’est que tu signeras ce papier sans broncher. Elle déposa une feuille devant moi. Elle était d’un calme à dresser les cheveux sur
la tête. Mais je ne laissai rien paraître de ma peur.
– Qu’est-ce que c’est ? lui demandai-je en ramassant la feuille. Je la parcourus rapidement. En gros en signant je lui léguais ma boîte.
– Oh comme ça on a des vues sur ma boîte ? lançai-je avec ironie. Et tu comptes le diriger depuis ta cellule avec tes camarades de cellule ? Parce que c’est là où
vont les meurtrières dans ton genre.
– Cellule ? Laisse-moi rire. Imagine un peu. Si ton mari me demande pourquoi j’ai tué son ami. J’aurai beaucoup de choses à répondre à cette question mais tu feras le plus gros du travail puisque c’est belle et bien ta voix qu’on entend dans cet enregistrement.
Elle sortit son téléphone et me fit écouter un extrait de ma discussion houleuse avec André. – Alors qui croira-t-on coupable à ton avis ? La pauvre et innocente secrétaire qui s’est fait manipulé ? Ou la patronne qui a manipulé tout le monde depuis le début ?
– Très bien tu as gagné. Je vais signer.
– J’ai mis une bouteille de champagne au frais pour l’occasion. Je vais la chercher.
Elle sortit du bureau. Je sortis mon téléphone et passai un coup de fil.
– Venez à mon bureau tout de suite ! Ordonnai-je.
Une minute plus tard, Caroline revint dans le bureau avec un sceau de champagne et deux flutes. Elle fit sauter le bouchon et nous servit. Je pris mon verre et attendit qu’elle boive en premier.
– Voyons ne sois pas ridicule Sonia, je ne peux pas t’empoisonner. Je me rassis derrière mon bureau, attendant patiemment l’arrivée de mes renforts. Je n’avais aucune envie de boire ce champagne mais j’ignorais ce dont Caroline
était capable, il fallait donc que je me tienne à carreau. Tout ce dont j’avais envie c’est que cette vermine disparaisse de ma vue et de ma vie. Elle vida son verre d’un trait et s’empara du papier.
– Merci beaucoup Sonia, c’est très généreux. Ça montre à quel point notre amitié te tient à cœur. Et pour te prouver ma bonne foi, je te laisse supprimer l’enregistrement toi-même. Je n’ai pas gardé de copies. Je pris son téléphone et pile à ce moment, Thomas, mon homme à tout faire entra dans le bureau avec deux autres biens baraqués.
– C’est elle, dis-je en désignant Caroline d’un signe de tête.
Le temps qu’elle se retourne, les deux hommes l’avaient déjà immobilisée en la saisissant par les bras et Thomas la bâillonna avec du ruban adhésif. Elle se débattit frénétiquement mais que pouvait-elle contre deux hommes aussi baraqués l’un que l’autre.
– Tu vois Caroline, dis-je en me levant. Le problème avec les gens qui en savent trop c’est qu’ils ne veulent jamais la fermer. Ta première et plus grosse a été de
tuer André. Mon André. La deuxième a été de m’avoir ceci – je brandis son téléphone, la laissai sur le sol, l’écrasai avec mon talon aiguille et versai mon verre de champagne dessus – tu baisses ta garde trop facilement chérie. Ce n’est pas ce que je t’ai appris pourtant. Quand le jeu se déroule trop facilement, il faut revérifier tes pions et revoir ton jeu. Vous pouvez l’emmener.
– Qu’est-ce qu’on fait d’elle madame ? me demanda Thomas.
– Tout sauf la tuer, répondis-je en leur tournant le dos. Emmenez-la loin de tout ce qu’elle connait et laissez la seule au milieu de nulle part. Et quand je dis loin,
j’entends bien sûr, hors du pays.
J’entendis quelques bruits sourds, puis j’entendis la porte se fermer. Je me retournai enfin et me servit un autre verre de champagne.
– A André, murmurai-je en essuyant une larme qui venait de couler sur ma joue.Fin de l'histoire
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A coeur ouvert
RomanceC'est l'histoire de Sonia qui sur le point de se marier fait la rencontre d'un homme, un journaliste avec qui elle eût a vivre d'agréable moments ... Mais cet homme, André s'avère être l'ami de son futur mari... Découvrez par vous même la suite de...