Quatrième partie

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Un matin, tu fouinais dans la bibliothèque de ton cher Adelphe car maintenant tu prenais plaisir à lire.

Tu tombas sur un ouvrage qui t’a complètement chamboulé.

“ Que fais tu là , mon p'tit gars ? “

“ Oh… Elle me les lisais… Je ne les comprenais pas...elle me les lisais pour que je trouve le sommeil…” tu lui répondis tout ému.

“Que me dis tu ? Qui te lisait les fleurs du mal ?”

“ Ma chère  Anne...Ma sœurette … “

“ Tu as une soeur ! “

“ Oh ! Non ! Je ne dois point vous raconter ceci ! Oubliez mes propos ! S’il vous plait !”

“M’as tu mentis, garçon ?”

“ Je … J’en suis désolé ! Je n’avais aucune autre possibilité !”

“ Quelle fabulation as tu faite  ? “

“ Mon passé n’est pas tel que vous le croyez…”

Tu lui avais raconté que tes parents étaient morts dans l'incendie de votre maison et que tu avais fuis.

Quand tu rétablis la vérité Adelphe perdis l’usage de la parole et sa mâchoire semblait se décoller de son crâne.

“ Je m’excuse ! Je ne voulais vous le cacher !”

“ Je comprends, Senmo, ne te tourmente pas. “

Il t’avait lancé ces mots sur un ton très neutre, encore troublé par l'annonce.

Entre vous rien a changé, rien à part vos conversations sur ton passé, bien plus pertinentes à présent.

Sur ta table de chevet il y avait deux livres, le livre anonyme noir et le recueil de poème de Charles Baudelaire.

Quand tu étais petit tu ne voyais en ces poèmes que des suites de mots bien assortis. Maintenant tu en percevais le sens et comprenais pourquoi ta nourrice les aimait tant.

Elle te manquait, Anne-Marie voilà cinq ans que tu ne l’avais plus vue.

Ça faisait trois ans que tu allais à l’école du village mais tu n’avais toujours pas d’amis.

Tu restais seul, tout le temps plongé dans tes pensés, tu ne voulais pas parler aux autres.

Un jour, cependant, quelqu’un attira ton attention.

Une fille a débarqué dans ton lycée, elle avait deux ans et deux classe de plus que toi et elle s’appelait Holya.

Tu l'as immédiatement trouvé resplendissante, les  deux grands yeux bleus au milieu de son visage te fixaient, toi, à la récréation.

Cela arrivait quand elle parlait avec ses copines, tu lui souriait , elle aussi puis elle agitait ses long cheveux blonds autour de ses doigts fins.

Jamais vous ne parliez ensemble, pourquoi ?

Tout de fois, un soir à la sortie des classes, une main vint te tapoter l'épaule. Dans ton sursaut tu vis de qui il s’agissait et ce fut le début d’une jeune histoire d’amour.

Tous les jours vous alliez vous promener près de la rivière dans laquelle tu te lavais quelques années auparavant.

Vous vous teniez la main, vous échangiez des bisous et papotiez pendant des heures.

Elle ne voulait pas dire à ses amies que tu était son amoureux alors vous viviez ça en cachette. Elle avait honte d’être avec un garçon plus jeune qu’elle. Puisque tu l’avais elle cela ne te dérangeait pas, c’était déjà une chance.

Elle ne  posait pas beaucoup de questions sur toi, l’idéal pour garder ton secret. Elle préférait parler d’elle, quand tu lui parlais de toi elle t’écoutait quand même ou faisait semblant du moins.

Tu étais plus son confident que elle ta confidente.

Cela se passait comme ça, ce n’était rien de grave.

Senmo ou Le Prince OscarOù les histoires vivent. Découvrez maintenant