14h24 23 mars 2018
Dans un grand bâtiment oublié et perdu,
Une campagne douce et une lune sombre,
Dans une pièce vide, un drap blanc est tendu.
Au-delà du noir brouillard, se meuvent des ombres.
Un poignet qui se tend et deux baisers qui tombent
Ouvrent trois grands cœurs et font couler quatre larmes
La fenêtre tremble et l’eau dégouline en trombes,
Une dernière main s’empare des armes.
Une épaule se troue et deux yeux s’agrandissent,
Trois remords se bousculent devant quatre fleurs.
Des excuses s’oublient et des visages glissent
Hors de la lumière, où la tendresse se meurt.
La cheville se brise et deux genoux à terre
Embrassent trois songes tombés de quatre mains.
Les fenêtres se déchirent et laissent entrer l’air.
Le monde se fend et la lumière s’éteint.
Un matin, au soleil, dorment deux clavicules
Trois glaïeuls accusent quatre âmes éplorées.
Tous les oiseaux chantent l’histoire ridicule
Du drap blanc recouvrant des restes, déchiré.
22h31
