Chapitre 5

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Voilà exactement deux semaines que le couple Dieye explore l'île dans les moindres détails. Ils se découvrent de jour en jour et chaque seconde qui passe semble plus belle, plus intense et plus essentielle. C'est une situation juste fantastique et incroyable pour la jeune dame. En effet, elle ne croyait pas qu'après la découverte de sa maladie Abdoul serait plus amoureux que jamais.

Et oui Abdoul a su la retenir à temps. Elle n'a pas pu franchir la porte de la chambre. Il était trop attaché à elle pour la laisser partir.

Il était sous le choque oui, frustré c'est vrai mais il avait compris le comportement de Astou jusque là. Pour lui c'était compréhensible car, ce n'est point facile de révéler une chose qu'on prie d'omettre dans notre esprit.

_Pourquoi tu t'en vas? Avait-il stoppé en rattrapant sa main.

_Parce que tu vas me voir différemment maintenant. Parce dès à présent je suis consciente que rien ne sera comme avant Abdoul. Depuis que je suis petite je me suis toujours sentie différente des autres. Je n'ai jamais eu d'amis par peur d'être blessée. Je suis grandie comme ça et chaque jour a été pour moi , un véritable combat.Pour m'accepter, je me suis fait à l'idée que sans cet appareil je n'étais pas moi car il me permet de respirer,permet à mon sang de circuler normalement. En gros sans cet appareil je ne suis pas Astou.

_Cet appareil te permet de respirer toi mais moi, c'est toi qui me fait respirer. Sans lui tu n'es pas Astou , sans toi je ne saurai être moi.
Quand je te regarde je ne vois pas ta maladie mais la femme digne que j'ai aimé, j'aime et j'aimerai sans doute pour toujours. Pourquoi je te verrai autrement? Et pourquoi je te quitterai pour cela? On a pas duré certes mais tu sais que jamais je ne pourrais t'abandonner à cause d'un coup du destin.

Ils se sont serrés sous les sanglots de Astou.

Depuis ce jour, Abdoul la surveille comme du lait sur le feu. Elle est protégée telle une perle qu'on évite une quelconque brisure . Même si elle n'aime pas ce control un peu abusif de son mari, elle est quand même rassurée de savoir qu'elle compte pour lui.

Ils viennent de quitter la plage pour regagner leur chambre. Astou, pour détendre l'atmosphère un peu tendu par leurs pensées respectives lance son mari dans une course.

_Le dernier à arriver embrasse le pr...! Propose Astou avant de partir sans finir sa phrase.

Abdoul la poursuit tout souriant. Il l'attrape par la taille et ils tombent tous les deux sur le sable mou et humide.

_Tu as triché. Dis Abdoul avant de l'embrasser pour l'empêcher de rétorquer. Ils sont resté sur le sol pendant des minutes à s'embrasser.

C'était juste magique.

***

_Tu as mal quelque part Nefertiti? Demande Abdoul qui venait de sortir de la salle de bain.

Il a retrouvé Astou sur le lit en train de se tordre de douleur avec les yeux fermés. Elle n'a pas répondu.

_Bébé répond moi tu as mal quelque part?

Elle ne répond toujours pas. Ses larmes se forcent à sortir de ses yeux hermétiquement fermés. Elle va plus que mal.

_Essaie au moins d'ouvrir les yeux mon amour.

Elle semble vouloir parler mais reste quand même bloquée. C'est pénible.

_Je t'en supplie. Implore Abdoul ne sachant pas quoi faire.

_Em..mène... moi... je... Balbutia Astou

_Tu veux voir ta mère ?

Elle éclate en sanglot. Abdoul semble comprendre sa phrase car il saute du lit et compose le numéro de son père qui envoie de suite une ambulance pour l'évacuer.

Astou est au plus mal et Abdoul est perdu.

***

_Attendez ici monsieur ! Pria l'infirmière au moment où ils entrèrent dans la clinique.

_Je suis son mari. S'il vous plaît faites toute votre possible.

_Ne vous inquiétez pas!

Abdoul ne sait pas où mettre les pieds. Les choses se sont passées tellement vite qu'il n'a pas pu trouver une explication adéquate. Pourtant quand il partait dans la salle de bain elle se sentait très bien et dormait même. Ils avaient prévu de passer la journée sous le soleil avant de préparer le dîner qu'avait organisé l'hôtel et auquel ils étaient invité.

Il se tourne et se retourne. Il inspecte les lieux. Autour de lui, maman Penda la mère de Astou, Awa et son père. Il semble comme fou avec les regards perdus qu'il les lançait de temps en temps.

_Docteur dites nous comment elle va? Précipite toute la famille à la vue médecin qui venait de terminer son diagnostic

_Sa situation est stable. Elle veut voir son mari!

Abdoul sursaute et fonce direct vers la chambre sans prêter attention au médecin qui lui disait de ne pas trop la fatiguer. Il la retrouve allongée avec des appareils branchés en elle. Elle semble si vulnérable, si fatiguée. Les larmes de Abdoul coulent sans qu'il ne puisse les retenir, il se sent impuissant.

Plus il se rapproche plus son cœur s'accélère. Cet organe semble le déranger car il pèse au niveau de sa poitrine. Il passe sa main sur cette dernière comme pour retirer quelque chose. Son coeur l'étouffe.

_Ma chérie... comment... Tu te sens !

_Je ne saurai te le dire. Écoute moi juste. Pardonne moi de m'être liée à toi Abdoul, Je t'en supplie ne m'en veux pas. Pardonne mon égoïsme, ma soif de me sentir normale et mon espérance. J'ai voulu tellement oublier cette maladie en moi que j'ai pas pu la voir venir.
Je me suis lancée dans ce mariage avec toi sachant que ma... ma fin approche...

Abdoul pose son index sur les lèvres de sa femme.

_Arrête de dire des bêtises. Écoute repose toi je suis dehors et une fois réveillée je reviendrai pour qu'on parle.

Elle le supplie du regard et bouge ses lèvres pour résister.

_Chut ne parle pas. Ferme les yeux et dors tout va bien se passer.

_Je suis loin d'être une petite fille Abdoul. Toi comme moi savons que peut être ce sera la dernière fois que j'ouvrirai les yeux. Je... j'ai peur de les fermer.

Il lui caresse la main pour la détendre. Elle lutte contre ses yeux qui veulent se fermer.

Elle éclate en sanglot.

Parfois, on sent mal et impuissant parce qu'on veut éviter une situation inévitable. Nous sommes conscient que c'est peut être notre dernière fois mais la force nous est inconnue. C'est juste horrible.

Sa vision commence à devenir flou. Un sommeil profond l'appelle et qui sait éternel.

Elle murmure:

_Je t'aime Abdoul! Avant de s'assoupir.

*Deux heures plus tard*

Le médecin court vers la chambre de Astou. Il paraît que le sommeil de celle-ci connait des perturbations

Les membres de sa famille se sont tous levés tels des automates. Le mari a perdu l'usage de ses jambes, il est resté scotché au mur, le regard profondément vide.

Le médecin sort et se rapproche avec un visage désolant. Il a tout sauf une bonne nouvelle. Abdoul rampe jusqu'à lui pour attendre cette phrase qu'il n'aimerait pas entendre.

_Nous sommes désolé...

Abdoul n'a pas entendu le reste de la phrase il s'est en allé sans connaître sa destination.

C'est la douleur qui le conduit....

Ouroul_aynii

ÉphémèreOù les histoires vivent. Découvrez maintenant