Dans le climat actuel apparait une résurgence de l'antisémitisme. En effet, l'année 2018 a subi une hausse de 74% d'actes antisémites, et l'année 2019 semble démontrer cette augmentation, en particulier pour ce mois de février.
Rappel des derniers faits :
Dès le 9 février apparaît un tag antisémite sur la devanture d'un restaurant parisien. Le 10 février, on retrouve plusieurs tags antisémites sur les murs de Paris. S'en suit le 11 février avec la terrible vision de croix gammées sur des portraits de Simone Veil. Le même jour a aussi eu lieu des dégradations en Essonne d'arbres plantés en mémoire d'Ilan Halimi. Seulement deux jours plus tard, le 13 février, une plaque en mémoire d'enfants juifs déportés a été brisée dans le Val-de-Marne. Le 16 février, Alain Finkielkraut se trouvait pris à partie en marge d'une manifestation, et bien que je n'apprécie pas ce personnage de par ses propos racistes et pédophiles, tout acte de violence et de racisme est condamnable. Et enfin, dernier évènement en date et sans doute le plus marquant : la profanation de 80 sépultures dans un cimetière juif d'Alsace. Oui, ça fait beaucoup...
Suite aux derniers évènements, l'un des députés de la République en Marche, Silvain Maillard, avait alors proposé de faire voter une loi assimilant l'antisionisme à l'antisémitisme. Le Chef de l'Etat, Emmanuel Macron s'y était opposé.
Mais le Président de la République a fait une annonce quelque peu particulière et contradictoire lors de son diner au CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives de France) le 20 février dernier. Celle d'intégrer l'antisionisme à la définition juridique de l'antisémitisme.
Pourtant, ces deux termes sont totalement dissociables. Et je vais vous expliquer pourquoi elles le sont, et enfin pourquoi selon moi, il serait une grave erreur d'associer l'antisionisme à la liste des infractions pénales.
Commençons donc par le commencement : un rappel des termes.
Si l'antisémitisme est une notion acquise pour la plupart, l'antisionisme reste cependant plus abstrait. Entouré d'un voile hermétique. Mais pour une parfaite compréhension du sujet, je définirai les deux sujets afin de mieux les distinguer.
L'antisémitisme est une forme de racisme, une discrimination dirigée à l'encontre des juifs. Que ce soit une haine de leur religion ou de leur ethnie. Et cette discrimination se retrouve dans deux branches en particulier : l'antisémitisme d'extrême droite et l'antisémitisme de l'islamisme radical.
Et l'antisionisme alors ?
En tapant le terme antisionisme sur internet, j'ai eu la désagréable surprise de voir apparaître une définition très simplifiée de ce terme, pour ne pas dire calomnieuse. Il est dit que l'antisionisme est une hostilité contre l'Etat d'Israël. Euh... Non. Incontestablement, l'appréciation de cette notion est très variable. Mais contrairement à ce qu'on peut entendre dire, il ne s'agit pas d'une négation de l'Etat d'Israël, c'est un amalgame. Un amalgame entretenu par les politiques, mais ça c'est un autre débat.
Alors qu'est-ce que le sionisme et l'antisionisme ?
Bon. Je m'explique. Le sionisme est une doctrine apparue avec Théodor Herzl, et ce au XIXème siècle. Cette théorie expose l'émancipation du peuple juif en créant l'établissement d'un Etat juif en Palestine. Oui, pas Israël mais bien la Palestine. Pour revenir à cet auteur, son but était avant tout la protection des juifs face à l'antisémitisme et près de cinquante ans plus tard, son vœu se réalise, l'Etat d'Israël est créé. Cependant, d'autres auteurs ont repris ces thèses et considèrent la Palestine comme colonie appartenant à l'Etat d'Israël. Et c'est là que réside la vrai sens du sionisme, il s'agit donc d'un courant de pensée affirmant que la Palestine fait partie intégrante du territoire Israélien.
Oh mais ne serait-ce pas l'une des causes du conflit israélo palestinien ? Si si... En conclusion, on peut affirmer que le sionisme fait partie intégrante de l'actualité et s'oppose à l'indépendance de la Palestine. Cette notion n'a aucune portée discriminante vis-à-vis des juifs, ce n'est qu'un débat politique à résonnance colonialiste.
Ainsi, quelle est la différence majeure entre les mots : antisioniste/antisémite ? Leur portée tout simplement. Là où l'antisémitisme est une forme de racisme envers les juifs, l'antisionisme lui n'est qu'une idéologie, un courant de pensée politique assimilant la Palestine à l'Etat juif.
Et beaucoup me diront que ce n'est pas le discours entretenu par les médias et les politiques. Ce à quoi je répondrais qu'il s'agit d'une instrumentalisation. Tous les juifs ne sont pas sionistes, loin de là !
A mon sens, le sionisme et l'antisionisme demeurent un éternel débat et il n'appartient en aucun cas à la France et à son droit de nous imposer son opinion. C'est ce genre de diktat de la pensée qui caractérise ou non un Etat de droit. Il est important de comprendre que les méfaits commis dernièrement envers les juifs ne sont pas l'œuvre d'antisionistes mais bien d'antisémites. Les mots ont toujours une portée et il est fondamental d'en connaître le sens pour ne pas se laisser désœuvrer par des discours « biens pensant ». Ce n'est que par la connaissance que s'acquiert la liberté. Celle de penser.
Alors si on me demande si l'antisionisme est une forme d'antisémitisme, je répondrais non. Et si on me demande encore si l'antisionisme doit figurer parmi les infractions pénales, ma réponse sera toujours la même. Non et encore non.
L'antisémitisme se doit d'être puni. L'antisionisme d'être discuté.
24/02/19
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Actualités brulantes et Politique : le Grand Déchiffrage
Non-FictionSi vous vous intéressez à ce qu'il se passe dans le monde et à l'actualité brulante, surtout ne passez pas votre chemin ! Car ce livre aura pour fonction de décrire l'actualité mais aussi de la commenter. Couverture faite par Nouzee.