Vendredi 11 mai.
11:14
J'ai passé la semaine à éviter son regard, passé la semaine à éviter de la croiser dans les couloirs. Et pourtant je n'ai fais que penser à elle ne sachant même pas pourquoi elle m'intrigue autant. Je ne pense qu'à ses yeux verts,
Aujourd'hui, je me suis habillée d'un pull rose, un jean bleu clair avec de petits ourlets et mes converses. Nous sommes le 11 mai et cela fait maintenant 4 mois que je suis avec Tim. C'est étrange mais ça ne me fait plus rien de me dire que je suis avec lui. C'est bizarre mais sa non présence ne me touche plus, ne me marque plus. C'est comme si je ne le voyais plus, comme si je n'y prêtais plus attention alors qu'il y a encore un mois de ça j'étais folle amoureuse de lui, folle à ne plus penser qu'à lui.
Encore une fois, c'est toujours la même prof qui m'a sortie de mes pensées.
Prof - Morgane ! Regarde au moins le tableau, fais au moins semblant d'être attentive au cours. Gribouille sur tes cahiers comme tu en as l'habitude de le faire, je ne sais pas mais fais quelque chose !
Je la regarde, je la fixe. Pas un mot qui ne sort de ma bouche.
Prof - Eh oh, je te parle.
Mo - Vous allez me coller encore ?
La prof me regarde avec incompréhension.
Prof - Quoi ?
Mo - Ça vous fait quoi que j'écoute pas votre cours ? Ça va changer quoi à votre journée de m'épargner au moins une fois dans la semaine ? On vous a pendant quoi, 2h de cours dans la semaine ? Et vous êtes là à faire chier pour rien non mais arrêtez un peu c'est bon là faut pas abuser non plus.
Prof - Non mais ça va pas ?! Morgane ! 2h ça ne vous suffit pas à ce que je vois, mais c'est bien d'accord. Mercredi après midi de 14h à 18h. Vous allez me faire une dissertation sur "Pourquoi je viens à l'école tous les jours du lundi au vendredi ?" et sur "Pourquoi je dois être attentive à tous mes cours ?". Vous aurez 4h devant vous + les 2h de ce soir à réviser pour l'interro de mardi. Les 2 dissertations seront évidement notées et à me rendre pour le vendredi 18. Peut-être que là vous serez plus attentive.
Je la regarde avec un regard sournois, je me lève et prends mes affaires et m'en vais.
Prof - Un rapport en plus de tout ça ? Très bien mademoiselle. À mardi.
Je claque la porte extrêmement fort et sors dehors afin de me calmer. C'est là que je croise Dan en train de parler à une de ses amies.
Il s'arrête et vient me voir. Je m'assois contre un mur.
Dan - Eh, ça va pas Mo ?
Mo - Ras le cul de ces profs à la con. J'ai même pas encie de faire ses vieilles heures de colles là, 2h ce soir et 4h mercredi aprem avec 2 disserts à faire sans oublier un rapport.
Dan - Tout ça pour quel motif ?
Mo - J'écoute pas ses cours et je lui ai mal répondue.
Dan - Ah. Madame Deneuil ?
Mo - Ouais. Elle fait chier.
Dan - J'comprends elle aime bien coller les gens pour rien, la preuve ce soir moi aussi je suis collé et devine par qui ?
Mo - Génial, je serais pas seule alors. Elle aime bien s'en prendre à moi par contre quand c'est les autres elle en a rien à foutre.
Dan - Non ça va, puis y aura Lau aussi.
Mo - Lau?
Dan - Laura.
Mo - Ah euh ouais.
Dan - Tu l'aimes pas ?
Mo - Je la connais pas, je la trouve bizarre elle a un regard sournois.
Dan - Elle est marrante. Casse-couille mais marrante. Elle peut être agressive quand elle veut. Faut pas trop la chercher.
Mo - Ah ok. Je vois. Bon et bah euh je vais te laisser moi, j'vais aller faire un tour dehors ça va sonner dans 2 minutes. À plus.
Sans lui laisser le temps de dire un mot je lui tourne le dos et avance vers la sortie.
Dan - À plus.
Une fois dehors, je sors un billet de 10e et vais au premier marchand que je vois. Je prends un paquet de clopes et sors.
J'allume une clope et range le paquet dans ma poche.
Je fumé en marchant vers un champ, un lieu vide où personne ne peut me voir, un lieu vide où je peux passer des heures à penser sans être dérangée.
Je m'assois au beau milieu sur le sol et regarde le ciel.
"Quand je regarde le ciel, je sens les nuages m'absorber vers lui, je sens sa beauté s'emparer de mon corps et m'éloigner de la réalité" disait ma mère.
C'est quand je l'ai vue allongée sur le sol, le regard vide les bras ouverts que j'ai compris le sens de ce poème.
Les heures sont passées et je suis restée allongée dans ce champ à contempler le ciel à en avoir envie d'y grimper. À en vouloir à ma mère de m'avoir laissée seule et déprimer d'elle. À en vouloir au monde entier de ne pouvoir la remplacer.
1 clope... 2 clopes... 3 clopes... 4 clopes... Je ne les compte plus.
Rien à faire de mes journées, c'est à attendre que le temps passe que je réalise qu'il va être l'heure pour moi de rentrer au lycée.
Je n'avais pas envie d'y aller, je n'aime pas ce lycée, je ne me sens pas à ma place. Pourtant certains m'aiment bien, mais je n'en vois pas l'utilité.
15:46
Le temps est long, très long. L'ambiance est lourde, les fenêtres sont fermées, j'ai l'impression d'être en prison. J'ai envie de fumer, mais je peux pas.
Je tourne les yeux à droite à gauche puis c'est à ce moment que je croise son regard.
Elle me fixe, encore. Son regard toujours aussi sournois et ses yeux verts. Un regard poignant, fort et sensible à la fois.
Je ne comprends pas pourquoi elle me regarde comme ça, quand je la vois je me sens si faible. Elle fait ressortir ce côté sombre en moi, ce côté que je masque par mes propres moyens. Je détourné le regard et continue dans mes pensées.
Les heures sont passées, je suis enfin chez moi, enfin dans ma chambre. J'allume mon enceinte et je mets ma musique. Actuellement, j'écoute l'album de Yungblud. Je trouve un côté sensible et fort dans ses paroles. Je fixe le plafond en repensant à son regard.
Tim a du m'envoyer pleins de messages, mais je n'y pétais pas réellement attention, je préférais écouter ma musique et fumer en pensant a Elle, pensant à L.
J'envoie un bonne nuit à Tim et éteint mon portable, je laisse mon enceinte allumée et c'est sur "Polygraph Eyes (unplugged) - Yungblud" que je m'endors.
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L et moi
RomanceOn pense être sur la bonne voie jusqu'à ce que le train se démêle sur les bonnes rails.
