Chapitre quarante-et-un

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Matteo avait fini par mettre Aron au courant de la situation par message. Deux semaines étaient passées depuis la conversation qu'il avait eu avec Alexia et rien n'avait changé. Matteo n'avait plus de contact avec elle.

Alors pendant ce temps-là, et même s'il culpabilisait, il échangeait quelques messages à Aron. Pourtant, à l'origine il avait prévu de prendre ses distances avec lui, mais après seulement quelques jours sans nouvelle, il avait craqué. Il ne pouvait pas perdre Alexia et Aron dans le même temps. Et puis il avait été le seul parvenant à lui arracher un sourire depuis deux semaines, aussi minime soit-il.

Matteo s'était posé beaucoup de questions lors de ce temps qu'il avait passé seul. Questions qui concernaient évidemment le châtain. Il avait espéré que rester loin de lui ferait partir ce sentiment de manque mais il avait l'impression qu'au contraire, plus le temps passait, plus l'envie de le voir augmentait. Et savoir, de la part d'Aron, que c'était réciproque avait empiré les choses. Il avait plus d'une fois hésité à aller chez lui mais il s'était toujours résigné.

Aujourd'hui n'était pas différent des précédents jours. Quand Matteo était arrivé près de Noah, Clémence et Alexia, cette dernière était aussitôt partie. Il avait pris la malheureuse habitude de la faire fuir. En cours, il pouvait compter sur Noah qui restait avec lui. Clémence, elle, devait également être au courant puisqu'elle paraissait moins à l'aise avec la présence de Matteo mais elle avait l'air de prendre du recul face à la situation puisqu'elle ne l'évitait pas. Il avait tout de même rapidement compris de quel côté elle était en suivant Alexia dès qu'elle le fuyait.
Alors Matteo se retrouvait en tête à tête avec Noah la plupart du temps.
Mais un après-midi comme celui-ci, où son ami était absent, il passa pour la première fois le cours tout seul en amphithéâtre. C'était étrange de se retrouver sans personne.
Tellement qu'il décida de partir à la moitié du cours. Il quitta le bâtiment et alla s'asseoir dans l'herbe, s'adossant à un arbre. Il sortit aussitôt son portable pour s'occuper.

C'est comme ça qu'il comptait passer la prochaine heure. Il aurait pu rentrer chez lui mais il n'en avait pas envie. Il n'avait envie de rien, juste que le temps passe et que la situation s'améliore.

Il traîna de longues minutes sur Instagram. Le fait qu'Alexia avait supprimé toutes les photos sur lesquelles Aron de trouvait ne lui avait pas échappé. Sa curiosité le poussa à jeter un œil au profil du châtain et vit qu'il avait fait la même chose.

- Tu m'espionnes ?

Matteo sursauta et se retourna vers cette voix qui avait aussitôt fait accélérer son cœur. Il tomba sur Aron, un sourire sur le visage. Et il le regarda plusieurs secondes sans bouger. Il ne l'avait pas vu pendant deux semaines et il n'avait définitivement pas imaginé à quel point le revoir lui ferait du bien.

- Pourquoi t'es là ? lui demanda-t-il peut-être un peu trop brusquement.

Le châtain se plaça debout face à lui et Matteo fut obligé de lever la tête pour le voir correctement.

- Je voulais te voir.

Matteo fronça les sourcils. Il avait pourtant été clair dans ses messages. Il lui avait raconté toute la conversation qu'il avait eu avec Alexia et ce qu'ils étaient censés faire désormais, soit ne pas se voir. Pourtant il se trouvait en face de lui.

En voyant que Matteo ne répondait pas, Aron soupira et s'assit. Le brun se retrouva de nouveau face à ses yeux bleus foncé, et il se fit la réflexion que c'était de loin la plus belle chose qu'il avait vu depuis deux semaines, depuis la dernière fois qu'il les avait vu en fait.

- Tu viens jamais en droit d'habitude, ne put-il s'empêcher de faire remarquer.

- Oui mais je viens de te dire que je voulais te voir. Je voulais voir comment t'allais.

Matteo fut étonné. Même quand il sortait avec Alexia, il n'était jamais venu de ce côté du campus. Et le fait qu'il le fasse juste pour lui lui faisait vraiment plaisir. Cela le touchait qu'il se préoccupe de lui.

- Bah... c'est compliqué.

Aron hocha doucement la tête, la baissant vers ses mains qui arrachaient l'herbe nerveusement.

- Je suis désolé, tu sais. Tout ça c'est ma faute, si j'avais pas été là, ça serait jamais arrivé.

Matteo l'arrêta de suite en posant une des ses mains sur le dos de la sienne. Quand il se rendit compte de son geste, il rompit le contact en se raclant la gorge.

- C'est pas que de ta faute, c'est de la mienne aussi. On a merdé tout les deux et maintenant on assume.

Matteo avait envie de le rassurer, de lui dire pleins de choses. Maintenant qu'il le voyait devant lui, il remarquait qu'Aron était mal lui aussi et ça ne faisait qu'empirer son humeur.

- En tout cas, je suis là si tu veux parler. Et si tu veux pas, je comprends aussi.

Matteo, en croisant son regard, se demanda une nouvelle fois très sérieusement si ce gars avait un défaut.
Il avait l'impression d'être parfaitement compris avec lui, c'était un sentiment si agréable.

- Merci, murmura-t-il. Mais avec Alexia pas loin, je pense pas que ce soit une bonne idée qu'on se voit ici.

- Ou tu veux, quand tu veux.

Cela fit hausser les sourcils de Matteo, étonné mais amusé de sa réaction. Comme d'habitude après avoir agi un peu trop naturellement, les joues d'Aron prirent quelques couleurs. Matteo trouvait ça vraiment dur de ne pas pouvoir l'approcher de plus près au risque d'être surpris par certaines personnes.

- Je note, sourit-il.

Aron lui rendit un sourire, qui était bien plus sincère que le sien.

- Je vais devoir aller en cours, marmonna le châtain en commençant à se lever.

Matteo l'imita. Il était déçu de le voir déjà partir et en même temps soulagé. Il n'était pas à l'aise de lui parler alors qu'Alexia n'était pas loin et pouvait les surprendre.

- A bientôt alors ? fit-il.

- Ouais, bien sûr. Et appelle-moi si t'as besoin ou... si tu veux j'en sais rien, bafouilla le châtain.

Matteo lâcha un rire, oui il allait sûrement l'appeler.
Aron lui adressa un dernier sourire avant de tourner le dos. Et Matteo le regarda s'éloigner jusqu'à ce qu'il disparaisse complètement de son champs de vision.

Best mistakeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant