Aïcha Ndiaye
Je viens de me réveiller, il est 7h. Je traîne les pieds jusqu'à la douche, je prends un bain, je me brosse les dents, puis je rattrape ma prière de Fajr avant d'aller saluer ma mère. Je prends rapidement mon petit-déjeuner et file à l'école. Je ne peux pas me permettre d'arriver en retard et de subir les réprimandes de la directrice. J'ai déjà un mal de tête à cause de la soirée d'hier — j'ai mal dormi. Quand je me suis endormie, je me suis réveillée vers 21h. J'ai essayé d'appeler Beydi, mais il me raccrochait au nez. En plus de ça, Hamid me fatigue avec ses appels que je ne prends même plus. En ce moment, je n'ai vraiment pas envie de lui parler. Je suis dans le pétrin à cause de lui... Bref. Je viens d'arriver en classe, le cours va bientôt commencer. J'en ai profité pour tout raconter à Yacine, qui est comme une sœur pour moi. Elle, bien sûr, est contente de ce qui s'est passé entre moi et Hamid — puff, fan club Hamid la bok...
À la descente, j'ai décidé de réessayer de joindre Beydi, mais ça sonne toujours dans le vide. À peine j'ai raccroché pour relancer l'appel, que je fus interrompue par celui d'Hamid. J'étais déjà très énervée de ne pas pouvoir joindre Beydi, et lui, il vient encore en rajouter. Je décroche, agacée, et je l'entends dire à l'autre bout du fil :
— Lui : Mon amour...
— Moi : NON, mais Hamid, tu ne peux pas me foutre la paix ?! Laisse-moi vivre, s'il te plaît. Je ne veux plus te voir. Bip.
Je viens de lui raccrocher au nez. Je ne suis pas d'humeur à l'écouter. Je suis restée à l'école pour réviser un peu, les examens approchent. J'ai oublié de vous dire que je suis dans une école de formation de la place. Je suis en licence de management. Ça fait 3 heures que je suis là, j'ai décidé de rentrer me reposer un peu. En plus, Rocky m'a dit qu'elle est en route pour venir chez moi. Dès que je franchis le seuil de la porte, je vois Hamid adossé à une voiture, le visage renfrogné. J'avance vers lui sans le saluer :
— Moi : Qu'est-ce que tu fais là ?
— Lui : Toi et moi, on doit parler. Il ouvre la portière arrière de la voiture.
— Moi : Et si je ne monte pas ?
— Lui : Il sourit Si tu ne montes pas, je me ferai un malin plaisir de te faire monter par force. Et crois-moi, ça ne fera qu'augmenter le nombre de téléspectateurs...
Déjà que tous les yeux sont rivés sur nous, surtout les nanas. Mais j'en ai rien à faire de ses menaces.
— Moi : C'est ce qu'on va voir...
À peine ai-je prononcé ces mots qu'il m'a mise sur son épaule comme un sac de riz, et il m'a forcée à entrer dans la voiture avant d'en verrouiller les portières.
— Lui : Démarre la voiture.
Rokhaya Diouf
Je viens de descendre, comme j'avais dit à Aïcha que j'allais venir la voir. J'ai donc décidé de rentrer, au lieu de rester pour réviser un peu. Je rentre avec Ndiabel, ma copine. On marchait sous un soleil brûlant et sur une longue distance, car la fac de droit de l'UCAD est vraiment loin de la porte d'entrée. On avançait quand une voiture s'est arrêtée près de nous en klaxonnant. Le conducteur baisse la vitre et... Waaaaw, quelle créature ! Mais quel zomme, ay kou diouratili 😱. Ma copine ne pouvait plus le quitter des yeux.
Il nous demande d'approcher. Moi, comme la folle que je suis, je regarde autour pour voir s'il parle bien de nous. Et oui, il nous pointe bien du doigt.
— Lui : Bonjour mesdames, excusez-moi, je veux aller à Colobane et je ne sais pas quelle direction prendre pour y arriver. Est-ce que vous pouvez m'indiquer ? Je vous ai aussi interpellées pour vous aider à accéder plus facilement à la sortie. Je vois que vous êtes épuisées avec ce soleil et cette distance... Il s'adresse à moi : ta copine a du mal à tenir sur ses jambes.
