Chapitre 33: prêtes à tout

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Ava sentait les remous du bateau. Elles quittaient donc l'île, mais pour aller où ? C'était la question qui leur pendait aux lèvres mais qu'aucune n'osait poser. Comprendraient ils ne serait ce qu'un mot de ce qu'elles pourraient dire ?

Sara ne jugea pas bon pour sa part d'envenimer la situation ou de se risquer à mettre en colère un ninja armé jusqu'aux dents ayant tué sans hésitation un homme inconscient. Et cette fois niveau remarque ou blague de mauvais goût sur leurs tenues elle passerait son tour.

Elles se tenaient assises, non loin l'une de l'autre, le visage encore recouvert par ce sac en tissu qui sentait le renfermé. Et bien qu'elles captaient la présence chaleureuse de l'autre, elles restaient également gardées de très près par ces hommes qui ne connaissaient pas la notion d'espace vital.

Le voyage était long, il dura plusieurs heures et plus le temps défilait plus la belle blonde espérait peut être qu'ils les ramènent en héros à la maison. Les ninjas seraient acclamés par les journalistes pour avoir retrouvé les deux mineures disparues presque saines et sauves.

Elle venait de traverser quelque chose d'éprouvant avec cet homme mystère et même si Sara n'avait fait que l'assommer les évènements s'étaient enchaînés trop vite pour qu'elle ait le temps de tout assimiler.

L'embarquation qui tanguait ralentit, le bruit des vagues et de la coque qui s'entrechoquaient diminua pour laisser aux ravisseurs le monopole de l'agitation. À en croire les bruits de pas qui fusaient sur le pont ils allaient débarquer. Et en effet les deux chargés de les surveiller levèrent les jeunes filles pour les déplacer.

Sous ses pieds Ava senti une plaque métallique, elle supposa alors que c'était la jonction entre le navire et la terre ferme comme une petite passerelle et qu'elles descendaient donc du bateau. Mais à son grand désarroi elle n'entendit pas l'activité portuaire de Starling City avec ses impressionnantes machines aux sons mécaniques et ces conteneurs en déplacement. Même l'odeur n'avait rien avoir avec celle du poisson et de l'air frais de la côte.

Ils semblaient avoir accostés dans un endroit tout aussi désert que le précédent et ça n'était manifestement pas une escale. C'est ce qu'elle compris quand elle dut faire une longue route tout en empruntant des chemins escarpés sur un sol poussièreux où la terre venait se fixer sur les chevilles comme un aimant à sa barre de fer.

L'adolescente avait fini par se faire porter, ralentissant tout le groupe en boîtant. Ce n'était pas du tout la même sensation que lorsqu'elle avait été sur le dos de Sara, loin de là, car la délicatesse et l'attachement n'étaient pas au rendez vous cette fois.

C'est après de longues heures qu'elles arrivèrent. Sara en fut bien heureuse car elle avait buté sur un nombre incalculable de roches durant tout le trajet et donc manqué de tomber à maintes reprises seulement parce qu' ils n'avaient pas daigné leur enlever leurs oeillères. Elles savaient toutes deux ce que cela signifiait, ils ne voulaient pas qu'elles aient connaissance de la localisation du repère. Avec ce qu'elles avaient vu de leur dégaine et de leur comportement, il n'était pas difficile de les imaginer se terrer dans un monastère ou un ordre secret ancestrale perdu au fin fond des terres asiatiques. Où était ce encore une farce du gang pour leur rajouter une frayeur et un traumatisme supplémentaire avant de les libérer ? À l'heure actuelle plus rien n'était sûr.

Un mécanisme de porte retentit, elle semblait vieille et lourde, Sara marchait maintenant sur une surface en dalle où résonnait les bottes des soldats avançant en rythme tel un troupeau ordonné.

La belle blonde fut stoppée net sans s'y attendre et Ava reposée juste à côté. Leurs gardes vraisemblablement attitrés depuis le début de cette épopée retirèrent les sacs de leur tête et ce fut presque l'émerveillement pour les deux qui n'imaginaient pas encore. La pièce était tout droit sortie d'une histoire inventée pour une légende. Le haut plafond rendait le tout immensément imposant et l'ambiance qui y régnait était presque d'ordre religieux avec ces flambeaux placés en colonne les uns derrière les autres traçant implicitement une allée. De gros piliers dans les mêmes tons marrons gris que l'ensemble de la salle soutenaient l'édifice. Certains étaient même séparés par des semblants de fenêtre où l'on ne pouvait discerner l'extérieur à cause de motifs géométriques qui faisaient que seul un soupçon de lumière du jour pénétrait. Mais ça n'en restait pas moins sombre pour autant, car les nombreux feux ne parvenaient pas à rendre le tout somptueusement blanc. Avec leurs activités il devait être obligatoire de garder un côté glauque et peu décoré pour mettre directement dans le bain, c'est en tout cas ce qu'Ava supposa noyée dans ses pensées assez sarcastiques, las d'être encore traînée dans quelque chose d'improbable.

Avalance : A Timeless LoveDes histoires addictives. Découvrez maintenant