Chapitre 4 Belle

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Belle remuait sa fourchette dans son assiette, elle essayait vraiment de manger son plat mais la cantine du lycée avait réellement fait un flop pour le repas du jour. Ce n'était jamais de la cuisine digne d'un trois étoiles, mais en tant normal c'était toujours mangeable voire parfois bon. Le plat du jour était constitué de pâtes avec des saucisses. Quand la personne lui avait servi les pâtes, elle avait cru que c'était de la purée. Cependant c'était un bloc de pâte trop cuite et très huileuse qui était arrivé dans son assiette. La saucisse était constitué plus de gras que de viande et elle avait un goût bien rance. Incapable de manger, Belle repoussa son assiette avec énervement, elle détestait gâcher de la nourriture mais ce qu'elle avait devant elle lui donnait la nausée. Son repas du midi se résumerait à la petite portion de carottes râpées qu'elle avait prises en entrée puis d'un yaourt nature et des raisins en dessert.

« Je n'en reviens pas que tu ailles chez la bête cet après midi, déclara Camille.

- Ne l'appelle pas ainsi, lâcha Belle, ce n'est pas gentil.

- Je ne pourrais pas travailler avec lui, vous avez vu son visage ? Vous pensez qu'il a des boutons sur le dos et le torse, demanda Camille.

- Rooo Camille, s'il te plait on mange là, s'exclama Gabrielle.

- Parce que tu vas manger ça, toi ?

- Non tu as raison, approuva Gabrielle, mais bon c'est sales de parler de ça à table. Le pauvre ce n'est pas sa faute. Sinon vous savez s'il travaille bien, s'il a de bonnes notes parce qu'au final c'est le plus important pour Belle.

- Je n'en sais rien, dit Belle. Et vous ?

- Non, répondit Camille pendant que Gabrielle fit un signe négatif de la tête. Tu pourrais demander aux délégués, nous avons les mêmes que l'année dernière.

- Ils ne sont pas supposés nous dire les résultats des autres, blâma Belle. Je ne vais pas enquêter pour savoir s'il a de bonnes notes ou pas. Il a travaillé sur le projet alors qu'il était absent mercredi et jeudi. Il aurait pu ne rien faire, c'est déjà un point positif.

- Je me répète mais je n'en reviens pas que tu ailles chez lui.

- Camille ce n'est pas un monstre, nous allons seulement travailler puis je lui emprunterai des livres.

- Tu es naïve de croire qu'il a presque tous les livres de la liste que tu as faite, ricana Camille. Qui a autant de livre sur la littérature et la philosophie.

- Au hasard un professeur à l'université ou même au lycée, un journaliste, quelqu'un qui travaille dans les éditions. Tu sais quoi, si ce soir je ne donne pas de nouvelle, appelle la police. Il m'aura peut-être séquestrée dans sa fausse bibliothèque.

- Tu rigoles mais tu seras bien contente que j'appelle la police si tu ne donnes pas de nouvelles. »

Belle rigola avec ses amies. Camille n'hésitait jamais à dire ce qu'elle pensait au fil de ses propres pensées sans filtre. Cela lui causait souvent des situations un peu improbables avec les personnes qui ne la connaissaient pas réellement.

Malgré une petite appréhension, Belle était tout de même impatiente d'aller chez Archibald pour mettre en place le projet et ensuite voir si oui ou non il avait bien les livres de la liste. Belle était sure que son binôme ne lui avait pas menti. Il avait dit cela assez naturellement sans chercher à se vanter ou autre, il avait précisé qu'il pensait avoir les livres, un point c'est tout.

***

Belle se tenait devant la maison d'Archibald, enfin il aurait mieux valu dire le manoir. Cela lui paraissait fou, comment une si belle demeure pouvait exister au cœur de la ville. Un petit hameau de campagne perdu dans la civilisation. Si elle n'avait pas suivit Archibald, elle était sure qu'elle n'aurait jamais aperçut cette impasse qui menait à ce grand portail. Ce dernier s'ouvrit électriquement, une allée centrale encadrée par des rosiers menait au manoir. Belle s'était attendue à voir un majordome ouvrir la porte, mais il n'en fut rien. Dès l'entrée, Belle compris que la demeure avait été rénovée et modernisée tout en respectant l'âme de la maison. Archibald l'entraina directement vers l'étage, pourtant Belle aurait souhaité voir toutes les pièces. Pourtant une fois arrivé dans la bibliothèque, elle oublia tout le reste. La pièce était sublime, Belle n'aurait jamais imaginé que la « grande bibliothèque »  qu'Archibald avait évoqué le matin fut aussi immense, elle rigola nerveusement. La bibliothèque se trouvait sur deux niveaux, sur celui du bas se trouvait deux grandes tables afin de travailler dans la pièce se douta Belle. Il existait plusieurs coin lecture, un petit salon avec un canapé et des fauteuils jaune-beige et toutes les fenêtres aménagées afin de pouvoir s'asseoir et de profiter de la lumière naturelle. L'accès à la partie supérieur se faisait via un escalier en colimaçon, une balustrade en fer forgé avec des arabesques rappelant des rosiers servait de protection. La partie haute était aussi bien aménagé que celle du bas. En face d'elle se trouvait un pan de mur recouvert par une mappe monde ancienne. Le bois prédominé dans cette pièce, pourtant grâce à la présence des nombreuses fenêtres éclairant la pièce d'une lumière naturelle cela évitait le sentiment d'étouffement.

La belle et la bêteOù les histoires vivent. Découvrez maintenant