Arrivés devant l’Institut, Zero s’arrêta de marcher brusquement.
— Qu’est-ce qui t’arrive ? demandai-je en fronçant les sourcils.
— Tu penses que c’est une bonne idée ?
— Si tu n'entres pas, tu ne sauras pas.
— Mais... ils ne nous laisseront jamais consulter les archives...
— Qui a dit qu’on allait demander la permission ?
Il déglutit, mal à l’aise. J’admets que ce n’est pas très "légal", mais... quand il faut y aller, faut y aller !
— Donne-moi ta main.
— Pourquoi faire ?
— Ne discute pas et donne-moi ta main ! Ça t’arrive d’écouter ce qu’on te dit, des fois ?!
— Non, jamais.
— Seigneur...
— Je croyais que les vampires ne pouvaient pas prononcer ce mot.
— Ah ah ah, très drôle...
— Ça va, c’était juste pour rire.
Je levai les yeux au ciel. Qu’est-ce qu’il est stupide des fois...
— On n’a pas beaucoup de temps. Dépêche-toi.
Il finit par me tendre la main. Elle était grande, glacée... quoique légèrement plus chaleureuse que la mienne.
En quelques secondes, nos corps se décomposèrent en une multitude de flammèches noires aux reflets violets.
— Wow... C’est quoi ça ? J’ai l’impression qu’on m’a découpé le corps… C’est trop bizarre, lâcha-t-il avec un frisson.
— Ferme-la, tu me déconcentres !
Et dans un souffle de fumée, nous réapparûmes — entiers — dans la salle des archives.
— On y est, déclarai-je, un peu essoufflée.
Il regarda autour de lui, encore sonné.
— Comment t’as fait ça ? C’est incroyable !
— Ça s’appelle développer des compétences pendant qu’on est inconsciente à cause de quelqu’un dont je ne citerai pas le nom...
— Excuse-moi, je voulais pas...
— T’inquiète. C’est du passé.
Mais au fond, je sais qu’il ne me croit pas totalement. Et... à vrai dire, je ne lui ai pas vraiment pardonné.
— Bon, ne traînons pas. Il faut se dépêcher avant la tombée de la nuit.
— Et si quelqu’un nous surprend ?
— Tant que tu restes à un mètre de moi, nous serons invisibles aux yeux de ceux qui pourraient débarquer. Donc je te prierais de ne pas t’éloigner. S’il te plaît.
— Tu dis ça juste pour rester près de moi... parce qu’au fond tu m’aimes, hein ? fit-il en souriant doucement.
Je le regardai longuement. Je savais qu’il ne disait pas ça seulement pour plaisanter. Il était sérieux.
— Oui, c’est vrai. Je t’aime, Zero.
Son sourire s’effaça instantanément. Il me fixa droit dans les yeux, sans détourner le regard. Il cherchait sûrement une trace de plaisanterie dans mon expression... mais il n’y en avait aucune.
— Yuki... tu...
— Je t’aime, Zero. Je tiens beaucoup à toi et je n’ai pas envie que notre relation change.
Il ouvrit la bouche, hésitant.
— Qu’est-ce que tu veux d...
— J’aime aussi Kaname ! Pas comme un frère... mais comme un homme. Un vampire. Quelqu’un avec qui je voudrais passer ma vie.
— Je comprends. Mais pourquoi tu me dis tout ça ? Je...
— Pour la simple et bonne raison que je ne pourrai jamais choisir entre vous deux. Et aussi, arrête de faire des insinuations.
— Mais Yuki...
— Il n’y a pas de "mais" qui tienne. On a du boulot.
Je mis fin à la discussion d’un ton ferme. Sans un mot de plus, nous nous mîmes à fouiller.
Je savais ce que je venais de dire. Et je savais ce que je ressentais. Mais parfois, même la vérité ne suffit pas à soulager le poids des décisions.
Et alors que nous tournions les pages d’un vieux registre jauni, une pensée me traversa…
Ce n’était pas la première fois que je mettais les pieds ici.
Un souvenir lointain se glissa doucement dans mon esprit, m’enveloppant dans une brume familière...
Un souvenir... d’avant l’éveil.
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Douce Tentation
Fiksi PenggemarAprès la réouverture de l'académie Cross, Yuki entame sa nouvelle vie en temps qu'élève de la Night Class mais également en temps que vampire. Yuki devra apprendre à vivre parmi les siens et surtout comprendre c'est véritable sentiment en vers Kana...
