6 avril 1704, au petit matin
Il est 6h00 du matin et le silence règne dans le palais épiscopal, après cette nuit mouvementé tout le monde est arasé. Mme de Bellegarde est affalé sur l'un des fauteuil de la chambre à la droite du lit avec dans ces bras Aimée-Françoise âgée de seulement quelques heures, Joana-Maria tenait toujours la main de Sophie-Rosalie et son petit livre d'heures était toujours ouvert, comme si elle s'était endormis en faisant ses prières, le médecin dort au pied du lit. Il faut dire que la nuit n'a pas été facile tout le monde a veillé la jeune mère qui était et reste encore dans un état inquiétant, elle semble rester dans un sommeil éternel.
Une heure plus tard, le bébé commence à sentir la faim et pleure, ce qui réveil tout le monde, heureusement sa nourrice était dans les parages. Sophie-Rosalie fut changée, la parure et les draps de son lit également, des draps imbibés de sang qui en fit presque vomir Joana-Maria en se remémorant cette dure nuit ; le premier médecin de son éminence passa visiter la princesse et son diagnostique est sans appel.
- Eh bien, au vu de son état et de sa faiblesse je préconise le repos le plus complet jusqu'à un rétablissement total. Lorsqu'elle reprendra ces esprits, je vous recommande de la nourrir d'un bon bouillon le matin, de potages et d'aliments non gras pour le diner et le souper sans trop d'abus. Quant à son enfant, veillez tout spécialement à ce que sa nourrice produise du lait en quantité suffisante. (dit-il en s'adressant à Mme de Bellegarde)
- Mais, docteur, pouvez vous nous donner le jour exact de son réveil ? (demande Mme de Bellegarde)
- Malheureusement, je n'est pas cette science de la prédiction Madame mes connaissances ne me permettent pas d'être précis à l'instanté. (répondit le médecin en baissant la tête)
A 8h00, le cardinal ordonna prière général et fit sonnée toutes les cloches de la ville, pendant près d'une heure les vibrations montaient vers le ciel comme un appel à l'aide vers Dieu des plus saisissant. Joana-Maria était tellement émue par cette cacophonie céleste qu'elle en eu les larmes aux yeux et égraina son rosaire, elle récita avec ferveur pendant cette heure de grande solennité tous les Pater Noster et Ave Maria. Pendant ce temps là, la petite Aimée-Françoise est emmené à Notre-Dame de Liesse, une église gothique datant du XIVème siècle, pour y être baptisée. Quand l'horloge de style Boule de la chambre d'apparat sonna 10h, Sophie-Rosalie donna des signes de conscience, elle se réveilla difficilement, Joana-Maria voyant cela comme une résurrection se signa au moins trois fois. Après avoir pris une bonne tasse de bouillon Sophie-Rosalie changea de robe de chambre et voulu enfin faire connaissance avec sa fille, Aimée-Françoise, allonger dans un fin berceau de bois sculpté. La nourrice qui était resté la toute la nuit à veiller le nourisson, donna la petite à la jeune mère et lui indiqua les gestes approprier pour allaité. Mme de Bellegarde était là à regarder cette scène plus qu'incongru et n'en revenait pas de voir ça protéger faire un geste aussi rabaissant, c'était si peu commun que des femmes de haut lignage veuillent s'occuper de cette façon de leur enfant, mais en voyant cette scène elle ne pouvait que penser au représentation de la Vierge Lactans.
***
Cette journée du 6 avril est bien mausade, le ciel est gris et il pleut à n'en plus finir mais malgré le temps Charles-Louis est parti chassé dans la forêt du Semnoz, depuis l'incident avec Francesco il ne vient plus visité sa femme. Ce sachant fait cocu il n'ose plus parlé à Sophie-Rosalie, il vit reclus dans ses appartements et ne regarde plus son épouse pendant la messe -lui qui par le passé l'admirais quand elle était en prière - il a même demander au prêtre officiant de décaler son prie-Dieu de quelque centimètre. Sophie-Rosalie sent bien que son couple bat de l'aile et elle ne se sent plus à l'aise au sein du palais épiscopal, elle se lève de son lit et enfile une robe de chambre pour descendre voir son oncle occupés aux affaires.
- Mon oncle puis-je m'entretenir avec vous quelques instants ? (demanda Sophie-Rosalie)
- Vous êtes éveillée ma très chère !? (réponds le légat surpris). Mais bien sûr, de quoi voulez-vous parler ?
- Eh bien je souhaite l'annulation de mon union avec le sieur de Blonay, également prendre le plus tôt possible un bateau qui fera voile vers l'Espagne. (dit Sophie-Rosalie posément)
- Comment cela !? Vous voulez rompre vos vœux, mais enfin votre époux n'a pas fait acte d'impuissance vous venez de mettre au monde un enfant du fruit de vos amours. Et partir pour l'Espagne en ces temps troublés est pure folie, ce pays n'est plus qu'une terre désolée ou les feux de la guerre font rage. Je refuse de nous laisser en une bien mauvaise posture, penser aux attentes de son Altesse le prince Eugène.
- Sachez mon oncle que mon mari est un vil assassin qui a tué mon médecin personnel de sang froid, faite de votre mieux pour réaliser cette annulation. Et pour ce qui est de l'Espagne n'ayez point d'inquiétude, la comtesse de Castrillo possède une propriété non loin de Séville dans les terres. Et mon cousin le prince Eugène peut bien faire ce qui lui chante, je ne tiens pas compte de ses avis.
Bien résilier a faire de son mieux le prélat consent aux conditions que sa nièce et son cœur lui dicte d'adopter. Pour veiller à la sécurité de Sophie-Rosalie et sa suite, le cardinal enjoint la comtesse de Castrillo et la duchesse de Bellegarde à le rejoindre à la caserne des Cents Suisses du Dauphin (ancien château des comtes de Genève). Son Eminence présence à ces dames le maréchal César-Auguste de Chabagny vicomte de Chablais, expliquant la situation à cet intrépide foudre de guerre, le grand soldat comprend vite l'importance de ce voyage et affirme qu'il sera prêt a s'exposer à tous les tirs de mousquets pour protéger la princesse et sa suite.
***
Le lendemain dès l'aube, la princesse part en compagnie du maréchal, de la comtesse de Castrillo, de la duchesse de Bellegarde qui a été tout juste promue gouvernante de la petite Aimée-Françoise âgée de quelques jours et bien évidemment Armand et Constant sont du voyage car ils seront d'une grande à l'arrivée de la princesse en Espagne. Quand les cloches de la collégiale sonnent huit heure le grand aéropage ainsi que les chariots pleins de mobiliers prennent la route en direction de Marseille, où la frégate "La Triomphante" les attends pour faire voile vers Cadix.
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Le Lion et le Lys. Chroniques au temps de la Guerre de Succession d'Espagne
Исторические романыAutomne 1703, Sophie-Rosalie de Rossillon de Bernex est la nièce de l'évêque de Genève Michel-Gabriel de Rossillon de Bernex. Accompagnée de sa petite cour, la jeune comtesse vient passer l'hiver dans le somptueux palais que c'est fait construire so...