6 septembre 1703
Il est huit heure du matin, Sophie-Rosalie est réveillée de bonheur pour préparer son mariage, Mme de Bellegarde ainsi que les femmes de chambre s'affairent à sortir le trousseau de la jeune marier et à choisir la robe. La jeune promise, elle, n'a pas bien dormit suite à l'annonce du comte de Blonay sur leur union futur ; au fond d'elle une colère gronde, comment cet effronté a-t-il pu oser bafouer son honneur ? En tant que jeune fille noble et de sur croix nièce d'un prince de l'Eglise, le respect lui est dû. Elle est là le regard pensif, à se rejouer dans sa tête cet un instant de douceur partager avec Francesco, ne voulant pas s'imaginer "mourir" à cet instant de sa vie, sous le joug d'un mari jaloux et austère ; Mme de Bellegarde la regarde avec des yeux pleins de tendresse et lui tient la mains avec un air rassurant.
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Pendant ce temps là dans tout le palais, tout le monde s'affaire à préparer le lieu pour la cérémonie : des vases en faïence composés de bouquet de fleurs multicolores son disposé un peu partout dans la salle de réception, les musiciens répètent les pièces qu'ils vont jouer, et dans les cuisines les esprits sont en ébullition pour préparer les mets les plus fins. Dans le petit théâtre de verdure un opéra se joue : "Thésée" de Jean-Baptiste Lully, les fontaines font toutes jouer leur liquide cristallin, des tables sont dressées pour installer un buffet ; dans les haies et les arbres autours, des fruits confits sont mis pour avoir le plaisir de les cueillir. La cathédrale est drapée de tapisseries représentant des tableaux mythologiques de Nicolas Poussin et Charles de La Fosse, représentant les amours d'Ariane et de Bacchus. Dans la sacristie, l'évêque de Genève revêt une superbe soutane couleur crème, brodée de nombreux motifs floraux et de fils d'or ; pendant ce temps là à l'Hôtel de Sales, le jeune comte de Blonay est habiller d'un gilet couleur bordeaux, d'une culotte et d'un gilet pourpre à motifs, des bas de soie blancs et des chaussures à talons rouges garni de boucles à strass ; et pour finir une longue perruque brun noire en cheveux de Hollande. Quant à la jeune mariée, elle revêt une de ces plus belles robe : de couleur or, brodée de motifs floraux en brocard d'argent et colorés, des perles de la plus belle eau cousue au bas du corsage et pour finir des broches en diamant ferment les manches trois quart, d'où dévale en cascade la plus fine dentelle de Calais ; elle est ensuite coiffée d'un chignon bas, d'une jolie boucle à l'anglaise et enfin on lui met au sommet de la tête, une coiffe garni d'un petit postiche plissé en tulle dorée d'où part deux bandes de dentelles immaculées. Sophie-Rosalie le rose aux joues et les lèvres vermeilles, se lève de sa coiffeuse la mine sombre, les yeux baissés se dirigeant à pas lents avec ses dames de compagnie, vers un destin qu'elle n'a pas choisi.
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Les cloches sonnèrent 14h00, Sophie-Rosalie sortie du palais épiscopal par la porte cochère sous les acclamations du peuple et les pétales de rose ; sa robe étincelait sous les rayons du soleil, en avançant elle gravie lentement les marches du parvis pour se faire accueillir par les premiers courtisans, qui lui offre une gracieuse révérence. La jeune fille entre dans la cathédrale, accompagnée d'un grand motet de Michel-Richard Delalande, marchant toujours dans des pétales de rose, les regards rivés vers cette beauté ingénue ; elle arrive près de l'autel où préside Mrg de Bernex et le sieur de Blonay son futur époux, qui la regarde avec de ces regards qui ont quelques pensées malsaines. Les jeunes gens se placent à genoux sur les pries-dieu, puis l'évêque fait l'eucharistie et dit ces quelques mots.
- Remercions Notre Seigneur pour cet union. Charles-Louis, Chrétien, Gabriel de Tassant-Bailly d'Alby comte de Blonay. Acceptez-vous de prendre pour épouse Sophie-Rosalie, Ange, Marie princesse de Savoie-Carignan et vicomtesse de Bernex, ici présente ?
- Oui. (répondit Charles-Louis d'un ton franc)
- Sophie-Rosalie, Ange, Marie de Savoie-Carignan de Bernex. Acceptez-vous de prendre pour époux Charles-Louis, Chrétien, Gabriel de Tassant-Bailly d'Alby comte de Blonay, ici présent ? (demande l'évêque à sa nièce)
- O...Oui. (dit Sophie-Rosalie un peu hésitante).
- Bien, passons à l'échange des alliances. (dit l'évêque)
Arrive sur un plateau d'argent deux alliances en or blanc. Puis l'homme d'église prononce :
- Charles-Louis, veuillez répéter après moi : "je te donne cet anneau en signe du mariage nous contractons."
Blonay pris avec force la main de Sophie-Rosalie puis répéta les quelques mots en mettant l'alliance à l'annulaire de la jeune fille. Puis Mrg de Bernex se tourne vers Sophie-Rosalie et lui dit :
- Semblable phrase pour vous très chère.
Sophie-Rosalie fit de même, mais avec un peu plus de difficulté pour passez l'anneau au doigt de son mari. L'échange des alliances étant fait, l'évêque entoura avec l'un des pends de son écharpe de cérémonie les mains des deux époux, et dit.
- Par ce geste je déclare cet union un et indivisible, jusqu'à ce que la mort vous sépare. In Matrimonio, Ad Patre Et Fili Et Spiritus Sancti, Amen. Vous pouvez vous embrasser.
La phrase étant dite, les jeunes mariés eurent un timide baisé. Puis de nouveau la musique retenti dans les murs de la cathédrale pendant près de quatre minute, enfin on fit sonné les cloches des églises et des couvents de la ville. Pour fêter l'événement il y eu un lâché de colombes ; dans les jardins du palais la fête battait son plein, tout était fantaisie et plaisirs des sens, un divertissement comme on en à jamais vu depuis "L'Impromptu de Versailles" qui eu lieu au début des années 1660. La musique raisonnait partout dans l'enceinte du château, après l'opéra "Thésée", le nouveau couple princier alla se montrer au crépuscule, à la vue du peuple sur de superbes gondoles richement décorées sous les pluie de fleurs et les cris de joie ; puis vint le soir où tous le monde pris une barque pour voir un majestueux feu d'artifice tiré depuis le lac, ensuite un grand bal eu lieu à l'hôtel de Sales où chaconne, passe-pied, contre danse et courante s'enchaînaient.
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Pendant les réjouissances, Sophie-Rosalie décida de s'éclipser pour prendre un peu l'air sur un balcon. Elle était triste, triste d'avoir été forcé dans un union qu'elle ne désirait pas avec un homme qui - même de bon de lignage et bien fait de sa personne - ne lui inspirait que de la peur ; d'un regard en coin, elle voyait ces amies s'amuser : Louise-Charlotte, Victoire, Clémence et même Joanna-Maria prenait plaisir à danser. Dans cette nuit, où les étoiles brillaient de mille éclats, Francesco s'approcha de sa belle, elle lui donna un regard tendre empli de larmes.
- Mia cara, mia dolcezza, cosa ti sta succedendo ? (demande Francesco d'une douce voix)
- J'ai le cœur en peine mon bel ange, (répond Sophie-Rosalie). Il va falloir ne plus nous fréquenter dès à présent. Si tu savais comme j'ai peur de la nuit de noce, Charles-Louis saura que je ne suis plus vierge, sa colère va être affreuse.
- Ne t'inquiète pas, je te protégerais, je te le jure sur ma vie. (dit Francesco sur un ton rassurant)
Rassurée par cette simple phrase, Sophie-Rosalie propose à son amant de danser la sarabande qui allait suivre ; ils dansèrent à deux avec tant de passion que tout le monde était sous le charme de ce si beau couple, Charles-Louis était vert de rage. La nuit avançant, toute la cour entra au palais épiscopale pour assisté à la consommation du mariage, Mrg l'évêque béni lui-même le lit conjugal ; les jeunes mariés en tenu de nuit s'installèrent dans un somptueux lit à baldaquin. On entendit les étoffes se froisser, puis un gémissement discret de la part de Sophie-Rosalie.
***
Dans l'alcôve, Charles-Louis sentit que sa femme n'était plus intacte, il poussa un grognement de colère assez discret pour ne pas se faire entendre de l'autre côté.
- Vous allez payer pour cet affront très chère. (dit-il entre ses dents)
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Le Lion et le Lys. Chroniques au temps de la Guerre de Succession d'Espagne
HistoryczneAutomne 1703, Sophie-Rosalie de Rossillon de Bernex est la nièce de l'évêque de Genève Michel-Gabriel de Rossillon de Bernex. Accompagnée de sa petite cour, la jeune comtesse vient passer l'hiver dans le somptueux palais que c'est fait construire so...