Chapitre 38

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Lorsque je retourne m'assoir après avoir déposé Maggie dans la poussette, c'est au tour de Cassie de me poser une question :
- "Tu vas en cours ou tu travailles ?"
Je sourie et lui réponds :
- "Les deux. Je vais au lycée et je travaille le soir."
- "Mais qui garde les enfants ?" Me demande Suzanne.
- "Je les emmène avec moi au travail et il reste dans une pièce accessible que par moi pour être sûr qu'il ne leur arrive rien ou sinon la mère d'un ami les garde."
Aline me regarde totalement étonné et me demande :
- "Tu as des amis malgré le temps que ta famille te prends ?"
- "Je me suis longtemps concentrée seulement sur ma famille en pensant que les autres me jugeraient ou que je souffrirais plus mais j'ai rencontré des personnes dans mon lycée cette année qui sont devenus des membres à part entière de ma famille et qui me soutiennent. Si je vais mieux et si j'arrive à parler aujourd'hui c'est parce qu'ils m'ont aidé à avancer même si c'était totalement inconscient de leur part."
Toutes semble se rendre compte que les conseils que je leur ai donné fonctionnent réellement et je décide d'en dire encore un peu plus :
- "Moi aussi j'ai des cicatrices, aussi bien physique que psychologique et pour certaines je me suis faite tatouer. Comme certaines d'entre vous mon corps me dégoûte pour toutes les cicatrices qui le recouvrent donc chez moi je ne me regarde pas dans le miroir et je ne porte que des vêtements large mais lorsque quelqu'un voit une partie de mon corps là où il y a des tatouages il ne voit que l'encre et non se que ça cache et ça fait du bien."
Kate me fixe puis finis par me demander :
- "Je comprendrais que tu ne veuille pas mais est-ce que tu peux nous montrer une partie de ton corps ?"
Je réfléchis à la question un moment avant de me lever et de retirer ma veste puis mon tee-shirt. Je leur montre d'abord mon dos puis me retourne en regardant toujours devant moi pour ne pas croiser leur regard. Lorsque je me sent vraiment mal à l'aise je remet mes vêtements et me rassois en fixant mes yeux sur Jade qui est en train de se réveiller.
- "Mes tatouages ont tous des significations et sont à des endroits symboliques. Le dernier que j'ai fait était celui sur mon dos et ça m'a tellement libérée de le faire que j'ai porté une robe dos nu au nouvel an. Je ne vous incite pas à vous faire tatouer mais je veux juste vous expliquer se que ça a fait chez moi. Les cicatrices physiques peuvent être recouvertes mais celles psychologiques restent temps qu'on n'essaye pas d'aller mieux mais la reconstruction de soi peut commencer par accepter son corps avec ses défauts et ses qualités et parfois faire des changements lorsque c'est nécessaire." Leur explique ai-je sincèrement.
Lorsque quelqu'un dit quelques chose il y a toujours un temps de pause juste après, avant que quelqu'un se décide à parler et cette fois-ci c'est Serena qui ose me poser une question :
- "Pourquoi certaines cicatrices ne sont pas tatouées ?"
Puisque toutes ces femmes m'ont confié une partie de leur vie je décide d'en faire de même :
- "Mes cicatrices n'ont pas toutes été faites au même moment, celles qui ont été tatouées date de plusieurs années souvent mais me faire tatouer à chaque nouvelle cicatrices ne sert à rien car je n'ai pas fini d'en avoir."
Suzanne est la première a se révolter :
- "Comment c'est possible que tu ne fasse rien si on te fait du mal depuis des années, tu nous as toujours dit de fuir les environnements toxiques et les personnes violentes alors pourquoi tu ne le fait pas ?"
Je m'attendais à se genre de réaction lorsque je me suis décidé à leur parler alors je lui répond calmement :
- "Vous avez eu la possibilité de vous éloigner des personnes toxiques de votre entourage parce que vous aviez un endroit où aller, un minimum d'argent ou en tout cas un travail et peu de charge pour certaines alors que moi tout ça est compliqué. Je suis mineure donc je n'ai aucun droit sur mes frères et soeur et c'est inenvisageable que je les laisse à mon père qui d'ailleurs utilise une partie de mon argent. Si je veux m'en aller je dois partir avec toutes ma famille pour éviter qu'il ne leur arrive quelques choses mais se n'est pas simple de tout payer. Alors je reste jusqu'à ma majorité pour être sûr qu'on ne me retire pas les enfants."
Léa me dit avec toute sa bienveillance :
- "Tu sais les services sociaux pourraient intervenir et te placer dans une famille d'accueil avec tes frères et soeur."
- "Qu'il y ai une enquête sur notre famille n'est pas possible. Mon frère consomme des substances illicites et ne fait pas que des choses reglo et moi non plus puisque je travaille le soir et c'est interdit au mineur. Être en famille d'accueil voudrait dire arrêter de travailler pour respecter les horaires de la famille sauf que c'est moi qui paye l'hôpital psychiatrique de mon cousin et ça aucune famille n'accepterai de le faire en plus des frais de scolarité pour nous."
Je crois qu'elles ont enfin compris la complexité de ma situation et j'espère qu'elles ne vont pas essayer de trouver une solution pour moi et ma famille.

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