Maman est décédée depuis 12h.
Il est l'heure de nous dire adieu.
Je vais au crematorium. Je récupère ses cendres que je vais disperser dans notre jardin secret.
Je sais que c'est interdit mais c'est ce qu'elle voulait.
Je m'autorise à pleurer pour la première fois.
J'ai mal, je me sens vide. Anéantie.
Je prends le temps de réaliser tout ce que son depart implique.
Je regrette tellement d'avoir passé cet appel.
Je ne peux plus refuser de le suivre.
Ces menaces sont trop dangereuses pour ma famille.
Ils ne sont pas tous des enfants de cœur mais ils ne sont pas pour autant de mauvaises personnes.
Je rentre à la maison.
Je contacte un ami qui vivait chez papy également.
Je lui propose de s'installer chez nous gratuitement en échange de s'occuper de la maison.
Il accepte.
Nous nous mettons d'accord sur le fait que la chambre de maman reste mon univers.
J'y stocke ce que je veux garder.
Il s'assurera que tout reste en ordre, nettoyera et aerera.
Mes valises sont à la porte 5 jours après le décès de maman.
Monsieur Edwards et ses compagnons me regardent comme une bête sauvage.
Depuis notre échange à l'hôpital, je n'ai parlé que le strict minimum.
Je serre Loic dans mes bras et lui donne les clés de la maison.
Nous partons chez eux.
Je me sens vide.
Le lendemain de mon arrivée, je vais m'inscrire dans un nouveau lycée.
Ça ne pose pas de problème.
La directrice me demande pourquoi j'arrive ici et la raison de mes résultats en baisse.
Je lui explique la situation.
Mr Edwards reste à côté de moi, j'en viens à lui en vouloir d'être là.
Maman ...
Je me retrouve à attendre dans son garage que la journée se termine.
Je m'ennuie et profite pour ranger le bureau de mon géniteur.
_ Que fais-tu ?
_ oh désolé ! Je m'ennuyais, j'ai rangé. Je vous ai mis la compta à jour sur votre ordinateur.
_ tu as fais tout ça en 3h ?
_ c'est pas grand chose.
_ merci. Nous rentrons, tu viens ?
_ oui.
Depuis la première rencontre, c'est la plus longue conversation que nous ayons eu.
Nous rejoignons ses ouvriers, je suis toujours la bête curieuse à observer. Ça me dérange énormément.
Chez Mr Edwards c'est encore pire. J'ai beau savoir vivre en collocation, ce n'est pas le même environnement, la même mentalité.
Et l'envie de m'y acclimater n'y est pas du tout.
Je m'enferme dans la pièce qu'il m'a attribué.
Au petit matin, je m'eclipse discrètement pour aller au lycée.
Je m'arrête en chemin pour prendre un truc à grignoter.
Au lycée, je suis etudiée, devisagée, evitée ou surveillée.
Mon adresse, le nom de mon tuteur ne laisse personne de marbre.
Qui suis-je pour que cet homme me prenne sous son aile.
A midi, je m'isole rapidement. J'en ai marre des regards braqués sur moi.
Je trouve refuge à la bibliothèque.
Mr Edwards ne sait pas comment faire avec moi.
Je le sais. Je le vois.
Je n'ai pas envie d'apprendre à le connaître.
J'aurais préféré être placée à l'orphelinat après le décès de maman.
Je bosse mes cours. Je trouve un travail de serveuse même si je sais que c'est inutile.
J'ai de quoi vivre convenable toute ma vie.
Mais ces heures d'études et de travail me permettent de ne pas passer de temps avec lui.
Je l'évite.
Au lycée, je ne parle à personne.
Je n'ai pas envie de me lier d'amitié avec qui que se soit.
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papa Trop Tard
General FictionJe m'appelle Jo. Je suis président d'un MC depuis plus de 5 ans. J'ai découvert que j'étais père, il y a à peine 1 an. J'ai à peine pu toucher des doigts cette paternité que je l'ai perdu. J'ai fui ma vie et mon amour de jeunesse sans savoir ce q...
