La dernière fois

14 3 11
                                        

//TRIGGER WARNING// 🍋🍋

   Après être rentrés, Maxwell, Lilie, Gecko, Khôda et Lucas avaient passés une bonne heure à écouter leurs amis leur expliquer la situation. Il devait désormais être aux alentours de 21 heure. Le ciel se tintait de la même lueur flamboyante que ce soir là. Leur plan d'urgence était au point. Ils avaient prévu de partir le lendemain matin vers 4 heures, juste avant le levé du soleil. C'était leur dernière nuit ici. C'était trop risqué de rester. 

Gecko, Lucas et Emo boy se trouvaient tous les trois dans la grange. Se disputant une partie de Marion Carte sur des DZ lite récupérées durant une expédition. 

Nathan : Merde ! Perdu.

Lucas : Lol- t'es vraiment nul à ce jeu.

Le blond posa sa console sur le bord du matelas-tapis.

Lucas : Je vais prendre une douche et me coucher. Vous devriez faire de même si vous voulez pas nous handicaper demain.

Gecko : Ouais ouais, peu importe.

Il descendit l'escalier en planches, laissant le rouquin et son ami seuls avec un silence gênant.

N : Je pense que je vais y aller aussi-

Il commença à se lever.

G : Hé ! Tu compte m'éviter encore longtemps ?

Nathan, peu convaincu par sa propre parole et embarrassé : De quoi tu parles ?

Il se tourna dans sa direction, évitant son regard. Le roux soupira, leva ses yeux dans sa direction, et le fixa droit dans la rétine, l'air sérieux. Il se mit debout d'un seul coup et saisit son poignet après un pas décisif. D'abord surpris, le brun compris son intention et approcha son visage du sien. Lydian agrippa l'arrière de son crâne de la main gauche. Il plaqua ses lèvres contre les siennes, sans se poser plus de question. Bouche entrouverte, chaleur enivrante, ils arrivèrent vite à cours de souffle. Le plus petit posa désormais ses mains de chaque côté du visage de Nathan.

G : Tu sais aussi bien que moi que c'était pas que de la faute de Leauterre.

N : Tu as les doigts glacés...

Il esquissa un sourire avant de plonger ses morsures dans le cou de son interlocuteur. Ce dernier laissa échapper une respiration exprimant de façon assez claire le plaisir qu'il ressentait actuellement.

N : J'ai toujours trouvé cette zone vachement sensible chez toi.

Gecko passa une main sous son T-shirt, effleurant sa peau bouillante d'un geste répété et aussi délicat que les plumes d'un oiseau le guidant entre les vents. Il approcha lentement sa face de l'oreille du plus grand lui mordillant le lobe. Il lui murmura.

G : N'essaye pas d'inverser les rôles.

Avant qu'il ne puisse rétorquer quoi que ce soit, son dos heurta violemment le matelas duquel il venait de se lever. Le rouquin se pencha sur lui et caressa ses lèvres du bout du pouce, l'autre main glissant lentement vers la braguette de son jean.

G : Je peux ? 

N : Oui....

Il haussa un sourcil avant de remonter sa main vers l'épaule de Nathan.

Gecko, d'un air inquiet : Tout va bien ?

Nathan : Ouais c'est juste que je suis pas trop à l'aise ... Et j'ai un peu peur.

Le roux se laissa rouler sur le côté, passant une main dans ses cheveux, un geste qu'il faisait constamment sans même s'en rendre compte. Le brun se redressa.

Nathan : Désolé mec, mais c'est un peu la première fois que je me retrouve dans une situation du genre je sais pas trop comment m'y prendre. Mais...

Gecko : Mais ? Pourquoi tu t'excuses ? Si t'en as pas envie je vais pas te forcer- Je suis pas un connard à ce point. Et a part le biscuit que tu m'as volé l'autre jour tu me dois rien !

Nathan : Mais d'un autre côté je me dis que c'est peut-être aussi la dernière fois qu'une telle occasion se présentera. 

Lydian tourna la tête dans sa direction, ne comprenant pas trop ses paroles, puis il fut surpris par un baiser brutal et capiteux.

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

  22 h 36, dépendance.

Leauterre était allongé sur son lit, mais ne trouvait pas le sommeil. Il fixait le plafond blanc, un crépit de mauvaise qualité, pensait-il. C'est alors que son colocataire Maxwell lui tendit un manga intitulé "toi si tu t'étais pas réincarné en slime".

L : C'est gentil mais je te donnerai pas la clef du garde-manger.

Il cala son dos contre le mur qui longeait son plumard et se mit à lire l'ouvrage offert par son ami.

M : Mais pourquoiiiiiiiii ? De toute façon on va pas emmener tout ça avec nous demain, c'est con de laisser tout ça ici !

L : C'est pas ça le problème, c'est que tu va manger à t'en rendre malade et que demain t'aura du mal à bouger normalement, je te connais à force.

Il grogna, les bras croisés, assis au pied du lit occupé par l'androgyne. Ce dernier lui tendit une tablette de chocolat qui était cachée sous son oreiller. Il la pressa contre sa joue car le blond ne semblait pas la remarquer. Tout sourire, il attrapa le rectangle sucré et en ouvrit l'emballage d'aluminium. Il se tourna vers lui.

M : T'en mangera pas ?

L : Nan, mais te goinfre pas.

Quelques minutes se passèrent, dans un silence réconfortant. Le mangata sur l'eau de la piscine renvoyait une lumière faible et verdâtre à travers le volet entrouvert de leur chambre. Une odeur d'herbe humide se glissait peu à peu dans la pièce tandis que la lumière orangée du soleil avait entièrement disparue. Leauterre passa une main dans les cheveux de Maxwell.

M : Qu'est-ce que tu fous ?

L : Je cherche mon marque page. Vu que je le trouve pas je me suis dit que ta tignasse l'avait peut-être absorbé-

Maxwell, se retenant d'exploser de rire : Va te faire foutre.

Le plus petit referma le livre et le posa à côté de lui. Il regardait désormais son ami fabriquer une grenouille en origami avec le papier du chocolat qu'il venait d'engloutir. Il se trompa à plusieurs reprises, defaisant et refaisant ses pliages. Il aimait bien le voir concentré. Il faut dire que c'était rare.
Il fit glisser son index le long du tibia de son ami, remontant à présent sa cuisse.

M : Kestufou ?

L : La réalité me manque. Plus ça va, plus ce monde me paraît faux. Les sensations s'évadent... ça m'énerve pas particulièrement mais ça commence à devenir lassant.

Il restait concentré sur les mouvements de son doigts sur la peau du blond.

M : J'ai compris le message.

Il soupira avant de se pencher en avant. L'origami tomba au sol avec légèreté.
 Un exutoire. Pour tout les deux.

FE's  apocalypseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant