Chapitre 6 - Sérieux, tu ne peux pas faire quelque chose ?

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"Parfois, nous créons nos propres déchirements à travers les attentes."

- Inconnue

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"Je ne suis pas prête pour les potions", se plains Tracey alors que nous profitions des dernières minutes sans torture dans la cour. Je remarque un manteau rouge qui m'est familier, celui de Benjamin. Je m'excuse et pars dans sa direction.

"Bonjour Benji, ça fait longtemps", je lui souris en entrant dans le couloir. Son ami Seamus me regarde avec de grands yeux pendant une seconde avant de s'enfuir rapidement.

"Ne t'en fais pas, il a un peu peur de toi", glousse Benjamin. "Il est convaincu que tu es lié à Medusa."

"Ce n'est pas très gentil", je fronce les sourcils. "Pourquoi il pense ça ? Je n'ai pas de serpents qui sortent de mon cuir chevelu, n'est-ce pas ?" Benjamin hausse les épaules, s'assit sur le rebord de la fenêtre et pose son sac entre ses pieds.

"Non," dit-il, "et je cite, elle est magnifique, mais je pense qu'elle peut tuer d'un seul regard, comme Medusa."

"Hmm", je fredonne. "C'est en fait un super compliment, j''aime ça. Dit-lui le bonjour de ma part."

"Okays, prête pour Potions ?", demande-t-il en consultant sa montre, nous avons encore quelques minutes.

"Deux heures de Malfoy ? Je préférerais avoir un rendez-vous avec Medusa en fait", je gémis.

"Tu parles de moi maintenant, Selwyn ?" Je roule des yeux lorsque le son de sa voix vient gâché ma journée.

"Parlez du diable tu veux dire", je finis par marmonner. Il s'arrête juste devant moi en regardant Benjamin de haut en bas, une grimace rampant sur son visage.

"Depuis quand traînes-tu avec ces ordures ?", crache Malfoy.

"Pardon ?", je demande alors que Benjamin se contente de baisser les yeux, évitant son regard sévère.

"Un sang-mêlé, c'est pathétique et en plus Gryffondor.", se moque-t-il. "Je pensais que tu avais des normes plus élevées."

"Qu'est-ce qui te donne le droit d'insulter une personne comme ça ?", Malfoy est sur le point de continuer son chemin, mais je le lui bloque en le repoussant brutalement.

"Laisse tomber, Eleanor", soupire Benjamin.

"Oh, je ne vais certainement pas laisser tomber. Tu n'as pas le droit de traiter une personne comme ça sans aucune raison, Malfoy", continue-je.

"Je peux faire tout ce que je veux", il me répond d'un air renfrogné, repoussant mon doigt qui lui pique la poitrine.

"Non, tu ne peux pas, je sais que c'est difficile à comprendre à travers ton crâne épais, mais certaines personnes ont de vrais sentiments et tu ne peux pas blesser ces sentiments juste pour le divertissement."

"Tu te prends pour qui ? Tu ne peux pas me dire comment vivre ma vie."

"Je suis un être humain décent ! Maintenant tu t'excuses auprès de Benja-"

"Je n'ai à m'excuser auprès de personne et écarte toi de mon chemin." Il est exaspérant et j'ai tellement envie de redécorer son visage, mais ça se traduirait par une lettre furieuse de ma mère demain, alors j'essaye de garder mon calme.

"Tu es un être humain dégoûtant, Malfoy", dis-je en baissant la voix.

"Et tu es une honte, les gens ne te respectent qu'à cause de ton nom de famille, mais tu n'en es pas digne. Tes ancêtres retourneraient dans leur tombe s'ils pouvaient voir les gens avec qui tu traînes."

Sur ces mots, il part, me frappant là où ça fait mal.

Dès ma naissance, j'avais déjà des attentes à respecter. Tout était déjà contrôlé, comme dans un moule prêt à l'emploi dans lequel je devais me pousser à grandir. On s'attend à ce que je sois sage, ambitieuse, fière et intelligente, mais aussi coincée, égoïste et hautaine.

J'ai essayé, j'ai vraiment essayé d'être une vraie dame à tout moment, comme ma mère. Ne jamais avoir un cheveu déplacé et que tout le monde ais les yeux rivés sur moi, mais c'est fatigant. J'étais fatigué. Bien sûr, j'aime le respect et le statut, mais où est le plaisir ? Où sont le danger et l'insouciance ? Je veux juste arrêter de m'inquiéter une seule seconde.

Et même si j'ai essayé si fort de m'adapter au moule, Malfoy a remarqué que ça ne fonctionnait pas.

"Allez Eleanor, ne le laisse pas t'atteindre", dit Benjamin, pourquoi l'opinion de Malfoy m'importe-t-elle ? Il s'intégrerait bien dans ma famille, mais est-ce que je veux être comme lui ? Absolument pas. C'est un connard en plus d'un trou du cul et l'envie de lui arracher les yeux est très tentante.

"Je vais en potions, à tout à l'heure Benjamin", dis-je avant de m'éloigner la tête haute.

Le cours est un bon exercice de maîtrise de soi, car je doit m'empêcher de lui jeter un sort dans les profondeurs de la Terre dès que mes yeux se posent sur lui. Il roule des yeux quand j'entre et se détourne de moi, je l'ignore aussi alors que je sors mon livre. Nous devons simplement continuer la potion de la semaine dernière, qui est la potion de précipitation, elle peut transformer n'importe quel objet métallique en liquide. Je dois me calmer pour finir la potion parfaitement, mais le simple fait de sentir son eau de Cologne horriblement chère fait horriblement trembler mes doigts.

"Je commence ", ricane-t-il puis tire brutalement la potion vers lui.

"Pardon mais j'ai déjà commencé", dis-je en retirant le chaudron vers moi, j'ajoute la bile de tatou. Je lis l'instruction, qui est de laisser bouillir pendant huit minutes, alors je vérifie ma montre et compte les minutes.

Pendant ce temps, Malfoy est déjà en train de peser le prochain ensemble d'ingrédients, j'abandonne alors.

"Attends ! Ça ne fait pas encore huit minutes", je l'interromps alors qu'il est sur le point d'ajouter l'ingrédient pour la suite. Il consulte sa montre et souffle.

"Si ça fait huit minutes."

"Non ! Cela ne fait que sept minutes.".

"Non, ça fait huit !"

"J'ai vérifié l'heure, ça a recommencé à bouillir à-"

"Eh bien, si tu sais tout tellement mieux, pourquoi ne pas tout faire toi-même ?", dit Malfoy en me repoussant le chaudron avec agressivité.

La prochaine chose que je sais, tout ce que je peux ressentir est une douleur atroce.

Le chaudron s'est renversé lorsqu'il l'a poussé vers moi, provoquant le déversement du liquide bouillant sur tout mon bras.

Je crie d'agonie alors que le liquide me brûle gravement la peau, j'essaye de m'éloigner de la scène, mais je me sens partir momentanément et tombe au sol. De petites gouttelettes ont commencé à se répandre du bureau, causant de nouvelles brûlures, alors je me recule, des points noirs dansant dans ma vision. Certaines personnes halètent, d'autres crie, mais tout ce que je fais, c'est essayer de rester consciente.

Je n'ai jamais ressenti une douleur aussi intense que celle-ci et un simple coup d'œil à mon bras me fait m'évanouir une deuxième fois, juste pour quelques courts instants.

"Draco, emmène-la à l'infirmerie, tout de suite", entendis-je Rogue dire, mais toutes les formes devant moi se confondent en une seule.

Je sens un bras autour de ma taille, je crie à nouveau de douleur alors que la personne me relève.

"Lâche-moi", je marmonne en sentant son eau de cologne. J'essaye de marcher moi-même, mais je ne peux me concentrer que sur la douleur.

"Eleanor ne soit pas ridicule", soupire Malfoy, me guidant vers la porte.

"Je n'ai pas besoin de ton aide", je crie dès que nous sommes sortis de la classe et j'essaye de le repousser, mais le mouvement soudain provoque de nouvelles vagues de douleur qui me font tomber à genoux.

Je veux tenir mon bras pour soulager la douleur, mais il est toujours recouvert de potion, donc chaque morceau de peau saine qui le touche serait également brûlé. Mes yeux tombent sur la montre qui est posée autour de mon poignet, mais elle s'est complètement liquéfiée et a fondu sur ma peau, ainsi que la manche de ma cape. D'énormes furoncles commencent à apparaître sur mes mains et le simple fait de les regarder a de nouveau rendu ma vision noire.

"Je suis désolé", entendis-je Malfoy dire alors que je flotte entre la conscience et le sommeil. Il enroule sa cape autour de mon bras blessé pour que la potion ne touche rien d'autre avant de me relever.

Je crie à nouveau alors que sa poigne s'appuie sur mon bras blessé, des larmes coulent sur mon visage. Pas parce que je suis triste, il n'y a pas de place pour être triste, mais juste par pure agonie.

"Je suis tellement désolé Eleanor, je ne voulais pas", je l'entends dire avant que tout ne devienne noir une dernière fois.

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Je me réveille allongé sur un lit, Madame Pomfresh me regardant avec inquiétude. Je gémis doucement alors que les mouvements causent tant de douleur.

"Qu'est-il arrivé ?", demande Madame Pomfresh.

"Je- euh... Nous étions en train de préparer la Potion de Précipitation et le chaudron à basculer", balbutie Malefoy. Je vois un regard d'horreur dans ses yeux alors qu'il fixe mon bras blessé. Madame Pomfresh enlève sa cape et inspecte maintenant les dégâts, le tissu de ma cape est complètement brûlé dans ma peau, comme la montre qui était à mon poignet. Ma peau est rouge, couverte de furoncles qui piquent à chaque contact.

Je n'ai jamais vécu quelque chose d'aussi douloureux, j'ai l'impression que mon bras est en feu alors que quelqu'un verse de l'essence dessus. J'essaye de rester forte, ne voulant pas que Malfoy me voie si vulnérable, mais il y a beaucoup trop de douleur. Tout ce que je peux faire est de pleurer ou de crier et actuellement, je fais les deux.

"Vous ne pouvez pas faire quelque chose ? Elle souffre !", Malfoy se mit a crié sur la femme.

"Calme toi, j'ai besoin de réfléchir. Sors d'ici tu déranges." Madame Pomfresh ouvre son sac en parcourant un ensemble de potions, puis elle en sort une violette foncée.

"Tiens, bois ma chérie", dit-elle en ouvrant la bouteille et en la portant à mes lèvres. "Tout sera fini en quelques secondes."

Je reconnais la potion, c'est celle du sommeil, alors je l'a boit avec plaisir en soupirant de soulagement alors que la douleur s'engourdit lentement, me plongeant dans un sommeil sans rêves.

Feu & Glace- Draco Malfoy fanfictionDes histoires addictives. Découvrez maintenant