Salem Aleykûm.
Point de vue de Ilyas.
01
Maison d'arrêt de Corbas.
Allongé sur ce lit, regard posé au plafond comme ça depuis maintenant 3 ans. Ma seule envie est de prendre mes proches et mes shab dans mes bras et les serrer tellement fort.
3 putains d'années que je suis ici..
3 putains d'années que je lutte pour ma putain de vie.
Mais bon sa en vaut la peine
Pour mon frère..
Je suis enfermée dans une cellule avec des gens qui ne parlent jamais, qui ne sourient jamais. J'ai l'impression qu'ils ont déjà abandonné toute idée d'avenir, comme si leur vie s'était arrêtée ici. Et au milieu de tout ça, il y en a un qui me pousse constamment à bout et qui cherche clairement à me niquer.
Me niquer dans cette cellule ? Impossible. Ils sont plusieurs à essayer de me pousser à bout, à me provoquer et à me faire craquer, mais je vais pas leur donner ce plaisir. Je suis peut-être enfermée ici avec eux, mais je compte pas me laisser marcher dessus.
Ils pensent sûrement qu'à plusieurs, ils peuvent facilement me niquer. Mais ils se trompent sa fait des années que je n'ai baissé les yeux face à personne, et ce n'est pas maintenant que je vais le faire
Appart sa, j'ai mon shab de cellule, qui s'appelle Hakim, un p'tit beau gosse marocain qui a un an de plus que moi, il est en prison depuis ces 18 ans. On a une complicité assez particulière, dès son arrivé dans ma cellule sa a direct accroché, malgré que je sois quelqu'un de pas sociable.
Hakim est quelqu'un de nerveux, il a changer plusieurs cellules en espace de 6 ans, les causes ? bagarre répétitive avec les mêmes types. Arrivée dans ma cellule, il n'a pas été embêté par les autres détendus. Ils n'ont pas tenté de mal se comporter envers Hakim.
Mais en revanche, il n'a pas pris du temps pour remarquer ces fils de putes qui voulaient ma peau.
J'ai cette impression que ces personnes attendaient mon arrivée dans cette prison, dans cette cellule depuis longtemps, bien longtemps même. Après tout sa reste une impression.
Je suis dans une cellule plutôt « calme »..
Ce que j'aurai aimé dire mais non bien evidemment, une cellule rempli de fou, tout le monde se haï pour aucune raison, tout le monde se chab avec de la haine. Donc pour vous dire je me suis directement adapté a leur mentalité.
Tout les jours de nouveaux problèmes, moi qui croyais qu'en rentrant en cellule j'allais enfin souffler un bon coup et me calmer, bah c'est loupé. Sa s'est même empiré.
Enfin neyse, (bref) je ne savais pas l'heure, ni la date, à vrai dire j'en avais rien a foutre de tout sa, depuis 3 ans j'ai arrêté de compté les jours. Je vis le moment présent, sa ne sert strictement a rien de se préoccuper de demain sachant que t'es dans un putain de trou a rat.
Les journées sont identiques, ya rien qui les différencie, tu te lèves, tu mange, tu sort en promenade vite fait, tu rentres et tu dort. Tu fou rien de ta journée et je peux vous dire que les 3 années tu les sens.
