Il était difficile de savoir quand cela avait commencé.
Pourtant il se souvient bien avoir été ami avec Christopher Bang, à une époque qui lui semble presque venir d'un autre temps.
Depuis combien de temps est-ce qu'il le considérait si peu ? Au...
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Minho avait vu Hyunjin sortir de l'ascenseur mais n'avait pas réussi à le rattraper, un simple début de nom "Hyun..." et il s'était volatilisé.
Il ne voulait plus le voir. C'était compréhensible. Il n'avait aucun droit de lui en vouloir et il ne lui en voulait pas d'ailleurs, il s'en voulait à lui-même. Il l'avait tenu dans cette relation sans avenir tous ses mois durant par pur égoïsme. Il appréciait Hyunjin, peut-être même qu'il l'aimait mais il était incapable de l'exprimer, incapable de l'accepter et de lui donner ce qu'il souhaitait alors c'était peut-être mieux ainsi.
Il était blessé mais il se relèvera plus facilement en le détestant une bonne fois pour toute, plutôt que de s'accrocher à lui, Minho, un garçon qui était incapable d'aimer.
Minho avait tout aussi bien évité Changbin, il ne voulait pas voir son regard accusateur, ni entendre ses insultes car Changbin allait surement le faire. Il était son ami mais il avait une nature explosive, sans filtre, et peu importe qu'il s'agisse d'un ami d'enfance. Bang Chan en avait fait les frais pendant bien des années et Minho n'avait pas envie de l'entendre le traiter de crétin : il n'avait pas besoin de lui pour le savoir.
Alors comme n'importe quel mec largué, il était allé se saouler la gueule. Au Bercail, histoire de pas être dépaysé. Préférant se lamenter auprès d'Hiro plutôt que du compositeur. Le japonais avait toujours été une oreille attentive et même s'ils adoraient se chamailler, il savait quand demeurer silencieux et simplement boire en sa compagnie.
Minho disait ne pas savoir aimer, mais il avait tous les symptômes d'un cœur brisé. Hiro tentait de lui faire comprendre qu'il avait peut-être juste peur, qu'il faisait une bêtise en n'essayant pas d'arranger les choses, après tout le petit Hyunjin – pas si petit – avait été si patient qu'il n'allait pas l'oublier en un jour. Si Minho faisait les efforts nécessaires, même en ramant un peu au départ, il pourrait le convaincre de lui pardonner. Sauf que le châtain n'avait plus aucune confiance en lui, et surtout, il se trouvait toutes les excuses du monde pour ne pas passer au-dessus de sa trouille viscérale.
Il sera mieux sans moi.
Je suis une épave.
Je suis indisponible émotionnellement.
Il mérite mieux.
J'arrive même pas à appeler ma mère une fois par an.
J'ai pas de cœur.
Je suis qu'une merde.
Hiro pouvait le trouver exaspérant mais c'était le cas de tous les ivrognes en peine de cœur. Buvant tranquillement son verre, il laissait les chouineries du châtain devenir le seules sons présent dans le bar. Il ne restait que les deux amis, Hiro avait fermé depuis longtemps, restant simplement l'épaule sur laquelle pleurer. Quand il releva son visage dans une énième autoflagellation du danseur, il remarqua la bouille ronde de Jisung collé à la porte vitrée du bar qui lui faisait de grands signes. Hiro se leva et alla ouvrir au garçon, qui se secoua, frigorifié par le vent qui se levait dans la ville.