Il faut que je me calme.
Je prends une grande inspiration, mais rien n'y fait. Les tambours s'emballent. Je reprends deux cachets et je les fais rouler dans ma main. Je les porte à mes lèvres. Ce simple contact m'écœure et je finis par les balancer dans l'évier de la cuisine. Ensuite, je m'allonge sur le canapé du salon et je m'endors.
Il est dix-huit heures passées, quand j'entends frapper à la porte. J'habite au milieu de nulle part et la tempête gronde. Bordel ! Ça sent mauvais cette histoire. Je noue la ceinture de mon kimono, avant de me lever.
Je frissonne.
C'est toujours comme ça quand je ne prends pas ces foutus médicaments. Mon mental se calme et mon corps prend le dessus. Tout devient plus perceptible, plus intense. C'est exactement comme si mon corps pouvait enfin exister pleinement, prendre sa place étant donné que mon mental a été mis hors service. En même temps, c'est à ça qu'elles servent ces pilules, à diminuer mes sensations, mes émotions, à me soustraire d'une part de moi en somme. La part sauvage qui ne convient pas à la société.
Pourtant, je les ais prises ces pilules ! Je m'arrête une demi-seconde. Le temps de retracer mes actions des dernières heures. Oui ? Non ? Si, j'ai pris mes médicaments ! Je me reconcentre. Il pleut fort dehors et on vient de frapper à ma porte. Je jette un coup d'œil au fusil accroché contre le mur de l'entrée avant d'approcher la porte d'entrée. Il est chargé. Je sais m'en servir.
Tout va bien se passer.
- Ayden -
Je me décide enfin à frapper à la porte. Ça fait des heures que j'attends sous la pluie. Pourquoi ? Je ne sais pas. J'ai lu chaque mot de ce torchon et je suis fou de rage. Comment peut-on écrire une telle merde ? Il n'y a rien qui va dans ce roman. Ni l'intrigue, ni les transitions et les personnages, rien de crédible. Les mots pourraient avoir du sens, mais ils semblent écrits par une personne qui ne les comprend pas. J'ai fourni de gros efforts pour ne pas jeter le manuscrit au feu après la dixième page. J'ai finalement terminé la lecture, passé deux ou trois coups fils et ensuite j'ai réfléchi. L'histoire est nulle, ça ne fait aucun doute, mais finalement ce n'est ce qui me pose problème. Je suis secrétaire d'édition depuis assez longtemps pour ne plus culpabiliser. Si un auteur comme ils aiment à s'appeler m'envoie une merde, je la jette et je tire la chasse.
Le problème qu'il y a ici, c'est que cette bouse parle de moi.
—Qui est-ce ? Demande une voix féminine de l'autre côté de la porte. Elle n'a pas peur, mais elle est énervée. Je le sens.
Nous avons rendez-vous pourtant. J'ai d'ailleurs eu un mal de chien à trouver une date. Je sais qu'elle ne veut pas me recevoir, mais je n'ai pas eu la chance d'avoir une explication. C'est à ni rien comprendre. Elle nous a fait parvenir son manuscrit et maintenant elle fait tout son possible pour nous éviter.
Ah moins qu'elle ne cherche à m'éviter moi ?
J'ai insisté et finalement elle a accepté qu'on se voit. Au téléphone elle avait l'air vraiment enjouée, alors qu'elle refusait mes propositions depuis des jours. Enfin, je n'ai pas de temps à perdre à chercher à la comprendre. Je veux savoir comment une femme comme elle a pu écrire un livre pareil et surtout, je dois savoir à quel point elle est mêlée à tout ça.
Emy Black.
Créative, sensuelle, animale et totalement barrée. Cette femme est un danger pour les hommes de mon espèce. C'est déjà un supplice pour mon loup d'être aussi proche d'elle alors que c'est la première fois que je la rencontre. Bon, je l'épie depuis un moment. Depuis que Ciara Johnson a décidé de l'utiliser pour ses plans. Pauvre Emy. Elle n'imagine pas dans quelle histoire elle a mis les pieds. Ciara est une grande manipulatrice. Capable de repérer la brebis égarée du troupeau à des kilomètres, de l'approcher sans se faire repérer, de l'isoler et de la dévorer. Pire encore, Ciara est le genre de louve assez stratège pour obtenir ce qu'elle veut de n'importe qui. En même temps, elle est plus vampire que louve. Ce que je déteste les altérés. Ils ne sont pas totalement une espèce mais pas complétement une autre.
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Point Final
Про оборотнейLa tempête explose dehors comme à l'intérieur de l'immense maison où vit Emy Black. La fièvre monte, le passé refait surface...Rien n'a jamais été aussi incertain pour cette auteur qui semble être la proie d'un animal féroce.
