3: Machination

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L'air était presque irrespirable : une odeur de crottin de cheval agressait les narines des soldats tandis que le sable, porté par le vent, venait se loger dans leurs yeux déjà brûlés par la lumière du soleil. En somme, des conditions idéales pour aller au combat... Mark, Renjun et Chenle chevauchaient à l'avant de l'armée, droits sur leurs montures, prêts à défendre le royaume et leur roi. L'horizon était désert, mais Mark le fixait comme s'il allait se remplir d'un instant à l'autre. 

— Les hommes fondent sur place, Mark, fit remarquer Chenle sur un ton amusé. Tu es sûr qu'ils viendront ? 

— Selon la lettre, oui. Wayvillage a revendiqué une de mes terres et a bien fait comprendre qu'il viendrait les récupérer, de gré ou de force, aujourd'hui. 

— Oui mais... la semaine dernière, on nous a envoyés sur un champ de bataille vide, reprit Renjun. Et ce n'était déjà pas la première fois. Tu ne trouves pas ça étrange ? 

— Si, mais... peut-être qu'ils se sont dégonflés ? supposa Mark en haussant les épaules. 

Renjun roula des yeux. Quelque chose clochait et, visiblement, Mark ne s'en rendait pas compte. Le conseil les envoyait combattre, mais parfois, il n'y avait aucun ennemi. L'idée tournait sans cesse dans son esprit. Il devrait en parler à Chenle pour confronter ses doutes. Mark, de son côté, commençait aussi à se poser des questions. Il avait promis à Renjun de réduire les combats, mais c'était tout l'inverse qui se produisait. Il avait l'impression de ne plus maîtriser la situation. Ses soldats étaient épuisés, ses responsabilités trop lourdes, et seule l'efficacité du conseil allégeait un peu son fardeau. 

Soudain, des bruits sourds résonnèrent au loin. Le martèlement des sabots grandissait, annonçant l'arrivée tant redoutée des adversaires, venus en nombre. L'armée regretta presque le vide auquel elle avait fait face quelques jours plus tôt. 

— On aurait dû partir dès qu'on a vu qu'ils n'étaient pas là... râla Chenle en levant théâtralement les bras vers le ciel. Maintenant, on est obligés de se battre contre tout ça ! 

— Arrête de râler, c'est ton travail, quand même... 

— Oui mais Renjun, j'aurais pu être fermier ou domestique à la place ! J'aurais pas besoin de risquer ma vie tous les quatre matins ! 

— Tu aimes trop te battre pour ça, Chenle, rétorqua Mark avec amusement avant d'ordonner à ses hommes de se mettre en place. 

L'armée de Ncityria forma un triangle, Mark en pointe, prêt à affronter l'ennemi. Chenle banda son arc préféré, Renjun dégaina son épée et rapprocha son bouclier. Mark n'avait plus qu'à lever son arme pour lancer l'assaut. 

— Mes amis, restez en vie. Je compte sur vous... chuchota le roi a ces acolytes.

Les deux acquiescèrent avec gravité. Chaque bataille pouvait être la dernière. Mark leva enfin son épée, et une centaine de soldats s'élancèrent à toute allure vers l'ennemi. 

Le sable s'élevait sous leurs pas, masquant presque l'horizon. Les deux camps s'entrechoquèrent et le carnage commença. Les flèches sifflaient, les lames fendaient les chairs, la mort réclamait déjà ses victimes. 

Chenle, concentré, tirait avec une précision implacable, ratant rarement sa cible. Renjun le couvrait, écartant quiconque osait s'approcher. Quant à Mark, il taillait sa route à grands coups d'épée, droit vers le souverain ennemi. Un assaillant tenta de surprendre le roi, mais Chenle décocha une flèche rapide, sauvant son ami d'une mort certaine. Les corps tombaient, mais Mark avançait, suivi de ses compagnons. 

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