𝐂𝐡𝐚𝐩𝐢𝐭𝐫𝐞 𝟎𝟓 - 𝐋𝐞́𝐯𝐢 𝐇𝐨𝐟𝐟𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧

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Lévi Hofferson

MONACO, LA CONDAMINE.
MAISON DE LÉVI.
Mercredi 08 mars 2024.

Je n'en ai pas envie. Le déjeuner avec Raven Sadvoski, c'est que je redoute le plus depuis que j'ai atterri à Monaco, mon pays natal. J'y repense sans cesse, la boule au ventre, la gorge nouée.

Dans la seule maison de la Principauté — hormis les villas —, héritage de mon père, je me planque presque chaque jour. Mon transfert a été annoncé, et après avoir jeté un œil aux réactions, je n'ose même plus sortir de chez moi. Sauf qu'aujourd'hui, il le faut. Alaska attend devant ma porte, que je mette enfin un pied dehors pour rejoindre le Café de Paris, là où aura lieu notre déjeuner avec Sadvoski.

Sans mentir, j'ai peur de ce qu'il va se passer. Mon ventre est tout retourné, au point d'avoir l'appétit nettement coupé. Le seul jour où Alaska paie l'addition... Je laisse échapper un soupir, et le cœur battant, j'enfile mes chaussures. Je vérifie une dernière fois si j'ai toutes mes affaires, et j'admets espérer trouver quelque chose de manquant afin de retarder notre départ. Finalement, je dois me résoudre au fait que je suis prêt. Avec ça, je sais que je ne pourrais pas fuir éternellement, donc ça ne sert à rien d'insister.

Le souffle court, je viens ouvrir ma porte d'entrée. Après l'avoir fermée à double tour derrière moi, je croise le regard de la blonde, qui m'attendait donc depuis un moment. Elle semble contrariée de mon retard, les sourcils froncés. Je fais mine de ne pas l'avoir remarqué en commençant ma marche vers la Place du Casino. Ma meilleure amie rejoint mes pas par une petite course, avant de souffler.

— Ça ne va pas ? me demande-t-elle.

Je me pince les lèvres et me tourne vers elle. Mon angoisse ne cesse d'augmenter à l'idée de rendre les choses officielles, et notamment en rencontrant ma coéquipière. Pleins de scénarios se passent dans ma tête, et de nombreux se finissent mal.

Je me demande aussi comment Sadvoski va m'accueillir. Beaucoup disent qu'elle a un caractère bien trempé, mais après mon expérience avec Maxime Gallions, je suis craintif de ce genre de comportement.

— Je suis stressé, avoué-je simplement.

Alaska baisse le regard sous mes mots.

— Raven ne va pas te manger, tu sais ?

Manquerait plus que ça.

J'espère qu'on va bien s'entendre, dis-je. Et j'espère aussi que personne ne nous filmera en plein dîner, ou que personne ne nous interpellera pour parler du transfert. J'en ai déjà assez entendu sur les réseaux.

— Mh, j'ai vu que les supporters n'appréciaient pas cette décision.

Qui l'apprécie, même ? Effectivement, je suis la cible du côté automobile des réseaux depuis l'annonce de mon départ. Les avis sont partagés entre ceux qui estiment que c'est un choix qui m'appartient, et qu'il n'y a donc rien à répliquer, tandis que d'autres pensent qu'on m'a viré, ou que ma signature était ridicule, puis une minorité déclare avec certitude que je suis un imposteur venu prendre des informations chez Ferrari pour finalement les offrir à Red Bull. Mais dans tout ça, il y a aussi ceux qui ne voient que l'arrivée de Raven en Formule 1, et ça m'arrange. De cette manière, pas tous les yeux sont braqués sur moi, la franco-russe atténue la gravité de la situation.

Parce que oui, j'ai réussi à avoir quelques informations sur ma nouvelle coéquipière. Elle est née en Russie d'un père russe et d'une mère française, la même année que moi, en 2005. A l'âge de douze ans, elle a déménagé dans le pays de sa mère, là où elle a récupéré son nom de famille "Sadvoski" — suite à une loi en Russie concernant le nom des femmes, elle s'appelait "Sadvoskaïa" —. Un an plus tard, elle s'est installée à Monaco. C'est ici qu'ils ont appris le cancer du pancréas de sa mère, April Sadvoski, qui lui a coûté la vie la même année où maman a mis fin à ses jours.

HOFFERSON | 1 & 2 (EN RÉÉCRITURE)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant