JOUR 1. Admettons que je trouve l'idée excitante.

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Yüna

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Yüna

Dans les coulisses du shooting photo, je salue toutes les personnes présentes, mon sac à la main et mon manteau sur le dos. Le premier novembre, à New-York, il ne fait pas bien chaud, surtout à cette heure. Dix-huit heures trente. Le soleil n'était pas de sortie aujourd'hui et la température avoisine les dix degrés. Née dans cette ville, je devrais y être habituée. Le constat est sans appel : j'ai froid.

J'ignore si c'est la météo ou la fatigue. Une journée à courir dans tous les sens, à faire des pauses retouche maquillage, à manger à l'arrière d'un van et à enchaîner les clichés sous la chaleur des projecteurs, je suis lessivée. Comme bon nombre de jours par semaine.

— Je te vois demain ? me dit Kiefer, mon agent.

— Oui. Bonne soirée.

J'embrasse sa joue sous son râle de mécontentement puis file à l'entrée du studio photo où m'attend Larry, mon garde du corps. Il rit de ma grimace fatiguée puis encercle mes épaules de son bras protecteur.

Aux premiers abords, Kiefer et Larry se ressemblent. Pourquoi ? Parce qu'ils sont jumeaux. Tous les deux blonds et bien bâtis, ils attirent l'attention des appareils photo qui, en temps normal, sont censés être braqués sur moi. Pas parce que je veux nécessairement qu'ils le soient — sauf quand j'exerce mon métier —, mais parce que le gratin people de New-York et tous les gens qui s'intéressent au monde de la mode aiment être au courant de mon quotidien. De ce que j'ai mangé hier soir, de ce que je fais aujourd'hui, avec qui je serai demain.

Je ne me souviens plus du premier shooting que j'ai fait, j'étais jeune. Cependant, depuis que je suis en âge de posséder mon propre téléphone et d'avoir des réseaux sociaux, j'expose ma vie à ceux qui veulent la regarder. Ça intéresse du monde et ça plaît. Ça me plaît, même si l'envers du décor n'est pas toujours tout beau tout rose.

Kiefer veille à ce que je reste dans la tendance. Des défilés de mode tous plus extraordinaires les uns que les autres aux fêtes démesurées chez d'autres célébrités, en passant par ma propre série télévisée. Tout est fait pour qu'on ne m'oublie pas et c'est le cas. En témoignent les paparazzis qui patientent devant l'entrée du bâtiment où j'ai passé une partie de la journée, au milieu de sous-vêtements Calvin Klein.

— Je dois passer chez mon grand-père, annoncé-je à Larry.

— Il m'a préparé du Kimbap ?

Je lève les yeux au ciel sans lui répondre puis pose ma main sur le bras qu'il me tend. À l'arrière du bâtiment du studio, nous grimpons à bord du van et je salue Kingsley, mon chauffeur. Malgré les nombreux membres de l'équipe qui gravitent autour de moi, c'est en présence de Kiefer, Larry et Kingsley que je me sens le plus à l'aise. Ils sont les seuls à me connaître réellement, en plus de mes parents, de mon grand-père et de ma meilleure amie, Aspen.

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