Échanger un calendrier de l'avent avec un inconnu ? C'est le projet de Yüna.
Malgré sa vie faite de strass et de paillettes, ce mannequin trouve son quotidien trop terne. Quoi de mieux que de décider que le père Noël de cette année, elle ne saura pa...
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Yüna
Jim raccroche aussitôt avec son frère. Nous nous retrouvons dans le salon et j'ignore quoi dire.
Est-ce que je dois lui en vouloir ? Une partie de moi exige que oui. L'autre me commande d'attendre ses explications. Peut-être en a-t-il des bonnes. Tout comme celles que je vais devoir donner au moment où il me demandera pourquoi je ne lui ai pas dit qui j'étais. Mais s'il le savait...
— Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? dis-je.
Il soupire en passant une main sur ses cheveux. Il met tellement de temps à parler qu'inévitablement, des pensées négatives s'emparent de ma tête et creusent dans les souvenirs pour les déterrer et faire palpiter mon cœur.
— Pourquoi tu ne m'as rien dit, Jim ?
— Et toi ?
Je tends l'oreille, prête à sortir les griffes avant même qu'il ne s'explique.
C'est sa stratégie de défense ? Me renvoyer la balle ?
Je ne sais pas pourquoi ça m'énerve autant qu'il me regarde sans chercher à renchérir, à m'expliquer l'origine de son mensonge par omission. Je suis tout aussi coupable que lui mais à cet instant, ce n'est pas ce qui importe. Ni mon propre mensonge, ni les incohérences que je détecte en me repassant le film de notre début de séjour.
Pourquoi il ne se défend pas alors qu'il a toutes les armes pour le faire ? Pourquoi il ne m'explique pas alors qu'il est en mesure de calmer mon agitation intérieure ?
Ou alors il est aussi calculateur que l'homme qui m'a brisé le cœur il y a six mois et je n'y ai vu que du feu parce que je suis cette idiote qui glisse sur une pente en bas de laquelle l'attend le premier venu.
J'en ris intérieurement. Extérieurement, je lui demande silencieuse de m'expliquer la conversation que je viens d'entendre, ce qu'il ne paraît pas décidé à faire.
Les mâchoires serrées et le regard s'approchant plus du noir que du bleu, il me fixe. Ses pas le rapprochent, jusqu'à ce qu'il soit collé à moi.
— À qui j'ai affaire, Yüna ?
Je croyais qu'il ne parlait pas dans l'attente de trouver les mots adéquats. Je me suis trompée.
Son regard transmet toute l'aversion qu'il éprouve, j'en reste bouche bée, un hoquet de surprise mourant au fond de ma gorge.
Il m'en veut ?
— C'était pour ma protection, dis-je.
— Ta protection ? Je fais quelques photos, ironise-t-il en riant froidement. Tu te fous de moi ?
Ses mots m'interpellent, mais les miens sont coincés dans ma bouche. Aucune pensée cohérente n'arrive à être formulée dans mon crâne.
— Je n'ai pas... je ne te l'ai pas dit parce que je voulais être moi.