JOUR 6. Elle s'appelle Yon.

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Jim

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Jim

— Tu peux répéter ? lancé-je à mon frère d'une voix monocorde.

Il pose Maxim au sol. Le pauvre enfant se demande ce qu'il se passe. Rien de grave, gamin. Ton père est sur le point de m'expliquer une situation qui l'enverra à la morgue.

— Chéri, tu vas jouer dans ta chambre s'il te plaît ?

Maxim disparaît du salon. Je pose l'ordinateur sur la table basse puis me déploie de toute mon envergure, similaire à un putain d'aigle royal. Je jure que je peux me montrer aussi vorace que ce rapace.

— Je peux t'expliquer avant que tu ne te mettes en colère ?

— Dépêche-toi.

Prenant le soin de se placer loin de moi, Ted décoiffe ses cheveux puis croise les bras sur la poitrine.

— Quand on a déménagé ici, on a fait appel à une décoratrice d'intérieur qui débutait dans le métier. Vanessa et moi, on aimait bien son style et elle nous avait établi un devis qui rentrait dans le budget que nous voulions mettre dans la déco.

— Viens-en aux faits, Ted. Aux putains de faits !

— J'y viens ! Laisse-moi finir et ne m'interromps pas. Cette décoratrice d'intérieur s'appelle Aspen. Tu sais qu'elle vient d'Aspen, mec ? Ses parents auraient pu être originaux, glousse-t-il comme une bécasse.

Je vais l'étriper.

Il cesse de rire dès qu'il croise mon regard.

— Il se trouve que nous sommes devenus des connaissances qui s'invitent parfois à boire un verre, avec Vanessa et le mari d'Aspen, Kiefer. Et au détour d'une conversation, il y a quelques semaines, je parlais de toi, comme quoi tu paraissais... toujours plongé dans ton travail, et que je donnerais tout pour que tu en sortes un peu. Pour prendre des congés, entre deux ou trois coupes. J'avais déjà posté une photo de nous deux sur Instagram. Tu sais ce que c'est, Instagram ?

— Ted.

— Pardon, se permet-il de ricaner. Bref. Aspen avait déjà vu ta tête et, comme je te l'ai dit ce matin, mon frère, tu es sacrément bien foutu. En fait, on s'arrête sur toi mais tu es trop obnubilé par ton travail pour le voir. Donc quand Aspen m'a parlé de l'idée qu'avait eue son amie, je me suis dit que ce serait le moyen de te faire prendre des vacances. Avec une belle femme en plus, que demander de plus ? Tu es un sacré veinard, toi.

Son sourire étincelant — quoiqu'un peu craintif — me brûle la rétine. Je n'ai pas de formation de boucher, mais je suis à peu près sûr d'arriver à réduire en bouillie mon petit frère à cet instant précis de ma vie. Ma vie !

Je suis tellement abasourdi par ce qu'il me raconte que je le scrute, les bras ballants, de la fumée s'apprêtant à sortir de mes oreilles.

Je déteste qu'on se mêle de ma vie. Alors oui, je suis peut-être un être acariâtre qui râle dès que l'occasion se présente, qui préfère traîner chez lui tout seul plutôt que d'aller rencontrer des gens. J'ai encore le droit d'être comme je suis, non ? Ai-je le droit de diriger ma vie comme je l'entends sans qu'on vienne me dire ce qui serait bien pour moi ?

UNKNOWN CHRISTMASDes histoires addictives. Découvrez maintenant