JOUR 12. Euh... Tu dors de quel côté ?

1K 121 21
                                        

Yüna

Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.

Yüna

Une fois à l'abri d'une visite surprise de la population d'élan de la région, j'expire tout l'air de mes poumons.

Bordel, un élan !

Dès le premier jour, dès la première heure. Bien sûr, j'ai espéré croiser des grizzlis, des rennes et toute autre espèce caractéristique de l'Alaska. Peut-être pas d'aussi près.

On aurait pu mourir, me semble-t-il. On aurait dû mourir. Étonnant que ce cervidé n'ait fait que passer sans nous charcuter. Il était impressionnant. Gigantesque. Ce qui n'a eu l'air de n'inquiéter que moi.

Les deux hommes sont en train de régler les détails du chauffage – cheminée – et ne se soucient aucunement de la possibilité d'être réduits en bouillie par les bois d'un élan.

Je ne m'en remets pas. Debout dans le salon du chalet, je ne bouge pas d'un iota et fixe la porte d'entrée, prête à crier de toutes mes forces au cas où un élan entrerait dans la baraque. Quand j'ai dit que je souhaitais passer un Noël rempli d'aventures, ça n'impliquait pas la mort.

— Ne vous en faîtes pas, madame, s'exclame Albert en pressant mon épaule dans un sourire se voulant rassurant. Ils ne s'intéressent pas à vous. Tant que vous faites votre vie sans les embêter, ils font la leur aussi.

J'esquisse une ébauche de sourire crispé. Derrière Albert, Jim m'étudie sans ciller. En dix heures d'avion, j'ai appris une chose capitale dans le dossier « Jim Taylor » –, il a fini par me filer son nom de famille, non sans effort de ma part – : il peut passer du chaud au froid en un éclair.

Par exemple, au début de notre trajet, j'avais cru m'être engouffrée dans une brèche lorsque nous avons tous deux ri à notre colocataire de vol. Le gamin insupportable. Or, sitôt l'avion ayant pris de la hauteur, je n'ai pas réussi à en savoir plus sur celui avec qui je m'apprête à passer une semaine de vacances.

Actuellement, après avoir éclaté de rire devant un élan qui m'a foutu une peur bleue, Jim est à nouveau cet être impassible. Il est très dur à cerner et, bien que je ne perde pas espoir, j'ai un pincement au cœur lorsqu'Albert nous quitte, nous laissant seuls face à nous-mêmes.

Je m'écarte enfin du devant de la porte, pousse mes valises dans un coin puis me tourne vers mon accompagnateur aux traits d'expression fermés.

— On fait le tour de la maison ? lui proposé-je.

Il acquiesce d'un petit mouvement de tête. Albert n'a fait que nous expliquer l'essentiel des services à notre disposition. Dans tous les cas, tout est marqué dans le carnet qu'il nous a laissé et si nous avons un quelconque problème, il suffit de l'appeler et il rapplique dans la seconde.

Pas moi qui l'ai dit.

J'ouvre la voie et passe devant Jim. Le chalet est sur deux étages. Le rez-de-chaussée est une grande pièce, malgré les extérieurs qui donnent l'impression que la demeure est minuscule. Cuisine ouverte et toute équipée, aux revêtements volontairement anciens. Le salon est mêlé à la salle à manger. Un canapé d'angle fait face à une télévision ancrée dans le mur, juste au-dessus de la cheminée. Pas très sage, selon mon humble avis.

UNKNOWN CHRISTMASDes histoires addictives. Découvrez maintenant