La fin de la journée est passée lentement. Les deux heures de français m'avaient sauvée. J'étais passionnée par le français, ce qui était une des seules matières avec le sport. Notre prof expliquait bien et j'aimais beaucoup écrire. Alice était pour une fois moins enthousiaste. Elle ne comprenait pas comment je pouvais aimer une matière si ennuyante. Pour une fois que c'était dans ce sens !
Pendant le cours d'aujourd'hui, la prof, qui était notre professeur principale, a expliqué qu'il y aurait un nouvel élève la semaine prochaine et qu'on devait bien l'accueillir et blabla. Puis nous avons continué le commentaire de texte que nous avions commencé mercredi dernier.
J'étais tout de même contente à la fin de la journée : c'était le weekend ! Après les cours, j'ai pris le même bus qu'Alice pour me rendre à mon cours de piscine, comme tous les jours. J'y allais aussi le matin avant les cours. Nager était ma passion depuis mes sept ans et j'avais commencé à faire de la compétition dès mes neuf ans. Je gagnais beaucoup de médailles à cette époque là, jusqu'à mes treize ans, où beaucoup de nageurs forts étaient arrivés. C'est à ce moment que je m'étais promise de nager deux fois par jours. Je n'aimais la défaite !
Je suis arrivée tôt à la piscine puisque j'avais terminé à 15h30 et que le cours commençait seulement à 18h. J'en ai profité pour m'avancer sur les devoirs du weekend à la cafétéria mais au bout d'une demi-heure, j'en avais assez et je ne tenais plus en place, j'ai donc décidé de me diriger vers les vestiaires pour enfiler mon nouveau maillot de bain. Je l'avais reçu pour Noël dernier et ça avait dû coûter une fortune à ma mère avec mes nouvelles lunettes de piscine.
Après avoir pris une douche froide, je me suis dirigée automatiquement vers le bassin qui était séparé en deux : d'un côté les licenciés, de l'autre les "nageurs du dimanche" comme nous appelions, avec Chiara, ceux qui ne faisaient justement pas partis du club, même si ce n'était pas très sympa étant donné que certains d'eux nageaient vraiment bien.
Chiara était ma coéquipière de natation. Depuis que j'étais arrivée, nous faisions équipe lors des relais en fin de séance et nous terminions très souvent premières, du moins des filles et parfois même des garçons quand les plus forts étaient fatigués. Elle était par ailleurs une très bonne amie.
J'ai plongé dans une des lignes d'eau et j'ai tout de suite senti cette sensation de liberté m'envahir. Je laissais divaguer mes pensées mais seulement les bonnes évidement. Les notes et les problèmes étaient oubliés durant le moment où j'étais dans l'eau. Ce que j'aimais le plus, c'est que j'avais beau aller au fond du bassin, je remontais toujours à la surface. Si la vie pouvait être aussi simple !
J'enchaînais les longueurs de dos crawlé, lorsque ma tête est venue se fracasser contre le mur. J'ai mis quelques secondes à remonter à la surface pour reprendre mes esprits avant de me demander pourquoi la longueur avait été si courte. Je me suis retournée et je n'ai non pas vu le mur mais un garçon d'environ dix-huit ans qui paraissait aussi paumé que moi.
J'avais atrocement mal au crâne et j'étais d'un coup folle de rage. Ce n'était pas la première fois qu'un "nageur du dimanche" se trompait de ligne d'eau, mais cette fois il était en plus dans le mauvais sens de circulation.
"Tu peux pas faire attention un peu ? La ligne d'eau pour descendre, c'est celle d'à côté" Ai-je lancé en criant presque.
Il a ensuite essayé de me dire quelque chose mais j'ai continué ma longueur sans lui prêter attention.
Quand je suis enfin arrivée au bord, je me suis massée la tête car ça me faisait très mal. Puis j'ai entamé une nouvelle longueur, voyant que ça ne servait à rien. Je me suis rappelée de ses yeux, aussi bleus que l'eau chlorée, qui me regardaient, perdus. Et de ses tâches de rousseurs presque inexistantes avec sa mèche qui dépassait de son bonnet de bain... Comment est ce que je me souvenais de ça ? Aucune idée, mais j'avais peut-être été trop dure. Non, j'avais été trop dure et je devais à tout prix m'excuser. Je me suis arrêtée quelques secondes pour voir où il se trouvait. Il sortait justement de la piscine. J'ai soudain accéléré pour avoir le temps de le croiser. Quand je suis arrivée au bord, j'ai vu qu'il était devant la ligne d'eau et qu'il le regardait.
"Impressionnant" lança-t-il .
Était-il vraiment en train de se moquer de moi ?
Trop préoccupée par ma mission, je lui dis : "Je suis désolée pour avant, je voulais pas...
- C'est oublié !" A-t-il répondu avec un large sourire avant d'ajouter : " par contre pour la bosse que j'aurais demain..."
Je me suis surprise à ce moment là à rigoler bêtement, d'un rire dont je ne me pensais pas capable tellement il était ridicule.
Puis nous nous sommes regardés pendant un long moment - ou pas - avant qu'il déclare : " Bon, salut, ma mère m'attend"
Je n'aurais jamais dit ça à un pur inconnu mais pourquoi pas ?
Il est partit avec sa serviette sur l'épaule. Il était quand même très musclé, peut-être qu'il venait souvent et que je ne le voyais pas finalement. J'espérais de tout coeur de le revoir un jour, et j'avais tellement de questions !
J'ai vite été chassé de mes pensées en entendant quelqu'un qui m'appelait.
C'était Chiara
"Eh, salut Lucie, tu es déjà là ?" Je me suis retournée et je l'ai aperçue.
- Salut Chiara, oui, j'avais trop la flemme de faire mes devoirs.
- Oh je te comprends, je vais juste me changer et je te rejoins
- En fait je ne suis pas sûre de faire la séance, je me suis cognée la tête à un mec et ça me fait trop mal, lui ai-je expliqué
- Mince alors ! Ça vient d'arriver ?
- Oui, il y a même pas 5 minutes."
Je suis allée aux vestiaires avec elle et j'ai appelé ma mère pour qu'elle vienne me chercher. Malheureusement elle était encore au cabinet, je devais donc rentrer en bus.
Avant de partir j'ai encore prévenu mon coach et j'ai attendu le bus pendant un bon quart d'heure. Quand il s'est enfin décidé à arriver, je suis entrée, je me suis assise au fond du bus et j'ai branché mon casque à mon téléphone. Il n'y avait pas grand monde à cette heure là mais j'aimais bien être coupée du monde. J'ai lancé Spotify en mettant une lecture aléatoire. La première musique était "Lost the game" de two feet. Je pleurais à chaque fois que j'entendais cette chanson normalement. Mais pas aujourd'hui. Premièrement parce que je pensais à l'inconnu de la piscine, et deuxièmement parce que je savais que pleurer n'allait qu'aggraver mon mal de tête. Cette chanson me rappelait tellement de choses. Ou peut-être une seule finalement. Une seule personne.
Maxime.
DU LIEST GERADE
Mon cœur et moi
Novela JuvenilLucie est une jeune fille de 15 ans qui ne croit plus en l'amour, par peur de se faire abandonner une nouvelle fois. Elle est au point de changer d'avis suite à la rencontre d'un inconnu, lorsqu'elle reçoit une lettre de Saint Valentin anonyme et qu...
