Et puis tu sais, il y'a peu de choses que je sais au final. C'est comme cette citation de Socrate, celle qui dit que « la seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien ». Je ne sais même pas pourquoi je me sens comme ça. Si vide, si déshumanisée, si peu de sens ? Si tout cela n'était qu'une pure question de savoir, je pense que ça aurait pu le faire... mais la vie n'est pas simplement qu'un pur savoir bête et méchant. Les connaissances dans un sens plus large ne sont pas innées. Parce que le seul sentiment qui m'a habitée pendant très longtemps, c'est la haine, la rage, la colère, une colère vive et noire, une colère sans équivoque. Une colère que mes proches ont subie, une colère qui m'a poussée à manipuler tous ceux que j'aimais simplement pour me sentir moins vide... parce qu'il faut toujours des fautifs dans ce monde, des gens sur qui projeter et jeter notre colère, notre haine, celle du monde, de ce qui le fait, de ceux qui le font. Des proches qui avaient eux-mêmes essayé de me manipuler pour arriver à leurs fins. Savaient-ils qu'un enfant frappé, battu, humilié, devient inévitablement le pire des adultes ? Un adulte qui n'a peur de rien et qui voit l'autre uniquement comme un outil pour frapper plus fort. Au final, je n'ai pas de remords, car c'est simplement un rendu de ce que les gens ont fait de moi, ce qu'ils ont essayé de me faire. Ils ne font que récupérer la monnaie de leur pièce.
Comment est-ce que je sais que je ne sais rien ? Parce que mes doigts tapent machinalement sur mon clavier à l'heure actuelle, car ce matin je me suis levée machinalement sans aucune envie ni but, parce que quand l'on me pose une question, que l'on me regarde droit dans les yeux, je ne sais pas quoi répondre, parce que profondément, je ne sais rien. Oui c'est ça, je ne sais rien.
Du moins rien que les gens ont besoin de savoir.
On en revient à la manipulation. Selon moi, tout le monde manipule l'autre à sa manière... certains mentent, d'autres font semblant, moi, je ne dis pas ce que je sais en me rabattant sur le fait que je ne sais rien. Ne pas dire ce que l'on sait, ça revient aussi à de la manipulation.
Mon cœur est fermé parce que mes défenses, les remparts, ceux de mon corps, de mon cœur, de mon âme, sont si élevés que personne ne pourrait prétendre les atteindre.
Je n'ai jamais sincèrement aimé quelqu'un. Simplement des liens d'affection. J'affectionne mes amis, ça oui, plus que tout. Mais aimer quelqu'un est sûrement au-dessus de mes forces. Aimer c'est détruire. J'ai un certain don pour détruire tout ce que je touche. Rien qu'en ne disant pas ce que je sais, je détruis les gens, en les maintenant dans une illusion irréelle des choses, donc, en les manipulant. Dans le sens commun du terme, nul n'est censé faire du mal à son bien-aimé. L'affection, c'est plus doux, ça fait moins mal.
J'ai écris cette lettre à cœur ouvert pour essayer d'abaisser ces remparts constitués tout mon long et large, une espèce de bulle de béton impossible à traverser.
Sartre disait que, « l'enfer, c'est les autres ».
Moi, je pense plutôt que, « douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes, qui l'une et l'autre nous dispensent de réfléchir » (Poincaré).
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Recueil
PoetryJ'ai toujours souhaité partager au monde ma vision des choses d'une époque révolue, que moi seule ait vécu dans mon propre regard et dans mes propres émotions. Peut-être que la vision de certains changera, peut-être que d'autres s'en ficheront, mai...
