Chapitre huit

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La lumière de cette journée prometteuse qui s'annonçait, vint me cueillir de si bon matin. Mes yeux s'ouvrirent du plus naturellement qu'ils le pouvaient. Aaah ça faisait longtemps que je n'avais pas dormi aussi profondément... Dans le lit de Félix en plus, quelle ironie... La journée d'hier fut pour moi une journée remplie d'émotions totalement contradictoires. J'étais passée de la tristesse à la joie pure et simple en quelques heures seulement. A présent que j'avais retrouvé ma moitié, la clé de mon bonheur, j'étais dans une phase où rien ni personne ne pourrait mettre fin à ce bonheur que j'avais eu tant de mal à acquérir.

Je sautais du lit, impatiente de savoir à quoi allait ressembler ma journée. Même si quoi qu'il arrive, en étant avec Félix je savais déjà que ça allait être une journée inoubliable. Car avec Félix, chaque journée est unique.

Je fus tout de même étonnée quand autour de moi je ne vis personne. Où pouvait il bien se trouver ? Je sortais à pas feutrés de la chambre, m'apprêtant à aller aux toilettes quand une odeur alléchante se fraya un chemin jusqu'à mon nez. D'où pouvait provenir cette odeur surprenante ? En dix huit ans d'existence, je n'avais jamais rien sentit de tel. Je déviais instinctivement ma trajectoire, passant de l'escalier aux toilettes. Tant pis pour ma vessie, elle peut attendre... en revanche, cette odeur...

Je descendis à la hâte les escaliers en manquant plusieurs fois de tomber, il fallait que je sache d'où provenait cette odeur et VITE. Ce que je vis une fois en bas me coupa dans mon élan. C'est PAS possible, non, dites moi que je rêve. Le garçon dont je squattais la chambre cinq minutes plus tôt, se trouvait en face de moi (me tournant le dos), était vêtu d'un bas de pyjama « baggy », d'un t-shirt moulant noir et tenez vous prêts : d'un tablier. Alors ça, je ne m'y attendais vraiment pas pour le coup. Mais le point fondamental qui rendait cette scène encore plus ahurissante était l'activité que pratiquait mon hôte. Félix préparait le petit-déjeuner comme un vrai maître d'hôtel. Le pire c'est que ça sentait bon. Mais vraiment affreusement bon. Quel chemin avait-il dû prendre pour savoir cuisiner presque et je dis bien presque aussi bien que sa mère ! Félix était un pied dans l'art culinaire, tout autant que moi au passage. Il était...

Je m'approchais, à pas de velours de cette splendide scène. Je me plaçais juste derrière le dos de « Philippe Etchebest » et me racla la gorge pour annoncer ma présence.

Mon idée eut l'effet escompté, il se retourna et se retrouva face à moi le visage toujours angélique et la posture toujours adossé au comptoir. Il me regardait de haut et attendait patiemment que je lui fasse l'honneur de quelques félicitations pour tout ce travail d'orfèvre. Ce que je m'empressais de faire :

- Tiens donc, mais c'est que ça sent drôlement bon par ici... Je ne pensais point me retrouver dans un palace parisien en me présentant au seuil de votre porte. Je suis tout de même déçue, je pensais que le service matinal se faisait dans le lit même, je vais malheureusement être contrainte de vous mettre une mauvaise appréciation sur votre site Internet.

Il ricana, releva le menton d'un air fier et changea de position pour opter pour les poings sur les hanches façon « daron mécontent », fronça les sourcils pour donner encore plus de crédibilité à son personnage et daigna enfin me répondre d'une voix rauque :

- Déjà merci pour votre compliment Mademoiselle, mais pour le reste je ne vous permets pas de critiquer notre service pour le moins optimal. Nous essayons de faire en sorte que nos clients s'épanouissent chacun de leur côté au sein de notre établissement mais si vous n'êtes pas satisfaite, la porte se trouve là-bas vous voyez ? Et si vous n'êtes toujours pas contente et bien je ne peux plus rien pour vous.

Il s'approcha davantage de moi, seulement quelques centimètres nous séparant. Son visage se coinça en un rictus victorieux. Tout ce temps il a donc appris à cuisiner, puis à se défendre sans se laisser marcher sur les pieds ? Woah, je suis impressionnée...

Comme Au Premier JourOù les histoires vivent. Découvrez maintenant