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Nelson Mandela disait :

« Dans la vie, on a toujours le choix. Aimer ou détester. Assumer ou fuir. Avouer ou mentir. Être soi-même ou faire semblant ».

Mon dilemme était d'une acuité déchirante. Devais-je révéler à Mehdi que j'étais enceinte ou me taire à jamais ? Les tourments m'assaillaient, car je n'avais pas la moindre idée de ce que je ferais de cet enfant non désiré.

Voyez-vous, l'idée même d'être mère ne m'avait jamais effleurée. Aucune fibre maternelle ne coulait en moi. C'était précisément pour cette raison que j'avais abandonné ma petite sœur, âgée de quatre ans, dans un orphelinat. Et ce qui pourrait aggraver encore davantage ma situation ? L'absence totale de remords à ce sujet. L'abandon ne m'avait pas touchée, je ne ressentais aucune responsabilité.

Je me reconnais égoïste, égocentrique, dénuée de cœur, narcissique, indifférente, froide, détachée, insensible... Tels sont les traits que j'hérite de mon père. Il est manifeste que la paternité n'était pas faite pour lui, tout comme elle ne l'est pas pour moi.

Je ne pouvais avoir cet enfant, je ne le voulais tout simplement pas.

Comment une femme comme moi, pouvait-elle avoir un enfant ? Je n'étais pas capable de l'aimer et lui apporter tout ce dont il aurait besoin.

[...]

Perdue dans mes pensées, je me tenais près de la fenêtre de ma salle de bain, un lieu de répit bienvenu même si je ne m'y trouvais que pour des besoins pressants. Les envies fréquentes d'uriner semblaient ne jamais me laisser tranquille, un symptôme épuisant qui semblait défier la norme des grossesses habituelles où les nausées matinales étaient plus courantes. Pour moi, c'étaient plutôt des nausées tardives qui ponctuaient mes journées.

Ce soir-là, la lune brillait d'une beauté troublante. Je ne pouvais m'empêcher de souhaiter que Mehdi soit à mes côtés pour partager cette vision.

Mais il n'était pas là, et une mélancolie douce s'emparait de moi. Rien dans ma vie ni dans mes rêves n'avait jamais préparé à cette réalité, à une grossesse possible. Je savais avec certitude que je n'étais pas faite pour être mère, même si Mehdi nourrissait ce désir ardent.

Dans un élan de nostalgie, je m'imaginais souvent être la mère de ses enfants, vivant une vie riche et comblée.

Mais la perspective actuelle ne correspondait en rien à mes idéaux.

Contemplant les étoiles parsemant le ciel nocturne, je ne pouvais m'empêcher de les envier. Elles n'avaient pas à porter le fardeau d'une vie grandissante en leur sein, elles étaient libres de toute responsabilité maternelle.

J'ai soupiré avant de revenir dans mon lit, me glisser sous mes draps pour trouver le sommeil, mais c'était impossible.

Je n'arrêtais pas de penser à un avortement et je savais que la première chose que je ferai le lendemain matin, c'était aller voir un docteur.

[...]

Le lendemain matin, je venais à peine d'ouvrir les yeux quand soudain, j'ai senti un gros coup dans mon ventre.

La première pensée que j'ai eu c'était « oh oh ». J'avais compris que pour un avortement légal, il était trop tard.  Je rentrais dans mon 4ème mois...

Je me suis relevée en sursaut pour découvrir avec horreur un début de ventre arrondi.

Je n'avais même pas le temps de me remettre de mes émotions que Fatna a toqué à ma porte. La première chose que j'ai faite, était de rentrer mon ventre et l'accueillir avec le sourire. Ce fameux faux sourire qui devait cacher mes péchés.

Salwa - Bouteille à la mer [01]Des histoires addictives. Découvrez maintenant