OLYMPIA
La journée continua comme si rien n'avait changé et c'était sans doute ce qu'il était le plus déroutant. Les couloirs du lycée étaient toujours aussi étroits et aussi bruyants. Les rires fusaient, les portes de casiers claquaient et les baskets crissaient sur le sol. Un vendredi ordinaire au final. Trop ordinaire et presque insultant compte tenu de ce que Rosalie nous avait confié la veille.
Les cours s'enchaînèrent lentement. En cours d'anglais, la place à côté de la mienne, celle de Bella, était vide. Je la fixai un peu trop longtemps avant de m'asseoir, comme si elle allait soudain apparaître, essoufflée, avec une excuse maladroite. Mais rien ne se produisit. Le professeur commença son cours sans même mentionner son absence et sa chaise resta inoccupée.
Les heures s'étirèrent péniblement. Je prenais des notes machinalement, sans chercher à comprendre ce que j'écrivais. Les mots s'alignaient sur le papier mais s'échappaient aussitôt de mon esprit. Celui-ci me donnait d'ailleurs, l'impression d'être parti le plus loin possible de moi. Tout l'inverse d'Alice, qui, elle, n'était jamais loin.
Je la vis à la pause de dix heures, accoudée près des distributeurs, discutant avec quelqu'un que je ne connaissais pas — ce qui m'interpella car Alice discutant au lycée avec une personne autre que sa famille, Bella ou moi était une chose assez étrange à voir. À l'intercours suivant, elle traversa le couloir dans le sens inverse du mien, me gratifiant d'un sourire complice qui me donna l'impression d'être observée depuis un moment déjà. À midi, alors que je m'installais seule à une table un peu à l'écart, elle surgit littéralement de nulle part, s'installant à mes côtés avec un sourire trop prononcé pour être innocent. Elle commenta la météo, la tenue de Jessica, la coiffure ratée d'un élève de terminale tout en me lançant des regards appuyés que je faisais semblant de ne pas remarquer.
Ce sont ces regards-là qui suffirent à me faire comprendre que si Bella avait réussi à récupérer sa journée, ça ne serait pas mon cas.
L'après-midi se déroula exactement de la même façon mais en pire. Chaque fois que je changeais de salle, la voyante n'était jamais loin. Toujours occupée mais étrangement toujours sur mon chemin. Une fois, je crus même l'apercevoir au bout du couloir des sciences alors qu'elle était censée être à l'autre bout du bâtiment. Je n'osai pas lui demander si elle me surveillait. En fait, je connaissais déjà la réponse.
Lorsque la dernière sonnerie retentit, les élèves se ruèrent vers les sorties, impatients de quitter le bâtiment. Je me levai à mon tour, rassemblai mes affaires et pris la direction opposée à la sortie principale, celle près du gymnase. Peu de monde l'empruntait et je comptais sur cette discrétion pour filer sans attirer l'attention. Mon cœur battait un peu trop vite tandis que je me glissai parmi les derniers élèves. Je gardai les yeux baissés et accélérai le pas. J'étais à deux doigts de réussir quand tout s'arrêta.
— Hop, hop, hop, me reprit Alice en m'attrapant le bras. Où tu vas comme ça ? On a déjà assez d'une évasion.
— Carrément, une évasion ? pouffai-je. J'ignorais que tu nous retenais prisonnière.
— Tu as parfaitement compris ce que je veux dire.
— Bien sûr, bougonnai-je en tentant de reprendre ma route.
— Assez parlé, me stoppa à nouveau la voyante en resserrant imperceptiblement sa prise sur mon bras et en m'entraînant vers sa voiture flambant neuve.
Je voyais bien qu'elle faisait attention à contrôler sa force pour ne pas me blesser et je lui en étant reconnaissante. J'avais déjà eu assez d'un poignet cassé la dernière fois qu'un vampire m'avait serré un peu trop fort.
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Respire | Jasper Hale
FanfictionRespire | « Ma vie est un genre de grand bordel incommensurablement compliqué. » Du haut de ses 16 ans, Betty, adolescente asthmatique à haut potentiel intellectuel, emménage avec sa mère à Forks pour fuir la Corse où vit son père, violent. Persuadé...
