LA PUSH
Après avoir discuté encore un peu, Jasper finit par me raccompagner jusque chez moi. Il m'accompagna jusqu'au perron, comme il le faisait systématiquement. Je trouvais ça particulièrement adorable, même si je me gardais bien de le lui dire. Nous nous arrêtâmes devant la porte d'entrée et il prit doucement ma main entre les siennes. Ses doigts se refermèrent autour des miens, tandis que je relevais les yeux vers lui.
— N'oublie pas ton discours, s'amusa-t-il.
Je levai immédiatement les yeux au ciel.
— Tu es obligé de me le rappeler ?
Son rire résonna doucement et je ne pus m'empêcher de sourire à mon tour.
— Tu es pire que ma mère, commentai-je en secouant légèrement la tête.
Jasper se pencha alors vers moi et déposa un baiser sur mes lèvres. Il ne s'éloigna pas tout de suite et appuya simplement son front contre le mien, ses yeux se fermant quelques secondes.
— Laisse ta fenêtre ouverte ce soir, murmura-t-il près de mon oreille.
Je sentis mon sourire s'élargir et après m'être hissée sur la pointe des pieds, je déposai un rapide baiser sur sa joue.
— Toujours.
Il me regarda encore un instant avant de finalement reculer. Je restai sur le perron, les bras croisés contre moi, et le suivis des yeux tandis qu'il rejoignait la voiture. Il me lança un dernier sourire depuis la portière avant de démarrer. Je ne rentrai chez moi qu'une fois les phares de la Mercedes disparus au bout de la rue.
J'allai dans ma chambre, déposai mes affaires sur mon bureau et ressortis mes feuilles de brouillon, dans l'optique de terminer mon discours. Je m'installai avec détermination, attrapai mon stylo et restai quelques secondes à fixer la feuille.
Au bout d'une heure, j'avais écrit exactement deux lignes que je détestais tellement que je les rayai d'un geste agacé.
— Génial...
Je me laissai glisser contre le dossier de ma chaise et enfouis mon visage dans mes mains. Le silence de la maison me parut soudain beaucoup plus pesant qu'à mon arrivée. Ma mère était encore au travail, les voisins semblaient avoir disparus de la surface de la Terre et même la pluie semblait avoir pris un jour de congé.
Je retirai mes mains de mon visage et regardai autour de moi, comme si une idée pouvait surgir de nul part, mais rien. Je me levai pour faire quelques pas dans ma chambre, m'approchai de la fenêtre, observai la rue déserte pendant quelques secondes, puis retournai m'asseoir : toujours rien. J'allai jusqu'à la cuisine me chercher un verre d'eau que je bus lentement avant de revenir dans ma chambre avec l'espoir que mon cerveau avait profité de ces quelques minutes pour trouver une idée mais il n'en avait évidemment rien fait.
Je repris mes feuilles et contemplai mes deux pauvres lignes raturées.
— Ça ne sert à rien... bougonnai-je pour moi-même.
Je reposai le brouillon sur le bureau et regardai ma montre. La veillée ne commencerait pas avant un bon moment. J'avais encore largement le temps de m'y rendre mais l'idée de rester enfermée ici pendant plusieurs heures, seule avec une feuille presque blanche et mes propres pensées, me donnait envie de m'arracher les cheveux.
Je poussai un nouveau soupir avant de me lever, d'attraper ma veste et mes clés et d'aller mettre mes baskets. En passant devant la porte d'entrée, je remarquai que la voiture était garée devant la maison, signe que ma mère était partie travailler à pied. Un petit sourire satisfait apparut sur mon visage. Je récupérai mon sac, enfilai ma veste et sortis de la maison, refermant la porte derrière moi. De toute façon, rester ici ne m'aiderait certainement pas à trouver les bons mots et puis, si j'arrivais un peu plus tôt à la réserve, je pourrais toujours passer un peu de temps à dessiner sur la plage.
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Respire | Jasper Hale
FanfictionRespire | « Ma vie est un genre de grand bordel incommensurablement compliqué. » Du haut de ses 16 ans, Betty, adolescente asthmatique à haut potentiel intellectuel, emménage avec sa mère à Forks pour fuir la Corse où vit son père, violent. Persuadé...
